L’excellent trio de « Balles perdues » (Walter Hill, Matz et Jef) est de retour. Si vous pensiez qu’ils s’étaient assagis depuis le temps, détrompez-vous. « Corps et âme », leur dernier album paru chez Rue de Sèvres, est loin de faire dans la dentelle! On pourrait même dire qu’il va encore plus loin, et ce, à tous les niveaux.

Frank Kitchen est un tueur à gages. Le meilleur dans son domaine. Peu importe la cible, il s’en occupe avec discrétion. Cependant, il a tellement éliminé de gens qu’il s’est fait dans sa carrière beaucoup d’ennemis. Plusieurs aimeraient lui mettre une balle entre les deux yeux. C’est d’ailleurs un peu ce qui va lui arriver…

Alors qu’il effectue un énième contrat, Frank se fait piéger par ses associés. À son réveil, il constate qu’il est devenu quelqu’un d’autre. Il est devenu une femme! Lui qui pensait que la pire chose qui pouvait lui arriver dans son métier était la mort, le voilà qu'il ne se reconnait même plus dans la glace!

Il va laisser tomber tous ses contrats (de toute façon, tout le monde le croit mort) et essayer de trouver qui lui a fait ça. Au passage, il y aura beaucoup de destruction, de morts et de sang. Mais à ce que l’on dit, la fin justifie les moyens!

Corps et âme fait l’effet d’un bâton de dynamite. Ce polar explosif ne nous laisse aucun répit avec ses nombreuses scènes de violence. Contrairement à Balles perdues, l’action est toutefois plus physique. Les fusillades à grand déploiement sont chose rare et laissent souvent leur place à des combats plus intimistes, mais tout aussi intenses.

En même temps, le scénario est plus subtil et complexe que celui de Balles perdues, tandis que la narration est mieux travaillée. Oui, le héros est toujours habité d’une furie vengeresse, mais il semble également être plus patient et réfléchi. Il ne se lance pas tête première dans l’inconnu. Il s'interroge beaucoup et se remet constamment en question.

Il se dégage du dessin de Jef un enivrant parfum de séduction. À l’instar des scènes d’action, le dessinateur ne cache rien lorsque les personnages font l’amour. On voit absolument tout. Cet album n’est pas non plus pornographique et les scènes osées ont un véritable impact dans le récit (tout comme celles pour Le Trône de fer). Elles empêchent en particulier le lecteur de se lasser de l'abondante violence graphique.

Verdict

Soigneusement mis en scène, Corps et âme est un polar haletant qui n’a pas peur de sortir des sentiers battus. Cet album est, à mon avis, encore meilleur que Balles perdues. Oui, c’est violent. Oui, c’est osé. Mais ce que c’est bon!

 

Corps et âme 

Walter Hill, Matz et Jef

130 pages

Rue de Sèvres


Cote : 4,25 étoiles sur 5

 

Source(s) image(s):
Rue de Sèvres

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