Même si la Première Guerre mondiale sert moins souvent de sujets dans les oeuvres de fiction que la Deuxième Guerre mondiale, il faut bien avouer qu’en 2016, il est difficile de réinventer la roue. Pourtant, Bones a réussi en grande partie ce difficile pari. Avec « Dessous: La montagne des morts », l’auteur nous propose une vision sombre, voire cauchemardesque de la Grande Guerre. J’en ai encore des frissons!

En 1916, Gaspar, un jeune chercheur au muséum d’histoire naturelle, est dépêché à Vauquois. Là-bas, les soldats français, en donnant l’assaut sur une base allemande étrangement déserte, ont découvert que ceux-ci avaient trouvé, en creusant trop profondément dans les mines, une étrange créature. Ce parasite prend possession des humains et les transforme en abominations dignes d’un jeu vidéo comme Dead Space

Le scientifique veut étudier cette chose, le gouvernement français désire s’en servir comme arme, alors que le lieutenant qui accompagne Gaspar croit qu’il vaut mieux la détruire. Lequel des trois va réussir à imposer son point de vue? Il faudra lire l’album pour le savoir.

C’est durant ses études en école de BD que Bones a eu l’idée de Dessous: La montagne des morts. Son projet a connu quelques modifications avant d’arriver chez les éditions Sandawe, un site de financement participatif de la bande dessinée. Toutefois, nous pouvons affirmer que c’est sa première bande dessinée destinée au grand public. 

Malgré cela, on sent déjà une certaine maturité. Le scénario, par exemple, est bien construit. Il exploite bien l’époque dans laquelle il se situe. Il ne s’agit pas seulement de zombies qu’on aurait parachutés durant la Première Guerre mondiale. L’auteur utilise à son avantage plusieurs éléments des années 1910. 

Il y a, bien sûr, la technologie et les armes, mais Bones a su aussi restituer l’atmosphère particulière qui régnait dans les tranchées. En fait, il s’est servi de l’horreur de la guerre des tranchées pour créer quelque chose d’encore plus terrifiant sans, pour autant, que ça ait l’air trop bizarre ou sorti du contexte.

Oui, les monstres de La montagne des morts sont tirés de l’imaginaire, mais ceux-ci semblent être en parfaite harmonie avec ce conflit armé. Ils ne semblent ni vulgaires ni caricaturaux. Ils sont « juste » épeurants. 

Le dessin sombre sert d’ailleurs très bien le récit et son univers. Beaucoup de scènes se déroulent dans les mines et donnent la chair de poule. J’aurais cependant apprécié voir parfois un peu plus de lumière , car, dans certaines séquences, j’avais de la difficulté à bien distinguer les protagonistes. 

Verdict

Même si Dessous: La montagne des morts peut être lu comme un one shot, il pourrait être, en réalité, le premier chapitre d’une trilogie, selon son auteur. Le deuxième tome est en effet en processus de financement sur Sandawe. Espérons qu'il atteigne son objectif! Parce que si ce volume et un hypothétique tome 3 ont le même niveau de qualité que le premier, on devrait avoir du plaisir… et des frissons!

 

Cet album est à paraître au Québec autour du 27 mai 2016. 

 

Dessous: La montagne des morts 

Bones

88 pages

Sandawe

 

Cote : 3,75 étoiles sur 5.

Source(s) image(s):
Sandawe

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