On mentionne depuis plusieurs années que Buick est en pleine mutation. C'est vrai, mais les résultats se font quelque peu attendre. Transformer et rajeunir l'image d'une marque associée aux unités de gériatrie ne se fait pas du jour au lendemain, remarquez. C'est comme déplacer le Titanic ; ça prend un minimum de temps et d'efforts.

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Depuis une dizaine d'années, différents produits se sont ajoutés à la famille, parfois de façon heureuse, parfois moins. Dans le cas de l'Enclave, ses débuts se sont faits en 2008 et on peut parler d'une addition positive. Je me souviens d'avoir eu un premier contact concluant avec ce véhicule, même si son design n'avait rien pour attirer les jeunes.

Retapé depuis, voilà qu'il nous arrive entièrement repensé pour 2018. Clairement, la nouvelle mouture avance plusieurs arguments qui prouvent que la transformation tant attendue chez Buick a atteint un point de non-retour.

Examinons ça d'un peu plus près en décortiquant six points.

Avant, une simple mention sur le fait que notre premier contact avec le véhicule a été très court soit quelques heures seulement. Au volant, je n'ai pu parcourir qu'environ 25 kilomètres. C'est trop peu.

1) Design

On a récemment décidé chez Buick de briser certains liens avec la tradition. La première victime a été la grille en forme de chute d'eau. Ça se fait partiellement, cependant. La version essayée (Avenir), et photographiée, ne l'arbore pas. Sur les autres déclinaisons, elle est toujours visible, mais plus discrète. Ce qui domine, c'est cette moulure horizontale frappée du logo Buick. C'est joli et distinct. La coupure est plus radicale avec les ouïes que l'on a vues apparaître en 1949. Ne les cherchez plus Je n’ai rien contre la tradition, mais lorsqu'elle risque de mourir avec le produit, il y a lieu de réfléchir.

C'est donc un faciès aux lignes nouvelles et modernes qu'on nous propose. C'est le cas aussi à l'arrière. L'Enclave a gagné quelques centimètres ici et là, mais a perdu quelque 200 kg au passage. Sur la livrée essayée, l’Avenir, les roues de 20 pouces détonnaient l'offre est plus discrète lorsqu'on analyse les caractéristiques du modèle d’entrée de gamme.

Un élément m'a laissé perplexe  : la forme des rétroviseurs. Vous remarquerez que leur base n'est pas intégrée au flanc du véhicule. On dirait un germe qui pousse sur une patate. Moins de bruits de vent, promet-on. On devra s'y faire.

2) Versions

Parfois, on se perd lorsque vient le temps de configurer un véhicule. C'est excellent pour ceux qui aiment la personnalisation, un véritable casse-tête pour les autres qui cherchent à se simplifier la vie. L'Enclave penche vers cette deuxième approche. Il existe en tout trois habillages nommés Essence, Premium et Avenir. Le premier est le seul qui est proposé avec la traction c'est fait uniquement pour offrir un prix sous la barre des 50 000 $ (49 690 $) et attirer les gens en concession, une pratique marketing répandue qui m'agace. Ce n'est clairement pas ce modèle qui va intéresser la clientèle. Au total, 20 configurations seulement sont possibles.

3) Mécaniques

L'Enclave ne propose qu'un seul moteur, soit le V6 de 3,6 litres qui fait la pluie et le beau temps à travers la gamme de produits de la General Motors. On a retravaillé tout ce qui concernait l'échappement, question de faire passer la puissance à 310 chevaux et le couple à 266 livres-pieds. Au niveau du rouage intégral, on a droit à un système à double embrayage qui, aux dires de Buick, augmente l'adhérence en procurant un maximum de puissance aux roues qui possèdent la traction. Cette dernière peut être répartie à 100 % à l'avant comme à l'arrière. Là, elle peut être distribuée également de gauche à droite, selon le besoin. À mettre à l'essai lors de véritables conditions hivernales.

Une boîte automatique à six rapports est toujours d'office.

4) Présentation intérieure

C'est probablement ici que Buick progresse le plus. La présentation est au poil. Tout est moderne, à commencer par cet écran de huit pouces qui domine la console centrale. Nous n'avons pas eu le temps de l'explorer pour en découvrir les forces et les faiblesses, notre essai étant trop court.

L'instrumentation disposée devant nous est de bon goût et facile à consulter. Le confort des sièges est correct, sans plus. Se trouver une bonne position de conduite est un jeu d’enfant. Par contre, en tant que passager, j'aurais aimé pouvoir abaisser l'assise davantage.

Une excellente note dans l'ensemble, mais entachée par un irritant majeur le sélecteur de rapports. Voulant dépoussiérer son image et imiter les BMW et Mercedes-Benz de ce monde, Buick propose un petit levier où les rapports sont disposés de façon atypique. Pour avancer, ça va, mais lorsqu'on souhaite faire marche arrière, on se retrouve souvent sur le neutre ou en position d'avant. Sa manipulation n'est pas intuitive et même si le propriétaire s'y habituera, c'est inutilement compliqué. Modernité et complexité ne sont pas obligées de cohabiter, qu'on se le dise.

5)  Derrière

En montant à la deuxième rangée, on retrouve un espace généreux pour les passagers et le dégagement pour tous les membres est bon. Je n'ai pas été impressionné outre mesure par le confort des sièges, cependant. C'est correct, sans plus. Or, avec une facture autour de 65 000 $, on est en droit de s'attendre à un petit plus.

À la troisième banquette, le niveau de confort est plus spartiate, mais l'espace réservé aux jambes ne nous force pas dans une position d'inconfort. Les dossiers de cette dernière sont rabattables en proportion 60/40. Derrière, de la place pour quelques valises, même lorsque 6 ou 7 personnes sont à bord. Ça devient plus intéressant, bien sûr, lorsqu'on abaisse la troisième rangée. Au total, avec tous les sièges éliminés derrière les passagers avant, on libère 2743 litres de chargement. Impressionnant.

Et, en prime, on retrouve un espace de 90 litres sous le plancher complètement à l'arrière. Des ports USB sont même présents à la troisième rangée afin que tous puissent brancher leurs appareils.

La fonctionnalité est au rendez-vous.

6) Au volant

L'Enclave gagne aussi des points ici. Si la douceur de roulement est toujours dominante, nous avons découvert un véhicule mieux ancré au sol et dont les mouvements latéraux ont été réduits substantiellement en virage. Sans offrir une conduite inspirée, on se sent rassuré en enfilant les courbes.

Les 310 chevaux du moteur suffisent, mais un couple plus généreux à bas régime serait souhaitable. Si ça va à vide, ça se ressent d'avantage une fois chargé. Cela dit, la capacité de tractage a été portée à 5000 livres elle était de 4500 avec l'ancienne génération de modèle.

Enfin, un mot sur la transmission qui effectue un travail honnête. On réalise ses limites lorsqu'on malmène un peu plus l'Enclave. C'est comme si sa paresse nous rappelait à l'ordre ce véhicule n'est pas fait pour être brassé.

Conclusion

Vous nous permettrez de passer outre la kyrielle de caractéristiques de sécurité et d'aides à la conduite, passives et actives, qui peuvent être livrées avec l'Enclave. En fait, tout est à la portée de votre budget.

En somme donc, Buick fait un pas en avant intéressant, à défaut d'être révolutionnaire, avec ce modèle.

La division poursuit sa progression, elle dont les ventes prévues pour 2017 sont en voie d'atteindre celles de 2003 avant que sa descente aux enfers s'amorce.

 

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Source(s) image(s):
Daniel Rufiange, Buick

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