Publié entre 1995 et 2000, « Preacher », de Garth Ennis et Steve Dillon, est une série qui a bouleversé le monde du comics. Certains disent qu’il y a eu un avant et un après « Preacher ». Dans tous les cas, on se devait de rééditer, 20 ans après la sortie du premier numéro, cette magnifique saga. J’ai lu le monumental premier livre paru, en français, chez Urban Comics.

L’histoire est assez complexe et j’essaierai de rester assez vague pour ne pas vous dévoiler un punch. Jesse Custer est un pasteur dans la ville de Annville au Texas. Alors qu’il est dans son église en train de sermonner ses fidèles, une entité du nom de Genesis prend possession de lui. À son réveil, il constate que tous les gens présents dans l’église sont morts. C’était toute la population de cette petite bourgade du sud des États-Unis.

Bien vite, il devient le suspect numéro un de la police. Cependant, c’est loin d’être son plus grand souci. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que Genesis provient du ciel. Elle serait aussi forte, sinon plus, que le Seigneur lui-même! Jesse reçoit d’ailleurs un pouvoir surprenant. Avec sa voix, il est capable d’ordonner aux autres de faire ce qu’il veut. 

Évidemment, le ciel ne souhaite pas que cette entité devienne le nouveau Dieu. Ainsi, les anges dépêchent le Saint des Tueurs, un drôle de cowboy semblant résister aux balles et à toutes les armes humaines. 

Jesse apprend que la seule façon d’arrêter tout ça, c’est de retrouver Dieu. Ce dernier a quitté le paradis et habite maintenant sur la Terre. Durant son aventure, le pasteur va croiser son ex-conjointe Tulip et Cassidy, un sympathique vampire irlandais. 

Preacher fait partie de la nouvelle vague des comics de la deuxième moitié des années 90 qui a ouvert, par la suite, la voie à d’autres bédéistes comme Warren Ellis et Darick Robertson et leur série Transmetropolitan. Garth Ennis et Steve Dillon ont montré qu’il était possible de mettre en scène d’autres personnages que des héros en collant. 

Leur série est empreinte de surréalisme, comme dans bien des comics. Par contre, elle se démarque par son humour noir, sa vulgarité et par des protagonistes beaucoup plus profonds et humains. Jesse est, par exemple, loin du stéréotype du prêtre croyant. 

Preacher emprunte également quelques éléments au western. En plus du Saint des Tueurs, le personnage principal a comme ami imaginaire un certain John Wayne…

Étonnamment, ce « melting-pot » est plus cohérent que bien des romans graphiques. Parce que même si Garth Ennis s’accorde une très grande liberté scénaristique, sa série ne connait jamais l’ambiguïté. En même temps, il est presque toujours impossible de prédire dans quelle direction va nous amener le récit. Chaque chapitre est une surprise.

C’est sûr que le dessin de Steve Dillon nous semble moins « éclatant » que ce qui se fait aujourd’hui dans le comics. En revanche, ce serait un véritable crime que de le qualifier de démodé ou de dépassé. Son trait précis et rigoureux ont inspiré bien des dessinateurs. 

Verdict 

Les 376 pages de ce premier livre de Preacher ne devraient pas vous faire peur! L’album est tellement savoureux qu’il se lit presque d’une traite! Un incontournable pour tous les fans de bandes dessinées anglo-saxonnes. À preuve, AMC présentera l’adaptation de cette formidable saga en série télé, dont voici la bande-annonce (en anglais) :

 

Preacher - Livre 1 

Garth Ennis et Steve Dillon

376 pages 

Urban Comics

 

Cote : 5 étoiles sur 5.

 

 

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