Tous les lundis précédents le 25 mai au Québec, nous avons l’occasion de saluer le courage et la détermination de ceux qui se sont tenus debout face à l’oppression et l’incompréhension d’un pouvoir étranger qui nous gouvernait avec arrogance. Il y eu des batailles, du sang versé mais dans le fond pourquoi? Voyons donc pourquoi ces Patriotes en vinrent à prendre les armes contre le gouvernement.

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Une lutte politique

Les Patriotes tiennent leur nom du parti politique de Louis-Joseph Papineau qui, au cours des années 1830, a rallié les forces politiques voulant plus de liberté politique et l’obtention d’un système de gouvernement démocratique, ce que leur refusaient Londres et ses Gouverneurs généraux qui se comportaient comme des despotes. Malgré les tentatives de faire adopter des réformes par la voie politique, la Couronne britannique fit la sourde oreille et le conflit se radicalisa et sombra dans la violence. C’est souvent ça qui se produit quand tout a été tenté et qu’on craint pour notre survie; ça pète! En 1837 et 1838, une partie du Bas-Canada (maintenant le Québec) s’est soulevée et a pris les armes dans une lutte bien inégale entre des fermiers, des bûcherons, des notaires et des docteurs d’un côté et l’armée britannique appuyée par des détachements de citoyens loyaux à la Couronne de l’autre. Mal armés et préparés, les Patriotes n’ont pas fait le poids et ont perdu, mais pas complètement...

Patriotes de la Société de reconstitution du Bas-Canada (SRBC)

Ce qu’il faut savoir sur la Rébellion

Beaucoup de gens se font une idée erronée de la Rébellion des Patriotes et y voit un combat entre Anglais et Français, une lutte raciale. C’est une erreur! Il s’agit bien d’une révolte au départ politique. D’ailleurs, nous retrouvons des anglophones britanniques, irlandais et écossais du côté patriote (les frères Nelson et O’Callaghan en sont des bons exemples). De même, il y a des « Canayens », des francophones du côté des « Loyaux » et qui assistent les troupes britanniques. Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc…

Soldats du 24th regiment of foot de la SRBC et de Cabano 

Conséquences et legs

Bien que le sort des armes n’ait pas été en faveur des Patriotes, leur lutte, leur détermination ont alarmé les autorités coloniales qui ont envoyé un certain Lord Durham faire enquête. Bien sûr, ce n’était pas exactement ce que nous voulions, ce rapport était très loin d’être parfait (il était même raciste et prônait l’assimilation des Canadiens-français par l’union des deux Canadas), mais les choses évoluèrent politiquement jusqu’à nous donner une forme de gouvernement démocratique. La Rébellion donna aussi au peuple des héros dont elle avait cruellement besoin pour se reconnaître et desquels s’inspirer. Elle a aussi permis à un peuple de se tenir debout pour une cause noble telle la liberté. J’entends des gens dire : « Ah! Moi, je ne suis pas souverainiste, alors les Patriotes je veux rien savoir! », ou bien on voit des partis politiques se servir de l’image des Patriotes pour leur cause. Ça, on appelle ça de la récupération politique. De tout mélanger les idéologies modernes avec une lutte du passé, ça ne peut que nuire au devoir de mémoire que nous nous devons avoir pour ces Patriotes qui se sont battus pour plus de démocratie. De ça, tous les citoyens québécois, peu importe leur allégeance politique, doivent leur en être éternellement reconnaissant!

Bonne Journée nationale des Patriotes!

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Liens :

www.1837.qc.ca

www.encyclopediecanadienne.ca

www.histori.ca

https://srbc1837.wordpress.com

 

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Assemblée des Six-Comtés

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