Nouveau gros projet de Rue de Sèvres, « Infinity 8 » est une série prévue en 8 tomes mélangeant le space opera et la comédie romantique. Aux commandes, on retrouve Lewis Trondheim à la direction scénaristique et Olivier Vatine à la direction artistique. J’ai eu la chance de lire les deux premiers tomes.

Lors d’une croisière intergalactique du colossal vaisseau Infinity 8 comprenant 880 000 passagers, celui-ci se retrouve pris dans un amas d’artefacts gigantesque. 

Pour sortir de là, le capitaine, un extraterrestre de la race des Tonn Shär, enclenche la procédure 8. Il va convoquer 8 agents. Chacun d’entre eux aura 8 heures pour accomplir sa mission. Après les 8 heures, le capitaine fera un redémarrage temporel. Il reviendra en effet en arrière pour permettre à un autre agent de continuer la mission de son prédécesseur. Il pourra faire cette procédure seulement 8 fois, d’où les 8 opus prévus.

Les huit tomes d’Infinity 8 s’annoncent, à mon avis, comme étant pratiquement indépendants les uns des autres. En tout cas, les deux premiers volumes peuvent être lus séparément sans trop de problèmes. 

Dans le premier tome, Romance et macchabées, nous suivons une séduisante agente qui va devoir aller se promener en combinaison spatiale ultra moulante dans l’amas pour découvrir ses origines. Rendue dans cet amas, elle va toutefois devoir rebrousser chemin. La raison? Son vaisseau est attaqué par des nécrophages. Si elle ne fait rien, ce sera la fin de l’Infinity 8. Heureusement, elle va pouvoir compter sur l’aide de l’un de ces nécrophages qui s’est entre temps épris d’elle…

Dans Retour vers le Führer, la suite, nous suivons une autre agente, Stella Moonkicker. Si celle-ci est aussi charmante que sa prédécesseur, elle est, disons moins à cheval sur les règles. Elle va se retrouver embarquée dans une drôle d’histoire impliquant des nazis et la réincarnation d'Adolf Hitler en personne. Et comme les nécrophages, ceux-ci ne désirent qu'une seule chose : anéantir leur cher vaisseau.

La première chose que l’on remarque dans Infinity 8, autant dans le tome 1 que dans le second, c’est son fabuleux bestiaire. C’est rare que j’aie vu des aliens à l'apparence aussi éclatée. Des pieuvres étranges, des hommes roches imposants, des insectes terrifiants : chaque race extraterrestre étonne par sa singularité.

Bien sûr, Infinity 8 n’est pas la première série à mettre en scène des protagonistes aussi originaux. On n’a qu’à penser à Saga ou encore à Space boulettes. On sent d’ailleurs que les auteurs se sont inspirées de ces œuvres américaines. Pas surprenant que les deux premiers volumes adoptent un format « comics »…

Même s’il y a une certaine ressemblance, Infinity 8 se démarque des romans graphiques publiés au pays de l’oncle Sam par son humour corrosif. Les blagues sont plus crues, plus adultes, voire carrément sexuelles, ce qui est moins courant dans l’art séquentiel étasunien. Bref, on ne fait pas dans la dentelle. 

Si les nombreuses créatures d’Infinity 8 ne passent pas inaperçues, on ne peut malheureusement pas en dire autant des décors, notamment ceux de Retour vers le Führer. J’ai trouvé l’intérieur du vaisseau un peu trop vide et fade. Espérons que ce ne soit plus le cas dans les prochains opus.

Verdict

C’est un bon départ pour Infinity 8. Les deux premiers tomes sont une véritable surprise à tous les niveaux ou presque, même pour l’amateur de science-fiction qui croit avoir tout vu et tout lu. Reste à voir si les prochains volumes seront aussi rafraichissants.

 

Infinity 8, tome 1 - Romance et macchabées

Lewis Trondheim, Zep et Dominique Bertail

Rue de Sèvres

96 pages

 

Cote : 3,75 étoiles sur 5

 

Infinity 8, tome 2 - Retour vers le Führer

Lewis Trondheim et Olivier Vatine

Rue de Sèvres

96 pages

 

3,5 étoiles sur 5

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Rue de Sèvres

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