Tous les soirs, comme bien des parents, je lis un livre à ma plus vieille. Avant d’avoir des enfants, je ne réalisais pas combien il y avait de livres jeunesse dans les rayons des librairies. Annuellement, des centaines de nouveaux livres voient le jour. Dernièrement, un album jeunesse a attiré mon attention : « Les bagarreurs », un sympathique livre d’Ingrid Chabbert et de Cécile Bonbon publié dans la collection Mamut & Wistiti de l'éditeur Bang.

Contrairement à bien des albums jeunesse, l’histoire de Les bagarreurs est un peu plus « violente ». Elle met en scène deux clans d'élèves qui vont à l'école des moulins : les minus zigotos et les affreux jojos. Les filles et les garçons composant ces deux factions se détestent profondément. Chaque fois qu’ils en ont l’occasion – le matin avant d’aller en classe, durant la récréation et même le midi – ils se chamaillent, au grand dam de leurs parents et de leurs professeurs.

Puis, un jour, les adultes ont une idée révolutionnaire pour que cessent les conflits : construire un mur dans la cour d’école pour séparer les deux groupes. D’un côté, on retrouvera les minus zigotos et, de l’autre, les affreux jojos. Par contre, au lieu de faire cesser les bagarres, ce mur a un effet plutôt inusité sur les élèves…

Comme je viens de le mentionner, Les bagarreurs est un album pour enfants un peu plus violent de ce qu’on a l’habitude de voir. Mais attention! Quand je dis « violent », je ne veux pas dire qu’il y a du sang et des membres arrachés. Disons simplement qu’il contient plus de tirages de cheveux et de claques que bien des livres pour les petits.

En même temps, les thèmes qui y sont véhiculés parleront aux enfants d’âge préscolaire et du primaire, le public cible de Les bagarreurs. À cet âge, on ne résout pas forcément tous les conflits pacifiquement. On en vient parfois aux poings…

Je pense d'ailleurs que beaucoup de jeunes lecteurs vont se reconnaitre dans les personnages de Les bagarreurs, même si ces derniers ont un look légèrement fantaisiste. Très expressifs, les protagonistes sont facilement reconnaissables par leur grande tête ronde en forme de bouton. Personnellement, j’ai trouvé le dessin bien joli.

Cela dit, les adultes aussi auront du plaisir à lire ce livre à leur fille ou leur garçon. La question du mur est, par exemple, très d’actualité, à l’heure où des murs émergent un peu partout dans le monde, comme à la frontière du Mexique et des États-Unis. Les bagarreurs n’est pas un cours de géopolitique pour les petits, mais j’ai aimé ce clin d’œil.

J’ai également aimé sa morale qui n’est pas du tout quétaine. Pour la découvrir, il faudra cependant mettre la main dessus! Je ne voudrais pas vous dévoiler le punch.

Verdit

Bien qu’il soit plus « brutal » que bien des livres pour enfants, Les bagarreurs devraient plaire à beaucoup de jeunes lecteurs. Ceux-ci pourront facilement s’identifier aux personnages et auront énormément de plaisir à tourner, encore et encore, les pages hautes en couleur de ce fascinant album. Ils ne s'ennuieront pas une seconde. En tout cas, ma fille de trois ans, elle, a adoré!

 

Les bagarreurs

Ingrid Chabbert et Cécile Bonbon

Mamut & Wistiti

32 pages

 

Cote : 3,5 étoiles sur 5

Source(s) image(s):
Bang

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