BORNES ÉLECTRIQUES

Je pense que je n’étais pas le seul à attendre le deuxième tome d’« Hiver nucléaire » de Cab (Caroline Breault), un récit post-apocalyptique se déroulant à Montréal et mettant en vedette Flavie, une livreuse en motoneige qui n’a pas la langue dans sa poche. Sorti en 2014, le premier opus avait été bien accueilli par la critique et les bédéphiles. Pour ma part, j’étais tombé sous le charme de son univers atypique et surtout de son attachante héroïne. Je ne passerai pas par quatre chemins : cette suite possède le même charme irrésistible que le premier volume.

Dans Hiver nucléaire 2, nous retrouvons donc Flavie. Elle n’a pas abandonné son travail et livre toujours toutes sortes de commandes en ski-doo, devenu pratiquement le seul moyen de transport pour se déplacer dans la métropole recouverte de plusieurs pieds de neige.

Sa petite vie tranquille sera toutefois bouleversée par deux événements majeurs : tout d’abord, l’arrivée de sa petite sœur et, deuxièmement, une demande saugrenue de son ami Marco. L’homme, dont elle est secrètement amoureuse, n’est pas à son meilleur. Il a attrapé une grippe d’homme! Et le seul moyen de le « sauver » est de lui procurer du sirop. Malheureusement, les quelques pharmacies encore ouvertes sont en rupture de stock. La jeune femme devra alors se tourner vers des moyens un peu moins légaux qui la conduiront jusqu’au Mont-Royal.

À l’instar du premier tome, Hiver nucléaire 2 nous fait visiter différents coins de Montréal qui ont été, on s’en doute, légèrement transformés par l’accident de la nouvelle centrale nucléaire Gentilly-3, à Pointe-aux-Trembles (voir tome 1). Mise à part notre fameuse montagne, les lecteurs québécois reconnaitront des endroits populaires de la ville comme le néon Farine Five Roses ou les cheminées de l’Incinérateur des Carrières.

Contrairement aux œuvres de science-fiction américaines ou européennes, la certaine familiarité des lieux et des décors permet de nous plonger pleinement dans l’aventure et de nous identifier encore plus aux personnages et à leurs quêtes.

À ce propos, Flavie sort des clichés des héroïnes des « comics » par son physique et son caractère qu’on prend plaisir à (re)découvrir. C’est une femme qui semble au premier regard dure et froide, mais qui cache en réalité un cœur d’or. Il faut juste savoir pénétrer sa carapace.   

Le scénario repose aussi sur quelques péripéties surprenantes. Si l’action est évidemment au rendez-vous, les conflits se résolvent rarement par la violence (ne vous attendez pas à voir du sang gicler). J’ai par exemple bien ri quand j’ai vu comment Flavie s’était sortie du pétrin lors de son aventure sur le Mont-Royal.

Visuellement, on assiste à un beau mélange entre bandes dessinées québécoise, française, belge et américaine. Toutefois, je dirais qu’on penche souvent plus vers le « comics ». Les couleurs sont riches et le trait est vif. Un grand soin a été apporté aux décors extérieurs. Les scènes d’action, habituellement peu nombreuses dans la bande dessinée québécoise, sont ici fluides et bien mises en scène. Je n’ai aucun reproche à faire là-dessus.

En fait, je n’ai pas trop de reproches à faire dans l’ensemble. Je pense que si vous avez aimé le premier opus, vous adorerez cette suite.

Verdict

Les fans du premier Hiver nucléaire aimeront certainement cette suite. Cab (et son héroïne Flavie) sont en très grande forme!

Si vous allez au Comiccon de Montréal, n’hésitez pas à rencontrer l’auteure et à vous procurer son merveilleux album, car elle y sera présente.

 

Hiver nucléaire 2 

Cab

92 pages

Front Froid

 

Cote : 4,25 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
Front Froid

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