Vous rappelez-vous de votre adolescence? Moi, je m’en rappelle très bien. Ça a été pour moi une période riche en découvertes et en expérimentations. C’est un peu, après tout, le but de ce moment bien particulier de la vie, quand on y pense... Max de Radiguès, lui, aime particulièrement l'âge bête (comme certains l'appellent). Le bédéiste belge y a consacré plusieurs œuvres, dont « L’âge dur », l’une de ses plus populaires. Si vous n’avez pas eu l’occasion de lire ce petit bijou du 9e art, voilà enfin votre chance, car L’employé du Moi nous propose depuis peu une belle réédition.

L’âge dur raconte le quotidien de l’adolescence, ce par quoi nous sommes tous ou presque passés quand nous avions 15-17 ans. Au menu : pétages de boutons, bagarres entre copains, flirt, découverte de son orientation sexuelle, premières fois (première rupture, premier rapport sexuel), etc.

Pour illustrer ces différents thèmes, l’auteur a mis en scène une panoplie de personnages tous bien différents les uns des autres. Bien qu’il soit difficile de mémoriser tous leurs noms (il y en a tellement), le lecteur n’aura aucun problème à s’identifier à au moins l’un de ceux-ci.

Cela dit, cette bande dessinée ne présente pas de grandes histoires rocambolesques. Elle est découpée en petits chapitres, chacun très court et scénaristiquement simple, et ayant plus ou moins de liens entre eux. Sans dire que ces petits chapitres adoptent la forme pure du gag, la plupart de ceux-ci sont comiques. 

Max de Radiguès préfère en effet se concentrer sur les meilleurs moments de l’âge ingrat. Oui, il y a un peu de nuages noirs dans le ciel, mais ils ne parviennent jamais à cacher totalement le soleil. Les amateurs de drames adolescents devront aller voir ailleurs.

En même temps, il est difficile de ne pas se sentir nostalgique en terminant notre lecture. On pense aux choses qu’on aurait peut-être faites différemment quand on allait au secondaire...

Mis à part les premières pages en couleur (une exclusivité de cette réédition), le reste de l’album est en noir et blanc. Si les décors sont peu élaborés, les personnages ont un charme certain. Avec seulement quelques coups de crayon, l’auteur parvient à donner à ces garçons et à ces filles du charisme et de la densité.

Sans édulcorer le propos, le bédéiste ne tombe cependant jamais dans la vulgarité ou la provocation. Oubliez les scènes de nudité à n'en plus finir.

Verdict

Si l’on sourit plus que l’on rit, on passe quand même un agréable moment avec L’âge dur. L’album, au trait vif et décidé, arrive sans problème à nous faire replonger dans les meilleurs moments de notre adolescence. 

 

L’âge dur

Max de Radiguès

136 pages

L’employé du Moi

 

Cote : 3,75 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
Employé du Moi

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