La série Paper Mario est devenue méconnaissable. De jeux de rôle, la franchise a graduellement évolué vers des jeux d'aventure, ce que plusieurs n'ont pas manqué de dénoncer. Paper Mario: Color Splash poursuit dans cette lignée et disons que sans être mauvais, ce n'est pas un jeu qui permettra à la version papier de Mario de connaître un nouvel essor.

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Disponible sur: Wii U

Le jeu rempli de taches blanches

L'histoire de Paper Mario: Color Splash est assez simple. Recevant un mystérieux Toad incolore avec une étampe derrière la tête, Mario, Peach et un autre Toad voguent jusqu'à l'île Prisma, reconnue pour ses couleurs éclatantes. Or, arrivés sur place, les héros constatent que l'île est envahie de taches blanches et que plusieurs de ses couleurs ont disparu. Pire, les grandes étoiles de peinture à l'origine des couleurs ont été capturées ! Avec l'aide d'un nouvel allié sous forme de canne de peinture, Mario devra retrouver les étoiles de peinture et découvrir qui se cache derrière ce chaos.

Le scénario de Paper Mario: Color Splash n'est donc pas énormément recherché. C'est une autre quête pour sauver le monde vu que Mario semble être très bon là-dedans ! En revanche, c'est un jeu sympathique et rempli d'humour dans lequel je vous invite à porter attention aux détails. Les scénaristes ont inclus une panoplie de petites blagues allant même jusqu'à ironiser les aventures de Mario et l'enlèvement perpétuel de Peach par Bowser. Si l'histoire est simpliste, vous rirez plus d'une fois en lisant les nombreuses conversations des personnages !

 

Un jeu d'aventure et non de rôle

Si vous vous attendiez à ce que Paper Mario: Color Splash soit un jeu de rôle comme les premiers Paper Mario, vous serez déçu. En fait, c'est là où, à mon avis, plusieurs ont été amers envers cette nouvelle aventure de Paper Mario. Car oui, cette nouvelle aventure est un jeu d'aventure comportant quelques éléments de jeu de rôle, sans plus. Quand on le considère pour ce qu'il est, Paper Mario: Color Splash n'est pas un mauvais jeu.

Le jeu est divisé en de nombreux tableaux reliés entre eux un peu comme les Mario 2D. Lorsque vous récupérerez une petite ou grande étoile de peinture, vous quitterez ce niveau pour être transporté sur la carte du monde. De là, vous pourrez choisir le prochain niveau à affronter. Or, à travers sa campagne pouvant facilement prendre plus de 30 heures, vous devrez souvent revenir dans des niveaux précédemment vus. Diverses portions et certains objectifs ne seront pas accessibles avant d'avoir accompli un autre but dans un autre niveau ou bien avant d'avoir récolté un élément requis pour l'avancement de votre quête.

Le jeu contient une variété de casse-tête, une bonne portion d'entre eux exploitant l'univers de papier mis de l'avant. Ainsi, dans un niveau, vous verrez ce dernier carrément s'enrouler comme si on repliait du carton tandis que dans un autre, vous devrez affronter des ennemis blessés non pas par une attaque, mais bien parce qu'ils ont été trempés dans l'eau. Du papier mouillé, c'est moins fort et résistant que du papier ayant flotté dans l'eau !

Parlant de casse-tête, Color Splash reprend l'un des éléments de Paper Mario: Sticker Star, soit la possibilité de découper certains éléments de l'environnement. Ainsi, dans certains niveaux, vous pourrez découper des tracés pour enlever des obstacles ou carrément passer par-dessus certains d'entre eux. Le tout se fait simplement en appuyant sur le bouton Y puis en effectuant le tracé pré-déterminé sur le GamePad. Le problème est qu'il n'y a pas de signe visible à savoir quand on peut utiliser cette technique. Certains éléments ressortent du décor et semblent donc pouvoir se découper, mais sinon, il faut souvent y aller par essais et erreurs ou encore supposer que lorsqu'on est bloqués, c'est qu'on doit utiliser cette technique de découpage pour avancer.

Cette option donne d'ailleurs droit à des séquences assez bizarres. Tout comme dans Sticker Star, il y a des objets de la vie réelle que vous trouverez dans votre aventure, dont un ventilateur, un siphon, un citron et même un gros chat de fortune chinois. Si certains de ces objets sont drôles à utiliser (par exemple, le siphon sert à débloquer un tuyau pour qu'on puisse ensuite s'y plonger), d'autres donnent droit à des scènes vraiment bizarres. Le chat de fortune en est un exemple alors que, lorsqu'il demande à être utilisé, plein d'animations japonaises n'ayant aucun rapport avec le jeu s'activent en même temps à l'écran. Disons que ces objets du monde réel détonnent par rapport au reste, et ce pas toujours dans le bon sens.

 

Le plombier qui devient un peintre

L'un des principaux éléments du jeu est évidemment la peinture, d'où son titre. Très rapidement dans votre aventure, vous acquérez le pouvoir de peindre des surfaces ou des personnages n'ayant plus de couleurs avec votre marteau. Pour cela, il vous suffira simplement de donner des coups de marteau et les éléments reprendront leurs couleurs automatiquement. Il n'y a donc aucun besoin de mixer des couleurs comme, par exemple, dans les jeux de Blob. En repeignant des surfaces, non seulement compléterez-vous le jeu à 100%, mais vous obtiendrez aussi des sous ainsi que des cartes de combat.

Vous aurez un stock de peinture limité contenant trois couleurs, soit le rouge, le jaune et le bleu. En vainquant des ennemis, vous obtiendrez de petits marteaux qui, à force de les amasser, accentueront vos stocks de peinture. Assez rapidement, on peut donc améliorer son stock de peinture pour éviter d'en manquer. Or, ne vous inquiétez pas, il serait surprenant que votre niveau de peinture tombe à zéro. Oui, on peut vider une jauge de l'une des trois couleurs, mais vous trouverez des bulles de peinture partout dans le jeu en frappant une diversité d'objets ou en éliminant des ennemis. Donc, même si vous splashez partout, vous ne tomberez pas à sec de peinture pendant bien longtemps.

Recolorier les environnements tout en les explorant fait définitivement partie du plaisir de jouer à Paper Mario: Color Splash. En revanche, ce sont les bonis reliés à la complétion du jeu qui sont plus ordinaires. Voyez-vous, tout comme dans Sticker Star, vous finirez par débloquer un musée dans lequel vous déverouillerez notamment la musique et des sons du jeu pour avoir tout repeint. Oui, c'est ça LA grande récompense pour tout colorier, en plus d'images si vous effectuez toutes les tâches pour garnir le musée au complet. Décevant ? Disons que l'investissement en temps n'en vaut pas vraiment la peine .

 

La grande faiblesse du jeu: les combats (surtout contre les boss)

Comme je l'ai laissé sous-entendre à travers ma critique, Color Splash reprend beaucoup d'éléments de Paper Mario: Sticker Star, qui fut pourtant le jeu le moins apprécie de la série Paper Mario. C'est étrange que les développeurs d'Intelligent Systems aient repris autant d'idées du jeu le moins aimé de la série pour concevoir cette nouvelle aventure et c'est d'autant plus vrai lorsqu'on regarde les combats proposés.

Pour un second jeu, on nous met de l'avant les cartes de combat pour affronter nos ennemis. Mario ne peut directement attaquer ses adversaires, il doit absolument utiliser des cartes de combat. Il y a plus d'une façon de récolter des cartes (achat, récolte en explorant, etc.), mais il faut toujours avoir une diversité de cartes avec soi pour faire face aux ennemis du jeu. Cela implique aussi de ne pas toujours avoir des cartes hyper puissantes sous peine de les perdre contre des ennemis faibles.

Bien entendu, on a quand même intégré certaines modifications pour Color Splash. Ainsi, vous aurez des cartes colorés et incolores, ces dernières étant moins puissantes. Le système de combat étant à tour de rôle, lorsque ce sera à vous d'attaquer et de choisir vos cartes, si vous en sélectionnez des incolores, vous pourrez les colorer en utilisant de la peinture de votre réserve, d'où l'importance d'accentuer vos stocks de peinture. Vous apprendrez aussi de nouvelles techniques, dont la possibilité d'attaquer deux fois ou bien de dépenser des sous pour obtenir une carte de combat si jamais vous n'en avez plus ou que vous n'en avez pas des satisfaisantes dans votre deck.

Oui, c'est stratégique, mais c'est aussi un système de combat peu engageant et très impersonnel. Je m'ennuie du système de combat des premiers jeux de rôle Paper Mario avec les techniques du héros et celles de ses compagnons. Ici, on a droit à des attaques hyper répétitives générées par des cartes, ce qui est loin d'être aussi prenant et divertissant. Après quelques heures, les combats du jeu deviennent davantage une tâche qu'un plaisir. Et puisqu'il y a beaucoup de combats à disputer au sein de Color Splash, le plaisir de jouer en est directement affecté.

Autre problème avec ce système: les boss. Pour les vaincre, vous devrez inévitablement utiliser des cartes d'objets réels, ce qui fait directement penser à Paper Mario: Stricker Star. Le problème est qu'on ne vous dira pas quelle carte d'objet doit être utilisée contre un boss. Ces cartes étant à utilisation unique et ne pouvant être générées comme les autres cartes de combat, il faut donc espérer que celle qu'on sélectionne soit la bonne pour vaincre le boss. Là encore, même si c'est la bonne, vous deviendrez si puissant que le boss sera trop facile. Ainsi, si vous n'avez pas la bonne carte d'objet, un boss sera quasi-invincible tandis que si vous l'utilisez sans trop savoir si elle était la bonne, vous serez trop puissant. C'était un problème majeur de Sticker Star que les développeurs ont ramené dans Color Splash sans que je puisse comprendre pourquoi.

 

Devriez-vous y jouer ?

Je ne peux pas mentir: j'ai eu du plaisir à jouer à Paper Mario: Color Splash. En revanche, je dois aussi être honnête en disant que ce n'est pas un jeu dans lequel on se sent très impliqués, la faute revenant en grande partie à un système de combat déficient qu'on a de surcroît ramené d'un jeu pour lequel la principale critique était justement ce même système !

Nintendo et Intelligent Systems ont décidé que les jeux Paper Mario seraient plus axés vers le jeu d'aventure que le jeu de rôle, mais force est d'admettre qu'après quelques jeux, ce n'est pas la trajectoire que devrait emprunter la série. C'est définitivement à repenser, en souhaitant que ça se fasse et qu'on finisse par produire un nouveau jeu de rôle à la hauteur de Paper Mario et, surtout, Paper Mario: The Thousand Year Door !

 

Ce que vous aimerez:

- L'univers charmant

- Repeindre des surfaces, ce qui encourage l'exploration

- Les blagues inclues un peu partout dans l'aventure

Ce que vous n'aimerez pas:

- Le système de combat utilisant des cartes plutôt que les habiletés de Mario

- Les combats contre les boss tout simplement mal faits en raison des cartes

- Les récompenses reliées à la complétion totale du jeu

 

Note: 7,5 sur 10

 

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