BORNES ÉLECTRIQUES

Depuis sa parution en 2012, « Jane, le renard et moi » a été mis en nomination pour une panoplie de prix. L’album d’Isabelle Arsenault et de Fanny Britt a su convaincre autant la critique que les lecteurs petits et grands (plus de 20 000 exemplaires ont été écoulés depuis sa sortie). Il était donc normal que « Louis parmi les spectres », leur deuxième opus, soit autant attendu. Le livre est paru il y a quelques semaines chez La Pastèque.

Louis, un garçon de onze ans, et son jeune frère, Truffe, vivent avec leur mère, qui s'en fait des fois un peu trop. Parfois, ils rendent visite à leur père dans sa maison de campagne. Ces visites sont cependant souvent pénibles. Leur papa aime un peu trop l’alcool. Pour ne rien arranger, quand il est ivre, il pleure comme une Madeleine.

À l’école, Louis est secrètement amoureux de Billie, une fillette qui semble inatteignable. Tous les jours ou presque, c’est la même histoire : il veut aller lui parler, mais lorsqu’il la voit, il reste figé.

Avec l’aide de son ami Boris, le seul qui connait véritablement son secret, il va tout faire pour surmonter sa peur et enfin aborder sa camarade de classe. Ce ne sera toutefois pas une partie de plaisir. Louis va apprendre à la dure, ce qu’est le courage.

Louis parmi les spectres n’est pas seulement une histoire sur le courage. C’est un album sur la vie, la famille, l'amour, les séparations et l’alcoolisme. Malgré le grand nombre de thèmes abordés, le livre est d’une fluidité incroyable.

Même si nous ne sommes jamais brusqués, le récit n’est ni lourd ni ennuyeux. En fait, l’histoire de Louis nous passionne, nous chamboule. Nous nous attachons rapidement à ce petit garçon débrouillard, dégourdi et un peu naïf. Quand il est content, nous sommes heureux et lorsqu'il a de la peine, nous sommes tristes aussi.

Si Fanny Britt choisit soigneusement chacun de ses mots, on pourrait en dire autant d’Isabelle Arsenault pour le visuel. Aucun des coups de crayon de l'illustratrice n’est superflu. Au contraire, le dessin, doux et sensible, mais toujours puissant, est en parfaite harmonie avec l’écrit. Il est tout sauf accessoire. Je crois qu'il est même essentiel pour bien saisir toute la richesse et la subtilité de l’univers de Louis parmi les spectres. Concrètement, c’est comme si les deux artistes dialoguaient au fil des planches.

Sérieusement, c’est rare que j’aie vu deux bédéistes être dans une symbiose aussi parfaite. On a souvent l’impression que l’album a été créé que par une seule main.

Verdict

Doux, évocateur, fin, délicat, génial, magnifique, formidable : je pourrais passer ma journée à complimenter Louis parmi les spectres. Ce roman graphique, émouvant de candeur, mérite amplement sa place sur la plupart des listes de cadeaux de Noël, même sur celles des personnes qui n’ont pas lu un livre depuis des années. Ces dernières n'auront pas d'autres choix que de tomber sous le charme de cette irrésistible bande dessinée.

 

 

Louis parmi les spectres

Isabelle Arsenault et Fanny Britt

160 pages

La Pastèque


Cote : 5 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
La Pastèque

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