Lancée en 2005 par les scénaristes Jean-Luc Istin et Thierry Jigourel, et le dessinateur québécois Jacques Lamontagne, «Les druides» est devenue, au fil du temps, l’une des séries les plus populaires des éditions Soleil. Cette saga historique raconte l’histoire de Gwenc’hlan, un druide, et de son apprenti Taran. Si dans le premier tome, Gwenc’hlan avait pour mission d’enquêter sur la mort inexpliquée de moines, sa quête s’est depuis quelque peu complexifiée…

Dans Le Temps des corbeaux, le neuvième tome paru il y a quelques semaines chez nous, Gwenc’hlan et Taran essaient de retrouver Pa et sa famille de cannibales. Au même moment, on apprend que le tiern Leonin a survécu à l’incendie du castel d’Orient. Il y a laissé toutefois une de ses mains. Il est sauvé in extremis par Claudas et son armée qui se demandent bien qui est le responsable de ce tragique évènement.

Je ne sais pas combien de tomes Jean-Luc Istin (il est seul au scénario depuis le huitième épisode) a prévus en tout, mais j’avais vraiment l’impression, en lisant cette bande dessinée, qu’on s’approchait de la fin de la série ou, du moins, d’un cycle.

Le ton de ce neuvième opus n’est pas du tout le même que celui des premiers. Les druides n’a jamais été la série la plus joyeuse – elle a toujours été plutôt sombre -, mais Le Temps des corbeaux sent la fatalité et la tristesse à plein nez. C’est comme si les druides avaient finalement pris conscience que leur fin était proche et qu’ils étaient « démodés » et qu’ils ne pouvaient rien y faire.

Pour les lecteurs qui suivent les aventures de Gwenc’hlan depuis le tout début, comme moi, ce constat nous brise presque le cœur. C’est qu’on avait fini par s’attacher à ce drôle de bonhomme!

Bien qu’étant assez introspectif, l’album mise sur quelques scènes d’action grandioses pour dynamiser le récit. Une fois de plus, le trait de Jacques Lamontagne est efficace et précis. Fidèle à ses habitudes, l’illustrateur nous gâte avec ses plans d’ensemble et ses larges cases. On se surprend à passer de longues minutes à contempler les multitudes de détails, souvent minuscules, enfouis ici et là. La scène de combat final vaut particulièrement le détour.

En plus des scènes de combats, ce tome reprend son volet enquête. Il n’est plus question des moines assassinés, mais des étranges cannibales. Finement écrite, elle réserve aux lecteurs quelques surprises, même s'il y a moins de mystères au final que dans les premiers opus.

Verdict

En lisant Le Temps des corbeaux j’avais l’impression que les bédéistes nous préparaient tranquillement à la fin de cette aventure épique. J’espère ardemment que je me trompe, car cette série, je l’avoue, va me manquer!

 

Les druides, tome 9 - Le Temps des corbeaux

Jean-Luc Istin et Jacques Lamontagne

Soleil

52 pages

 

Cote : 3,75 étoiles sur 5

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