Il y a certaines bandes dessinées qu’on lit sans vraiment avoir d’attentes et qui, au final, nous surprennent agréablement. « Le concile des arbres » publié chez Dargaud par Pierre Boisserie (scénario) et Nicolas Bara (dessin) fait décidément partie de cette catégorie. Au lieu d’être un banal album d’horreur rempli de clichés simplistes, ce livre sort du lot grâce à des personnages attachants et à un dessin original et frôlant la perfection.

L’action se déroule dans un XIXe siècle fictif. L’Hôpital royal pour femmes et enfants est témoin depuis quelques semaines de phénomènes étranges. Tous les jours, à minuit précis, les jeunes pensionnaires montent sur le toit de l’immeuble et y accomplissent un étrange rituel.

Le ministère public des Affaires privées décide d’envoyer deux enquêteurs pour tenter de faire la lumière sur cette drôle d’histoire : le fringant Casimir Dupré et l’énigmatique Artémis D’Harcourt.

Dès le début de leur enquête, les deux coéquipiers se voient refuser l’accès à plusieurs pièces et documents de l’établissement. Pis encore, le directeur et le médecin en chef leur refusent catégoriquement d’interroger les enfants. Est-ce que le personnel de l’hôpital serait au courant de quelque chose?

Le duo Casimir/Artémis est d’une grande efficacité. Bien qu’il s’agisse d’un one shot, on a l’impression de les connaitre depuis longtemps, qu’on les suit depuis plusieurs tomes. Dès la première rencontre, ils nous apparaissent très familiers, comme de vieux amis. On aime la relation un peu complexe qu’ils entretiennent.

Si le récit est sérieux dans son ensemble, l’histoire ne devient cependant jamais trop tendue ou lourde. En effet, les dialogues sont parsemés de petites blagues – drôles pour la plupart - qui viennent détendre l’atmosphère.

En même temps, l’album sait nous donner la chair de poule quand il le faut. Plus on tourne les pages et plus l’enquête paranormale nous révèle des choses troublantes… Cela dit, Le concile des arbres ne sombre jamais dans la violence graphique ou la nudité glaciale à la Penny Dreadful.

Malgré un scénario plus que convaincant, c’est le dessin de Nicolas Bara la véritable surprise de cet album. Ses lignes allongées et expressives à souhait donnent aux personnages un look caricatural presque grotesque qui ne jure pourtant pas avec l’univers de l'oeuvre.

Très sombres, les décors sont un heureux mélange entre des films d'horreur comme Sleepy Hollow et certaines productions les plus sombres de Tim Burton. L’action se déroule surtout dans une forêt menaçante et un hôpital peu accueillant. Difficile de dire lequel de ces deux décors est le plus troublant!

Verdict

Une histoire riche en rebondissements et un visuel des plus étonnant : voilà ce que propose Le concile des arbres. Espérons que nos deux enquêteurs reviennent dans une prochaine aventure!

 

Le concile des arbres

Pierre Boisserie (scénario) et Nicolas Bara (dessin)

64 pages

Dargaud

 

Cote : 4,25 étoiles sur 5

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Prologue

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