BORNES ÉLECTRIQUES

Connaissez-vous « Diabolik »? Si vous êtes de la génération X ou Y, vous n’avez probablement jamais entendu parler de ce nom. Pourtant, cette série, créée au début des années 1960, par les sœurs Angela et Luciana Giussani, était l’une des plus populaires à l’époque. Elle mettait en scène Diabolik, un vilain ayant la faculté de se déguiser à la perfection en n’importe qui grâce à ses différents masques. C’était un peu le Fantomas de l’époque yéyé.

Le scénariste Thierry Smolderen a grandi avec Diabolik. Il rêvait depuis longtemps de lui rendre hommage. Et c’est maintenant chose faite dans L’été Diabolik publié chez Dargaud. Il a été rejoint au graphisme par Alexandre Clerisse.

Un été comme les autres... ou presque!

Cette bande dessinée n’est pas une nouvelle histoire de Diabolik. Elle met plutôt en vedette Antoine, un jeune de 15 ans qui tente de profiter de l’été en 1967. Comme tous les adolescents de son âge, il avait prévu de se la couler douce cet été-là. Sauf qu’une suite d’événements le transporte tout droit dans un film d’espionnage : il rencontre une mystérieuse et séduisante Américaine, il devient ami avec le fils de l’ennemi de son père, son paternel disparait. Bref, ça va être les mois les plus intenses de sa vie!

Le masque tombe, la deuxième partie de ce livre, se déroule 20 ans plus tard. Antoine est devenu un écrivain. Malgré le fait que deux décennies se soient écoulées après les événements de l’été 1967, il n’a trouvé encore aucune explication logique. Une rencontre inattendue va enfin lui permettre d’élucider ce mystère!

Un polar passionnant

L’été Diabolik est la lecture estivale par excellence. Il s’agit d’un polar haletant qui se dévore dans le temps de le dire, malgré ses 168 pages.

La plume de Smolderen, d’une grande fluidité et efficacité, donne vie à des personnages attachants. Beaucoup de lecteurs adultes se reconnaitront sûrement dans les principaux traits de caractère d’Antoine, cet adolescent un peu timide qui voudrait bien se trouver une copine.

C’est cet aspect justement qui rend le récit aussi savoureux. Certes, l’espionnage et le policier sont au premier rang. Par contre, le scénariste a également inséré çà et là des thèmes typiques à l’adolescence comme la recherche de son identité, les relations père et fils et les premières expériences (drogue, amour, relations sexuelles, etc.).

Le dessin de Clerisse sort pour sa part des sentiers battus, et pas qu’un peu! Son style, avec sa palette de couleurs peu conventionnelle et ses perspectives originales, prend ses influences dans le psychédélique et le pop art américain (surtout Andy Warhol et David Hockney). Sans jamais tomber dans le délire iconoclaste, le visuel demeure quand même accessible. Oui, c’est audacieux. Mais ce n’est pas tiré par les cheveux non plus.

Verdict

Si vous n’aviez qu’une bande dessinée à apporter dans vos bagages cet été pendant les vacances, je vous recommande L’été Diabolik. C’est bien écrit et superbement illustré. En prime, l’œuvre vous fera replonger dans l’une des époques les plus intenses de l'humain : l’adolescence.

 

L’été Diabolik 

Thierry Smolderen et Alexandre Clerisse

168 pages

Dargaud

 

Cote : 4,5 étoiles sur 5. 

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Prologue

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