BORNES ÉLECTRIQUES

Même si le juge Renaud a été sauvagement assassiné il y a plus de 40 ans, personne n’a encore résolu son meurtre. Ce magistrat, qui se faisait appeler le Shérif, n’avait pas la langue dans sa poche. Les criminels de Lyon, son lieu d’exercice, ne lui faisaient pas peur. Bien au contraire! C’est eux qui le craignaient! Avec « Le juge : La république assassinée » publié chez Dargaud, Olivier Berlion nous raconte, en mélangeant habilement fiction et documentaire, les dernières années de la vie du juge Renaud. Après un premier tome plein de promesses sorti l’année dernière, le bédéiste nous revient avec un second opus qui prend des airs de polar.

Le juge Renaud est appelé à enquêter sur différents braquages survenus dans la région de Lyon et Strasbourg. Le problème, c’est que les cambrioleurs semblent être trop bien préparés. C’est comme s’ils avaient des complices qui travaillaient pour les institutions financières.

Durant son enquête, il finit par soupçonner les malfaiteurs d’être de mèche avec certains politiciens. Il croit même que les vols servent à garnir les caisses d’un parti politique.

À l’instar du premier épisode, Olivier Berlion nous montre également un côté plus personnel du juge. On le voit en compagnie de ses fils, discuter avec ses amis dans un café ou encore partager le lit de femmes.

Par contre, l’heure n’est pas trop à la fête. Plus le magistrat progresse dans son enquête et plus on sent l’étau se resserrer sur lui. On sait que ses jours sont maintenant comptés…

Tout comme dans le premier opus, les protagonistes sont nombreux et le récit est complexe. Il faudra peut-être (re)lire le premier tome pour bien connaitre (et se remémorer) tous les tenants et les aboutissants. De plus, le scénario regorge d’acronymes qui mélangeront probablement le lecteur québécois. Heureusement, on retrouve à la fin des notes explicatives.

L’auteur y a aussi joint un dossier contenant des photos de famille du juge Renaud prises par l’un de ses fils ainsi que des notes de bas de pages écrites par ce dernier. Si elles ne sont pas essentielles à la bonne compréhension du récit, elles permettent d’avoir un portrait plus « honnête » du juge (bien que l’auteur a déjà fait un bon travail à ce niveau).  

Ces photographies nous font d’ailleurs prendre conscience qu’Olivier Berlion a fait un superbe travail de reconstitution (personnage principal et personnages secondaires, vêtements, décors, voitures, etc.). Visuellement, ce second tome est solide et n’a rien à envier au premier. Le trait semble même un peu plus confiant et précis. Le dessin est moins ligné et plus doux.

En fait, je crois que dans l’ensemble, ce deuxième tome est supérieur au premier. Le bédéiste semble plus à l’aise avec son sujet. Il a fait un travail d’épuration des faits historiques plus grand que dans le premier album pour essayer justement de ne pas trop mélanger le lecteur.

Verdict

La lecture de ce second tome nous laisse un goût à la fois sucré et amer dans la bouche. Oui, nous passons un bon moment, mais, en même temps, nous prenons conscience que la prochaine fois que nous retrouverons le juge Renaud, ce sera déjà la fin. J’appréhende déjà la sortie du troisième et ultime album. On dirait que je n’ai vraiment pas envie de vivre la mort de ce grand magistrat…

 

Le Juge 02 : La république assassinée

Olivier Berlion

68 pages

Dargaud

 

Cote : 4 étoiles sur 5

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Prologue

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