Après la sortie du film « Turbo Kid » en 2015, les réalisateurs Anouk Whissell, Yoann-Karl Whissell et François Simard (RKSS) avaient indiqué leur intention de poursuivre l’aventure en bandes dessinées. Quatre antépisodes étaient prévus.

Le premier, L’aventure perdue d’Apple, est sorti l’année dernière. J’avais adoré cette histoire qui racontait les jours précédents la rencontre entre le personnage joué au grand écran par Laurence Leboeuf et le Kid. Et je n’avais pas été le seul à être tombé sous le charme. Selon les Éditions Lounak, l’éditeur, le premier tirage s’est écoulé en moins de quatre mois.

Sorti il y a quelques jours, Skeletron Déchainé, toujours publié chez Lounak, a toutes les cartes en main pour connaitre autant de succès que le premier opus. L’histoire se concentre cette fois-ci sur Skeletron, le fameux personnage au masque de squelette du film.

Oui, Turbo Kid était un film gore. Par contre, il possédait quand même un bon sens de l’humour. C’était souvent l’excès d’hémoglobine qui nous faisait rire. Pour cet album, les scénaristes ont conservé le côté sanglant, mais éliminé quasiment tous les éléments susceptibles de nous faire sourire.

Sans blague ni gag, Skeletron Déchainé devient alors l’œuvre la plus sombre à ce jour dans l’univers de Turbo Kid. Il s’y dégage en effet une singulière odeur de fatalité. Le héros y vit une véritable descente aux enfers. Ayant déjà perdu beaucoup, il va perdre le peu qu’il lui reste. On en vient même à éprouver de l’empathie pour l'homme qui est pourtant l’ennemi de le Kid dans le long métrage.

Ce chapitre est également beaucoup moins bavard. Si Apple était un vrai moulin à paroles, Skeletron est, pour sa part, un homme de peu de mots. Il préfère se battre plutôt que parler. On dirait même que les combats – attendez-vous à voir plusieurs scènes d’action - sont pour lui une sorte de thérapie, un moyen de panser ses plaies.

Malgré ces changements dans le ton et la mise en scène, le charme de Turbo Kid opère toujours. 

En fait, le dessin de Jeik Dion est pratiquement l'un des seuls éléments semblables au premier tome. Il aide à faire la transition entre les deux épisodes (même si la lecture de L’aventure perdue d’Apple n'est pas obligatoire). L’illustrateur conserve le même style (dessin en noir et blanc avec un peu de rouge), bien que les dessins de Skeletron Déchainé soient légèrement plus peaufinés.

Verdict

Skeletron Déchainé est une autre belle surprise des Éditions Lounak. La fougueuse bande dessinée nous fait voir une autre facette de l’univers de Turbo Kid. Même si elle a peu de points en commun avec le premier album ou même le film, elle devrait plaire aux fans de la première heure. En tout cas, se cantonner dans un style ou un genre précis ou une manière de faire n’est décidément pas le crédo de RKSS! Le collectif nous impressionne encore une fois!

 

Turbo Kid – Skeletron Déchainé

RKSS et Jeik Dion

Éditions Lounak

44 pages

 

Cote : 4,25 étoiles sur 5

 

Source(s) image(s):
Lounak

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