BORNES ÉLECTRIQUES

Si l’adolescence ne dure en réalité que quelques années, c’est décidément l’une des périodes les plus intenses et marquantes de notre vie. Beaucoup d’ados commencent entre autres à explorer leur sexualité. Les bandes dessinées se penchant sur cette facette ne datent pas d’hier. Cependant, peu d’albums vont aussi loin que « Confessions d’un puceau » de Dav Guedin.

Dans cette autobiographie, l’auteur se remémore ses souvenirs les plus intimes et souvent les plus fous sur la découverte de sa sexualité. En une dizaine de petites histoires finement écrites, Dav Guedin nous raconte sa première fois, ses premières copines, ses échecs les plus humiliants et les choses tordues qu’il a essayées au lit.

Il ne nous cache absolument rien de ses souvenirs. Même les plus humiliants et gênants sont évoqués. L’honnêteté de cet album est d’ailleurs sa plus grande force. Au lieu de montrer un côté romancé de l’adolescence (comme c’est trop souvent le cas dans les œuvres de fiction), le bédéiste nous montre « les vraies affaires ».  Les lecteurs qui ont survécu à l’adolescence se reconnaitront probablement plus d’une fois.

Avec humour, le bédéiste n’hésite pas à regarder ses performances passées avec les yeux d’un adulte. Très critique, il se juge, rit de lui ou vante ses bons coups… comme on le fait tous quand on se rappelle de ses premières fois. En même temps, le tout demeure léger et l’auteur ne fait pas son propre procès.

Si scénaristiquement Confessions d’un puceau ne fait pas dans la dentelle, il ne nous épargne pas non plus visuellement. Avec son trait désinvolte, Dav Guedin n’hésite pas à nous montrer intégralement des scènes de sexualité avec tout ce que ça implique. Mais bon. On n’aurait pas pu attendre autre chose de lui.

Par contre, ses cases sont souvent empreintes de fantaisie. Les phallus deviennent par exemple des personnages, alors que ses compagnes prennent des airs parfois caricaturaux, voire surréalistes. C’est comme si nous pénètrerions réellement dans la tête de l’auteur.

On comprendra que Confessions d’un puceau s’adresse à un public averti. Oui, à cause des images (le dessin est seulement en noir et blanc), mais aussi à cause du travail d’introspection que le livre nous demande. À la fin de notre lecture, on en vient à se questionner sur notre propre sexualité.

Verdict

Tantôt drôle, tantôt perturbant, Confessions d’un puceau montre le vrai visage de la sexualité à l’adolescence. Une lecture essentielle et rassurante pour tous ceux qui veulent se rappeler leurs premiers exploits et peut-être se comparer un peu...

 

 

Confessions d’un puceau

Dav Guedin

64 pages

Aaarg! Éditions

 

Cote : 4,25 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
Dimedia

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