BORNES ÉLECTRIQUES

« L’homme qui tua Lucky Luke » est l’hommage de Matthieu Bonhomme à Morris, le créateur de Lucky Luke. L’album n’aurait pu sortir à une meilleure époque, car c’est également cette année que nous célébrons les 70 ans de la prestigieuse série.

Une journée comme une autre... vraiment?

Lucky Luke arrive dans le petit village de Froggy Town. Rapidement, il apprend que la diligence qui transportait l’argent des mineurs a été attaquée par un mystérieux Indien. Le justicier, comme il en a l’habitude, propose immédiatement son aide. Mais rapidement, il va se rendre compte que quelque chose cloche. Il court un grand danger!

Dans L’homme qui tua Lucky Luke, notre valeureux héros semble, pour l’une des premières fois de sa vie, ne plus avoir l’avantage. En fait, il n’est plus en contrôle de rien. En plus de souffrir amèrement d’une pénurie de tabac, il se retrouve dans une ville où presque tout le monde semble le détester. Même les forces de l’ordre sont contre lui. Et comme si ce n’était pas assez, il a dû remettre son bon vieux révolver au shérif. Ça ne pourrait être pire.

Matthieu Bonhomme, qui assure le scénario et le dessin, signe ici l’un des Lucky Luke les plus sombres à avoir vu le jour. Le cowboy solitaire a troqué son air fringant et son assurance caractéristique pour des sentiments que les fans ont trop peu l’habitude de voir chez lui : le doute et le questionnement. Il n’est presque plus que l’ombre de lui-même...

Même si le bédéiste a adopté un ton beaucoup plus mature et sérieux que celui de Morris, il n’a pas complètement réinventé le personnage. Il a parsemé le récit de clins d’œil de tout genre, en plus de beaucoup travailler les couleurs. Ces dernières sont presque un personnage à part entière.

D’ailleurs, du côté visuel, Matthieu Bonhomme n’a pas essayé de copier bêtement le style du grand maitre. Bien sûr, il s’en est inspiré. Mais il a aussi ajouté plusieurs éléments de son cru. Par exemple, Lucky Luke a l’air moins caricatural et plus humain. Il m’a semblé également plus svelte, voire plus fragile physiquement.

Des grands absents?

Et si jamais vous vous demandez ni Rantanplan ni les Frères Dalton sont présents dans cet album (mais on peut voir Jolly Jumper). L’auteur a préféré mettre en scène des antagonistes plus subtiles.

À ce propos, L’homme qui tua Lucky Luke a un aspect psychologique beaucoup plus travaillé. Les personnages secondaires sont plus profonds, moins primaires. Rien n’est totalement noir ou blanc. Personnellement, cet élément m’a plus énormément et je crois que les lecteurs plus âgés adoreront, bien que l’album conserve son côté grand public.

Verdict

Matthieu Bonhomme a accompli l’impensable! Je ne sais pas si son Lucky Luke va plaire aux puristes, mais, pour ma part, j’ai adoré sur toute la ligne. Je n’aurais pas pu demander mieux!

 

L’homme qui tua Lucky Luke

Matthieu Bonhomme

64 pages

Lucky Comics

 

Cote : 5 étoiles sur 5

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Prologue

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