Depuis la nuit des temps, les constructeurs automobiles tentent de repousser leurs limites, et parfois celles de la science. C’est ce qui leur permet d’avancer. L’innovation et l’ingénierie sont les éléments qui font battre le cœur d’une entreprise.

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Le début des années 60 nous a permis d’assister à l’un des moments d’innovation les plus incroyables de l’histoire. En effet, à ce moment, on mettait à l’essai chez Chrysler une voiture fonctionnant à l’aide d’une turbine à gaz.

Oui, une turbine.

Si l’idée semble complètement folle aujourd’hui, il faut se rappeler qu’on était à l’époque en pleine exploration de l’espace.

En fait, le premier moteur turbine a vu le jour en 1954 au sein de la compagnie. Le programme de moteur-turbine, qui avait commencé avant l’entrée en guerre des Américains dans la Deuxième Guerre mondiale en 1941, s’est échelonné sur une période de plus de 30 ans.

Son point culminant fut sans contredit l’arrivée de la version que vous pouvez découvrir dans cet article. Au total 55 de ces modèles ont été fabriqués à l’époque. Leur carrosserie était signée par l’un des plus célèbres carrossiers-constructeurs du temps, soit Ghia. Du nombre, 50 se sont retrouvés aux mains de consommateurs pour qu’ils soient testés dans des conditions d’utilisation quotidienne. Chrysler voulait voir comment était pour se comporter la voiture.

Au total, plus d’un million de milles ont été parcourus par les gens qui avaient un exemplaire en leur possession. Mis à part quelques petits pépins ici et là, les tests se sont avérés concluants. Cependant, la commercialisation du modèle n’a jamais eu lieu. Le coût de production est notamment un des éléments ayant plombé le projet. Il est estimé que chaque modèle coûtait 50 000 $ à produire. En dollars d’aujourd’hui, on parle d’un équivalent de 400 000 $.

Ce qui est fascinant, c’est que le moteur turbine conçu par les ingénieurs de Chrysler pouvait fonctionner avec une quantité impressionnante de carburant. Du Diesel, de l’essence sans plomb, du kérosène, du carburant à réacteur et même, de l’huile végétale. On rapporte même que le président du Mexique à l’époque, Adolfo Lopez Mateos, aurait testé sans problème un modèle avec de la Tequilla après s’être informé auprès des gens de Chrysler s’il pouvait tenter l’expérience. Fait impressionnant, le moteur tournait à 44 500 révolutions par minute.

Malheureusement, à la fin du programme, Chrysler a choisi de détruire 46 des véhicules qui avaient été produits. Cela signifie que neuf sont toujours existants. Ils se sont retrouvés aux mains de collectionneurs privés ou de musées. Du nombre, six ne sont plus fonctionnel alors que les trois autres peuvent toujours être utilisés.

Le célèbre animateur et comédien Jay Leno, qui possède une collection impressionnante de voitures anciennes, est propriétaire d’un des exemplaires toujours fonctionnel.

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Chrysler

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