À peine sortie, déjà un collector ! Certains exemplaires de la plus radicale des Porsche 911, la R, pourtant commercialisée il y a peu de temps, se vendent déjà bien plus chers en occasion qu’en neuf. Une tendance que les responsables de la marque voient d’un mauvais œil et veulent éradiquer. Explications.

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Chère 911 R

Ah ! la Porsche 911 R ! Son moteur à plat atmosphérique et ses envolées lyriques enchanteresses. Sa transmission aux seules roues arrière qui demande un certain doigté. Sa boîte manuelle à 6 rapports, de série, et ses passages fermes et précis. Son poids contenu à 1370 kg, quand la GT3 RS, pourtant fluette, en fait 50 de plus. C’est très probablement ce que vous diront les quelques élus ayant eu l’occasion de la conduire. Car oui, il faut être sacrément chanceux pour pouvoir la conduire. Malgré les 192 000 € qu’elle exige au minimum, les 991 exemplaires (comme le numéro de la série actuelle, la 911 « 991 ») ont tous trouvé preneurs. Et si vous escomptiez attendre les premières occasions, prévoyez d’économiser encore davantage car les premières 911 R de seconde main se monnaient encore plus chères que les modèles neufs. Certains modèles dépassent allègrement le demi-million d’euros ! Une spéculation qui n’est pas vraiment du goût de la marque…

Comment expliquer qu’un tel modèle, à peine sorti, voit déjà sa valeur flamber de la sorte ? Évidemment, le prestige d’une marque a un impact significatif sur la cote d’un véhicule. Porsche est un grand nom de l’automobile, il n’y a donc rien d’exceptionnel à ce que les modèles de la firme allemande affichent des prix élevés à la revente. Pourtant, rares sont les Porsche qui se monnaient plus chères en occasion qu’en neuf. À cela s’ajoute donc d’autres facteurs. La rareté, en premier lieu. Mais également les solutions techniques retenues. Les Porsche à boîte manuelle se comptent aujourd’hui sur les doigts d’une main…

Les raisons de la colère

D’ailleurs, les acquéreurs de la 911 R se sont récemment plaints de la présence d’une boîte manuelle sur la GT3 de nouvelle génération. Pour eux, ce choix de transmission aurait une incidence négative sur la cote de la 911 R qui en avait jusque-là l’exclusivité. Ce qui n’a pas manqué de faire bondir les dirigeants de Porsche. Dans une interview accordée au journal britannique Car and Driver, le responsable de la gamme GT, Andreas Preuninger, a fait part de l’agacement des dirigeants quant à cette spéculation autour de la 911 R. Le fait d’avoir décidé de proposer une boîte mécanique sur la GT3 s’expliquerait tout simplement par la demande des clients. Surtout, cela poserait problème dans la mesure où on n’achèterait pas, selon lui, des voitures pour les revendre et « se faire de l’argent dessus ». Il est aisé de comprendre sa position tant cela représente un manque à gagner pour la marque qui aurait pu vendre les 911 R à un prix plus élevé sans que cela ne freine les intentions d’achat.

Pour lutter contre ce fléau, les équipes de Porsche ont promis de prendre des mesures radicales. La première d’entre elles est déjà connue : il s’agit de ne pas proposer auxdits clients qui ont revendus leur 911 R rapidement de pouvoir acheter une autre série spéciale à l’avenir. C’est un fait, les premiers à pouvoir profiter des modèles les plus exclusifs sont les clients les plus fidèles. Une opération qui n’a rien d’impossible pour Andreas Preuninger : « Nous ne fabriquons pas beaucoup de voitures and nous connaissons bien nos clients – nous aimons mettre un nom sur chaque voiture que nous fabriquons ». Suffisant pour mettre un terme à la spéculation ? Une chose est certaine, la 911 R est un excellent investissement. Alors, si vous avez la chance d’en posséder une, mieux vaut la garder le plus longtemps possible afin que sa cote continue à grimper…

 

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Source(s) image(s):
Luxury Car Magazine

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