BORNES ÉLECTRIQUES

Depuis quelques années, l’éditeur Ankama publie des adaptations en bandes dessinées d’œuvres de l’écrivain français Stefan Wul (1922-2003). « Odyssée sous contrôle », sorti chez nous à la fin de 2016, est le plus récent opus de cette collection. Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Wul paru en 1959.

Sans aucune surprise, Odyssée sous contrôle se déroule dans un monde futuriste. Nous suivons les aventures d’un agent secret qui a fait le voyage jusqu’à la planète Émeraude pour enquêter sur de mystérieuses disparitions d’humains. On croit que les Cépodes, des êtres faisant penser à des pieuvres, seraient derrière tout ça. Mais notre héros va d’abord avoir besoin de preuves.

Son enquête va prendre une tournure personnelle lorsqu’une jeune poétesse, dont il semble amoureux, se fait à son tour kidnapper.

Oui, j’en conviens, l’histoire n’a l’air d’être qu’un ramassis de clichés. C’est d’ailleurs ce que l’on croit en commençant notre lecture. On voit ce héros sans peur qui tombe amoureux d’une jeune femme et qui doit ensuite la secourir. On a vu ça 2 millions de fois auparavant.

Cependant, en progressant dans le récit, on réalise, peu à peu, que l’on n’atteindra jamais la destination qu’on nous avait promise initialement. Les images deviennent plus sombres, plus gores. La mise en image s’éclate de plus en plus. Les dialogues cessent d’être superficiels et s’approfondissent.

Puis, c’est le choc : la traditionnelle aventure de science-fiction s’est transformée en histoire d’horreur sans qu’on nous l’ait annoncé!

En fait, Odyssée sous contrôle est tout sauf un space opera classique. Il va même jusqu’à se moquer des clichés qui y sont associés. Un peu comme Total Recall, l’œuvre joue plutôt avec les réalités et nous met devant des choix éthiques et moraux. Est-ce que le héros est conscient? Dort-il? À un certain moment, on ne le sait plus du tout.

Heureusement, la finale, brutale et mémorable, vient répondre à toutes les questions qui se sont amassées dans notre esprit durant ce périple.

Pour une fin du type « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », il faudra toutefois aller voir ailleurs. Ici, on est plutôt dans le registre des fins qui laissent un goût amer dans la bouche, qui nous rendent mal à l’aise.

À l’origine, la fin du roman n’était pas du tout comme cela. Ce sont les auteurs qui ont eu envie de la « moderniser ». Reste à voir si ça plaira aux puristes. N’ayant pas lu le roman, je ne peux me prononcer sur la question.

Ce que je peux dire par contre, c'est qu'elle ne m'a pas du tout déçu, même si je m'imaginais totalement autre chose!

Verdict

Je l’avoue! En lisant le synopsis d'Odyssée sous contrôle, je me suis dit : encore un autre album de science-fiction bourré de clichés! Mais j’avais tort, profondément tort. Cet album est l’une des meilleures adaptations des oeuvres de Wul publiées jusqu’à présent par Ankama. En prenant des risques (notamment en changeant la fin), les bédéistes sont parvenus à nous pondre un space opera atypique, mais divertissant.  

 

Odyssée sous contrôle

Dobbs et Stéphane Perger

64 pages

Ankama

 

Cote : 4,5 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
Ankama

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