Le scénario de « Balles Perdues » a été écrit il y a plus de 30 ans par le réalisateur américain Walter Hill. À la base, il était destiné au grand écran. Puis, lorsqu’il a rencontré le bédéiste Matz, le cinéaste a eu l’idée d’adapter son récit dans une volumineuse bande dessinée. Celle-ci est finalement parue en 2015 chez Rue de Sèvres.

Sérieusement, ça aurait été dommage que Walter Hill laisse son scénario dans le fin fond d’un tiroir. Même si c'est sa première tentative dans le monde du neuvième art, on peut dire que l’homme derrière le scénario de Alien, le huitième passager s’en est très bien tiré. 

L’oeuvre se déroule en pleine Prohibition, en 1932. Comme dans quelques longs métrages du réalisateur, Balles Perdues met en scène des hommes sans scrupule. Nous suivons Roy Nash, un homme de main de la mafia qui a été libéré par ses anciens employeurs pour tuer des gens qui auraient volé la pègre. Cette histoire prend une note personnelle puisque l’un de ces truands s’est sauvé avec sa petite amie. 

Roy va se rendre en Arizona, à Chicago et même à Los Angeles pour retrouver ses cibles. Il va laisser derrière lui un vrai bain de sang, à chaque fois. 

Oui, Balles Perdues porte très bien son nom! Comme dans bien des histoires de gangsters, attendez-vous à voir un nombre impressionnant de fusillades à la mitraillette et à la carabine. 

Roy n’est peut-être pas un enfant de choeur (ça, on l’a deviné), mais, en même temps, ce n’est pas une grosse brute sans cervelle qui tire sur des personnes sans poser de question. Il est intelligent et consciencieux et sait rapidement détecter les menteurs et les manipulateurs. C’est, à mon sens, ce qui rend le personnage attachant. 

Balles Perdues, c’est également une histoire d’amour impossible. Tout le long de l’album, on sent que le héros est nostalgique d’une époque où son coeur était un peu moins noir. C’est comme si en tirant ces centaines de balles, il essayait de se racheter, de nettoyer son âme. Par contre, à mesure que les victimes s’accumulent, c’est le contraire qui se produit. Il s'enfonce encore plus.

Jef, qui assure l'aspect graphique, exprime justement très bien cette descente aux enfers. Son dessin demeure somme toute lumineux, et ce, jusqu’à la toute fin. On ne pourrait toutefois pas en dire autant de la violence qui monte en crescendo. Les dernières pages sont assez intenses à ce niveau. Contrairement au manga, l’illustrateur fait quand même preuve d’une certaine retenue et on ne va jamais dans l’excès d’hémoglobine. Pour les projectiles, c’est une autre histoire…

Verdict

Balles Perdues est une histoire de gangsters qui a tous les ingrédients pour réussir : un héros puissant, des scènes de fusillades brillamment orchestrées et un scénario solide. Qui sait? On verra peut-être une adaptation de l'album bientôt au cinéma!

 

Balles Perdues

Walter Hill, Matz et Jef

120 pages

Rue de Sèvres

 

Cote : 4 étoles sur 5.

Source(s) image(s):
Rue de Sèvres

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