« Tebori », c’est la nouvelle série des géniaux Marcial Toledano et José Manuel Robledo. On retrouvait dans le premier tome, sorti l’année dernière, la même élégance que dans « Ken Games », la série qui les a fait connaitre. Je mentirais si je disais que je n’avais pas hâte de lire la suite, parue tout récemment.

Nous continuons à y suivre Yoshi, cet ancien délinquant sorti de la criminalité après avoir été initié par un maitre tatoueur au tebori, le tatouage traditionnel japonais. Malheureusement, dans le premier tome, le jeune homme apprenait que les clients secrets de son maitre étaient des yakuzas, la mafia nippone. Comme si son ancienne vie ne cessait de le rattraper.  

Le premier opus nous avait également laissé avec une drôle de question : pourquoi la nouvelle flamme de Yoshi, une rousse énigmatique, avait-elle exactement le même tatouage que ce dernier avait fait à un yakuza, alors qu’il provenait de son imagination? Le tatouage en question montrait une terrifiante créature.

Les auteurs ne nous ont pas trop fait attendre. Cette suite répond en long et en large à cette fameuse question. Quand on y pense, c’est rare que les bédéistes espagnols nous laissent sur notre faim. On ne tourne jamais longtemps autour du pot avec eux, et c’est tant mieux. Je déteste quand des auteurs étirent inutilement la sauce.

À l’instar du premier, cette suite est très rythmée, encore plus, je dirais. Avec seulement 48 pages, les bédéistes n’ont pas le luxe de perdre leur temps avec des scènes inutiles ou des cases superflues. Avoir du rythme ne signifie pas toutefois qu’ils coupent les coins ronds.

Comme dans l’épisode précédent, les auteurs ont fait un formidable travail de recherche en amont pour se documenter sur le tatouage japonais traditionnel et la culture nippone en général, comme le prouve d’ailleurs le glossaire à la fin de l’ouvrage. Une fois de plus, le tebori est un personnage en soi. Visuellement, il est presque dans chacune des planches.

En parlant de personnages, la copine de Yoshi y occupe maintenant un rôle de premier plan. La mystérieuse demoiselle me rappelle un peu, avec son visage à deux faces, Anne dans Ken Games. Elle n'est pas aussi douce et désintéressée qu'elle le laisse croire. Elle fait même sombrer, avec son plan machiavélique, la série vers le drame.

En fait, cette suite est beaucoup moins lumineuse. Il y a plus de violence, de trahisons et de rêves brisés, comme si la lune de miel de Yoshi était bel et bien terminée. Je sais qu’on ne doit pas se réjouir du malheur des autres (désolé, Yoshi), mais cette descente aux enfers est très plaisante pour le lecteur. Elle fait évoluer la série vers de nouveaux horizons.

Verdict

Ce n’est pas parce qu’une bande dessinée est respectueuse d’une culture étrangère et bien documentée qu’elle est forcément mauvaise ou ennuyante. Marcial Toledano et José Manuel Robledo le prouvent très bien avec ce deuxième tome de Tebori. Bien dessiné et bien écrit, il ne déçoit pas.

 

Tebori, tome 2

José Manuel Robledo et Marcial Toledano

48 pages

Dargaud


Cote : 4 étoiles sur 5

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Prologue

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