BORNES ÉLECTRIQUES

Zviane est l’une des bédéistes les plus prolifiques au Québec. De 2006 à 2008, l’auteure publiait sur son blogue une bande dessinée racontant son quotidien. À l’époque, elle était encore en quelque sorte une « novice » dans le monde du neuvième art.

Plus tard, ces histoires ont été publiées dans deux livres, La plus jolie fin du monde et Le quart de millimètre. Personnellement, ça faisait un petit bout que je cherchais à mettre la main sur ces deux ouvrages, mais impossible de les trouver neufs. Les deux sont épuisés. Je ne vous cacherai pas que j’étais bien content de me procurer À l’école. L’album, paru en octobre dernier chez Mécanique générale, regroupe ces deux livres et contient même quelques planches inédites.

Dans À l’école, nous retrouvons une jeune Zviane. Encore étudiante, elle est en plein questionnement identitaire. Elle vient de terminer un baccalauréat en musique et s’apprête à commencer une maitrise en composition. Mais, elle n’est pas totalement sûre de son choix. C’est qu’elle a une autre passion dans la vie : la bande dessinée. Et, en plus, elle est très douée, peut-être même encore plus douée qu’avec la musique!

Presque toutes ses planches vont être empreintes de cette dualité musique/bande dessinée. Elle va se remettre en question plus d’une fois. En fait, le lecteur découvre une Zviane fragile et peu sûre d’elle.

Bien qu’ayant une thématique plus personnelle que la plupart de ses autres opus, À l’école n’est pas déprimant ou sombre. On retrouve le même humour déjanté et éclaté que dans des albums plus récents comme L'ostie d'chat et Le bestiaire des fruits. L’auteure a une facilité incroyable pour tourner en dérision des sujets sérieux et complexes sans jamais néanmoins entrer dans la vulgarité gratuite.

Visuellement, ce livre est moins abouti que des œuvres plus récentes comme Les deuxièmes. C’est normal. L’auteure à l’époque n’avait pas encore trouvé son style et la forme du blogue lui permettait une certaine liberté artistique. Par contre, ça ne signifie pas que le dessin soit indigeste. Il possède déjà certaines qualités évidentes. On remarque par exemple que Zviane excelle dans le minimalisme. En seulement quelques traits, elle arrive à créer des images fortes. Cette faculté n’est pas donnée à tous les dessinateurs.

Verdict

Pour les fans de Zviane, À l’école est vraiment un magnifique cadeau. Il permet de voir tout le chemin qu’elle a parcouru dans les dernières années. Pour les amateurs de bandes dessinées qui ne connaissent pas l’auteure québécoise, cet album vaut quand même le détour. Il leur donnera certainement envie d’acheter quelques-unes de ses œuvres plus récentes. Dans tous les cas, À l’école est une bande dessinée qu’on aurait tort de bouder.

 

À l’école

Zviane

312 pages

Mécanique générale

 

Cote : 4 étoiles sur 5

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Mécanique générale

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