Créé en 1986, « Watchmen » est un incontournable de la bande dessinée américaine. L’œuvre d’Alan Moore et de Dave Gibbons a eu droit entre autres à une adaptation au grand écran. Le monde de la bande dessinée s’est également inspiré de cette série atypique de superhéros, comme en témoigne « Before Watchmen », une série en huit numéros. Dans les derniers mois, j’ai eu la chance de vous parler de chacun de ces volumes. Même si « Dr. Manhattan », l’ultime tome, a vu le jour en 2014, je retardais toujours le moment où j’allais mettre la main dessus. C’est comme si je refusais que cette superbe série soit déjà terminée. Cette semaine, j’ai finalement pris mon courage à deux mains et je me suis embarqué, pour la dernière fois, dans cette folle aventure.

Sans grande surprise, l’album se consacre à Jon Osterman. Ce fils d’horloger est mieux connu sous le nom de Dr. Manhattan (le plus puissant des Watchmen et le seul à être doté de pouvoirs) depuis qu’il a été victime d’un accident nucléaire qui a complètement transformé son ADN.

Contrairement à la majorité des autres épisodes, cet album-ci aborde l’enfance de ce superhéros. On en apprend plus sur ses origines, sur ce qu’il faisait avant d’entrer dans les Watchmen. Par contre, Dr. Manhattan n’est pas qu’un simple antépisode ou une biographie. Je dirais même que sur le plan scénaristique, c’est le volume le plus novateur de la saga.

Contrôler le temps...

Joe Micheal Straczynski, le scénariste, exploite surtout le fait que pour ce personnage, le temps et l’espace n’ont pas la même signification. Du début à la fin, l’homme bleu joue avec son passé, comme on joue aux dés, pour essayer de voir les multiples « futurs » qu’ils auraient eus. C’est comme s’il pouvait remonter le temps pour changer, à sa guise, son destin. Un don très rare.

Ce volet métaphysique omniprésent demande au lecteur plus de concentration que dans les autres Before Watchmen (le tome 5 fait peut-être exception). Il doit s’impliquer à 100 % s’il ne veut pas se mélanger dans les innombrables « si j’avais fait ça que serait mon futur ». Les lecteurs qui lisent les comics juste pour les scènes d’action seront par ailleurs déçus, car il y en a pratiquement aucune ici.  

...et l'espace!

Adam Hugues, le dessinateur, a brillamment réussi à mettre en images la complexité du récit. Il n’a pas eu peur de bousculer les codes du neuvième art, si bien qu’à certaines occasions, nous avons deux histoires (ou réalités) quasi-identiques sur la même page et à d'autres endroits nous lisons l’album à l’envers. (Pour la petite histoire, ma conjointe pensait que je lui faisais une blague quand elle m’a vu tenir le livre à l’envers.)

Malgré toutes ces « fantaisies artistiques », l’album demeure cohérent, et ce, jusqu’à la dernière planche, à condition, comme je l'ai dit plus haut, de s'investir. 

Verdict

Dr. Manhattan est sans doute le personnage le plus énigmatique de l’univers Watchmen. Malgré cela, Joe Micheal Straczynski et Adam Hugues ont réussi haut la main à nous faire pénétrer dans la tête de ce superhéros pas comme les autres. Before Watchmen n’aurait pas pu se conclure sur une meilleure note!

 

Before Watchmen 8 - Dr. Manhattan 

Joe Micheal Straczynski et Adam Hugues

112 pages

Urban Comics

 

4,5 étoiles sur 5

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