Je ne sais pas si vous regardez l’émission BD QC sur les ondes de ICI ARTV? Cette superbe émission propose, chaque semaine, de pénétrer dans l’univers d’un bédéiste québécois. Il y a quelques semaines, c’était autour de Yanick Paquette. L’artiste est l’un des rares dessinateurs québécois à avoir donné vie aux personnages emblématiques de Marvel et de DC Comics. L’une de ses créations les plus populaires est « Swamp Thing ». Cette trilogie, parue au courant de 2012-2013 chez Urban Comics en français, a permis à la mythique Créature des marais de se faire connaitre par une nouvelle génération de lecteurs.

Swamp Thing met en scène Alec Holland, un chercheur en botanique qui a fusionné avec le monde végétal en tentant de créer un sérum de bio-regénération. Pour une raison obscure, dans le premier tome, le docteur a retrouvé sa forme humaine. Et il compte bien demeurer un être de chair et de sang! Mais devant la montée en puissance d’une nouvelle menace, il n’aura peut-être pas le choix de redevenir l’ami des plantes.

C’est que contrairement aux autres super-héros, Alec ne peut pas se transformer à sa guise en Créature des marais. Une fois qu’il redevient le bonhomme vert, il dit adieu à son humanité. Le premier tome est, à mon sens, le meilleur des trois, car il exploite merveilleusement bien ce combat intérieur. Alec n’est pas le premier super-héros à se questionner sur son identité, mais ici, ça a une tout autre dimension étant donné le caractère permanent de la transformation. 

Le monde de Swamp Thing est l’un des plus riches des comics. Il met en scène trois entités qui gouvernent la terre : la sève (dont Swamp Thing est l’avatar), le sang (Animal Man en est l’avatar et fait son apparition dans le deuxième tome) et la nécrose. Comme on s’en doute, la nécrose va tenter de prendre le dessus sur les deux autres.

Mais là où ça se corse, c’est que l’avatar de la nécrose est Abigail Arcane, une jeune femme qui va tomber éperdument amoureuse d’Alec. Un peu comme les Roméo et Juliette du comics, leur amour sera impossible. 

Ce qui plait tant dans Swamp Thing, c’est son volet humain. Évidemment, la saga met en scène des êtres qui sont bien loin de l’Homme moyen. Cependant, les thèmes de l’amour, du bien et du mal, du doute et de l’amitié sont présentés avec une subtilité peu commune dans le monde du comics américain, réputé pour faire rarement dans la dentelle. Il faut dire qu’au scénario, la série est chapeautée par Scott Snyder, qui est loin d’être un débutant. 

En même temps, les amateurs d’action et même d’horreur ne seront pas déçus. Le deuxième et le troisième tomes réservent bien des surprises! 

Au dessin, Yanick Paquette fait un travail remarquable. Et je ne dis pas ça parce que c’est un Québécois! Avec des planches qui frôlent la perfection, on en oublie presque que le rythme de production dans le domaine de la bande dessinée américaine est l’un des plus rapides dans le 9e art. Il devait probablement passer 12 heures par jour sur sa table à dessin pour concevoir un dessin aussi abouti! 

Dans sa mise en case, l’illustrateur s’affranchit des conventions parfois trop rigides et arbitraires du comics. Quand la nécrose est en scène, les cadres cèdent leur place à des lignes épaisses et ondulées qui nous rappelle que cette entité ne suit aucune règle. 

Verdict 

Un incontournable! Voilà les deux mots qui me viennent à l’esprit quand je pense à Swamp Thing. Je regrette seulement de ne pas avoir lu plus tôt cette superbe mini-série. 

 

Swamp Thing 1 : De sève et de cendres

Yanick Paquette et Scott Snyder 

168 pages

Urban Comics

 

Cote : 4,75 étoiles sur 5

 

Swamp Thing 2 : Liens et racines

Yanick Paquette et Scott Snyder 

160 pages

Urban Comics

 

Cote : 4,5 étoiles sur 5

 

Swamp Thing 3 : Le nécromonde

Yanick Paquette et Scott Snyder 

296 pages

Urban Comics

 

Cote : 4 étoiles sur 5

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