On sait que lorsqu'on joue à un jeu du studio Remedy, ce ne sera pas quelque chose qu'on a déjà vu. En fait, le développeur finlandais se plaît à développer des jeux avec sa propre vision sans entrer dans un quelconque moule préfabriqué. Et disons que Quantum Break peut exactement se définir comme tel puisqu'il amincit grandement la frontière entre le jeu vidéo et la série.

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La force de Remedy demeure la même qu'avant !

Tout comme pour Max Payne et Alan Wake, Remedy a réussi à concocter un univers ainsi qu'une histoire soigneusement fignolés avec Quantum Break. Ce dernier met en scène Jack Joyce (interprété par Shawn Ashmore), un type en apparence banale se faisant inviter à l'université par son ami, le professeur Paul Serene. Celui-ci est très excité à l'idée de lui montrer pour la première fois sa machine à voyager dans le temps, conçue à partir des travaux du frère de Jack. Or, assez rapidement, le tout prendra une tournure apocalyptique alors que les tests de Serene déclencheront des fractures du temps. Pire encore, Jack sera la principale cible de Serene alors que les répercussions de ses voyages dans le temps l'amèneront à découvrir le côté diabolique de son ami.

Je ne veux pas trop vous en dévoiler sur l'histoire du jeu, mais celle-ci est aussi complexe qu'intéressante. Alors que le jeu part en douceur, son univers devient de plus en plus accrocheur alors qu'on découvre les conséquences des voyages dans le temps de Serene et de tout ce qu'il a pu créer ainsi. Jack ne devient pas seulement la cible de Serene, mais aussi celle de la compagnie que ce dernier a créée dans le passé en voyageant dans le temps. Remedy vous encourage aussi à écouter et lire tous les éléments narratifs que vous trouverez au sein des environnements afin d'en apprendre plus sur le jeu de même que les relations entre ses personnages. Et croyez-moi, vous aurez envie d'en savoir plus sur cet univers unique tant celui-ci est unique et complexe.

Je poursuis volontairement sur l'histoire du jeu parce que c'est clairement la force de ce dernier. Quantum Break n'est pas un jeu particulièrement long (5-8 heures environ), mais on nous pousse à le recommencer afin d'effectuer des choix différents. Effectivement, entre deux actes, vous pourrez temporairement prendre le contrôle de Serene et ainsi choisir l'une des deux options proposées pour la continuité de l'histoire. Par exemple, à un moment dans le jeu, vous aurez le choix de faire confiance au bras droit de Serene ou encore en la scientifique envers qui il a toujours eu une confiance aveugle, déterminant ainsi le futur de l'antagoniste de l'histoire et de sa compagnie. Point intéressant: vous verrez un aperçu des conséquences d'un choix avant d'asseoir votre décision au lieu de prendre cette dernière en n'ayant aucune idée de ses répercussions. Bien entendu, les choix que vous poserez durant ces intermèdes auront un impact direct sur la suite du déroulement de l'histoire et de la mini-série proposée.

 

Une mini-série bien réelle dans un jeu !

Car oui, Quantum Break n'est pas qu'un jeu, il s'agit aussi d'une mini-série mettant en vedette d'excellents acteurs (ma mention spéciale revient à Lance Reddick, qui incarne le bras-droit machiavélique de Serene de façon magistrale). Microsoft et Remedy ont dû investir des sommes colossales dans le développement de Quantum Break puisque, suite aux décisions que vous prendrez avec Serene, des épisodes d'environ 30 minutes s'entameront. Ces derniers mettent réellement en scène les acteurs personnifiant les personnages du jeu et c'est là qu'on voit que ceux-ci ont été splendidement modelés et recréés lorsqu'on joue.

Les épisodes de la mini-série visent à vous faire connaître ce qui se passe de l'autre côté du jeu, soit celui lorsqu'on n'incarne pas Jack. Vous en apprendrez encore plus sur les personnages forgeant l'histoire, spécialement ceux entourant Serene. C'est à travers ces épisodes que vous aurez un accès privilégié aux événements se déroulant au sein de la compagnie de votre ennemi et que vous verrez à quel point celui-ci est entouré de gens ne voulant pas nécessairement son bien.

Honnêtement, alors que je n'étais pas certain de ce mélange entre le jeu vidéo et la mini-série, j'ai pris un immense plaisir à regarder les épisodes écrits et réalisés par Remedy. La mini-série Quantum Break se regarde aussi bien que n'importe quelle série diffusée à l'heure actuelle et, puisqu'elle est supportée par un excellent scénario explorant le voyage dans le temps comme on ne l'a pas vu auparavant, cela fait en sorte qu'on a envie de progresser dans le jeu pour, notamment, voir le prochain épisode qui nous attend une fois un acte complété. Là encore, puisque les événements des épisodes sont reliés aux choix que vous poserez avec Serene, vous serez intéressés à refaire le jeu simplement pour écouter des épisodes différents.

 

Des pouvoirs temporels impressionnants

Vous aurez peut-être remarqué que, jusqu'à maintenant, je n'ai pas parlé du jeu en tant que tel, mais plutôt de son histoire et de la façon dont elle est présentée. C'est normal parce qu'en tant que jeu, Quantum Break est assez moyen.

Côté positif, la manipulation du temps est très impressionnante. Très souvent, vous serez directement plongés dans les fractures du temps que j'ai évoquées plus tôt. Cela se traduira par un gel complet de ce qui vous entourera ainsi que par des objets qui se téléporteront d'un endroit à l'autre. Vous pourrez donc voir des gens et objets être complètement arrêtés, bouger ces derniers et vous promener dans ces décors gelés dans le temps en ayant l'impression de bouger à toute vitesse. Vous vous rappelez de cette scène de Quicksilver au Pentagone dans le film X-Men: Days of Future Past ? C'est un peu ce genre de scène grisante et interactive qui est proposée dans Quantum Break.

Autre excellent point de Quantum Break: les pouvoirs de Jack. En effet, parce qu'il a été contaminé par la catastrophe survenue avec Serene, Jack acquerra des pouvoirs améliorables pouvant modifier le temps, ces derniers pouvant être utilisés dans les combats. Par exemple, Jack pourra courir à toute vitesse en ralentissant tout autour de lui ou bien créer une bulle temporelle qui absorbera temporairement les balles des ennemis. Certains effets du temps créeront des effets spectaculaires lorsqu'ils seront utilisés et encore plus lorsque vous les combinerez. Ainsi, en stoppant le temps autour d'un ennemi, vous pourrez continuer à lui tirer des rafales de balles. Lorsque la bulle temporelle crèvera, vous verrez l'ennemi virevolter en recevant d'un coup tous les impacts de vos balles. L'effet créé est surprenant et jouissif !

 

Un jeu très moyen malgré tout !

Malheureusement, là s'arrêtent les compliments pour Quantum Break au niveau du jeu en tant que tel. Parce que pour le reste, le dernier projet de Remedy est plutôt moyen. En outre, les contrôles avec Jack ne sont pas très précis et, de plus, le système de couverture est raté. Pour vous protéger, Jack se baissera ou s'accotera directement derrière une structure. Or, dès que vous bougerez, votre personnage aura la mauvaise manie de lever la tête ou encore de se distancer de l'objet qui le protège, vous rendant ainsi vulnérable. J'aurais, et de loin, préféré un système de couverture comme celui dans The Division où j'aurais pu appuyer sur un bouton pour me mettre à couvert et décider quand mon personnage quitterait sa couverture.

Par ailleurs, le design des niveaux est vieillot. J'ai eu l'impression de me retrouver dans un jeu d'il y a quelques années, exception faite des effets spéciaux du temps. Le jeu est truffé de murs invisibles et est très linéaire. Il y a bien un peu d'exploration à faire pour récolter des objets, mais grosso modo, vous suivrez des lignes droites comme dans les jeux de tir à la troisième personne d'antan et aurez l'impression d'y retrouver les mêmes contrôles lousses ainsi que les limites d'exploration de ces vieux jeux.

Dernier point: parce que la jouabilité est limitée, Quantum Break est aussi plutôt répétitif. Malgré l'amalgame de pouvoirs temporels, les phases d'action reviennent souvent du pareil au même, spécialement en raison du fait que ce sont toujours les mêmes types d'ennemis que nous devons éliminer. En fait, pour tout vous dire, Remedy a inclus d'excellentes idées en intégrant progressivement des soldats pouvant eux-mêmes utiliser le temps. Mieux, il y a des casse-tête utilisant aussi le temps de sorte que vous pourrez reconstruire des scènes brisées ou stopper des éléments dangereux vous empêchant d'avancer. Or, ces excellentes idées ne sont jamais totalement exploitées et demeurent toujours en surface au lieu d'être pleinement assumées, ce qui aurait pu faire progresser le jeu de tir à la troisième personne à un autre niveau.

Un peu comme dans Alan Wake, l'univers et l'expérience sont intéressantes, mais le jeu n'est définitivement pas à la hauteur de son scénario lorsqu'on joue.

 

Devriez-vous y jouer ?

Quantum Break est un excellent divertissement point de vue scénaristique. S'il fallait que cette franchise soit exploitée sous forme de série, je suivrais cette dernière avec un grand intérêt puisque les valeurs de production ont réussi à créer un univers captivant supporté par des acteurs de grand talent. Malheureusement, en tant que jeu, Quantum Break est plutôt moyen, accentuant l'impression d'avoir deux produits (et deux expériences) totalement inégaux en un. À essayer pour son ambiance, mais pas nécessairement en tant que jeu.

 

Ce que vous aimerez:

- L'histoire captivante

- La mini-série entrecoupant les actes du jeu

- Les effets des pouvoirs et des fractures du temps

Ce que vous n'aimerez pas:

- La courte durée de vie

- Le système de couverture raté

- L'impression de jouer à un vieux jeu de tir à la troisième personne (avec tout ce que cela a comme défauts)

 

Note: 7 sur 10

 

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Source(s) image(s):
GameSpot
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