Lorsqu'on pense à une voiture exotique, on s'imagine la piloter sur un circuit ou une route de campagne sinueuse où il est possible d'enfiler les virages aux limites de l'adhérence de la voiture... ou de nos limites personnelles.

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Le dernier endroit où on la visualise, c'est bien dans la neige et la gadoue à -20 degrés Celsius. C'est pourtant dans ces conditions que j'ai récemment mis à l'essai la BMW i8, la sportive hybride enfichable de BMW.

Contexte

Règle générale, les voitures exotiques que les constructeurs mettent à notre disposition peuvent être réservées l'été. Cependant, en de rares exceptions, ces dernières demeurent sur la route pendant la saison hivernale. Ce fut le cas de cette i8 qui, il faut le spécifier pour ceux qui l'ignoreraient, est animée aux quatre roues, au même titre que la R8 d'Audi, par exemple.

J'avais déjà roulé la i8. C'était du vendredi 4 au samedi 5 septembre 2015. Je m'en souviens comme si c'était hier, mais pas pour les raisons que vous pourriez croire. En fait, le 4, je revenais d'un voyage de presse dans l'Ouest canadien et je devais me rendre à l'hôpital où ma mère était décédée dans la journée. J'avais cependant promis à un collègue que je récupérerais la i8 à mon retour pour la lui mener sur un plateau de tournage le lendemain matin. Je vous épargne les détails, mais disons que j'ai dû me déplacer promptement la béhème a été poussée.

Mes impressions sur la voiture ont ensuite été mises sur papier. Quand c'est fait, je n'ai pas tendance à réserver le même véhicule deux fois. Je préfère me concentrer sur d'autres modèles. Sauf que là, lorsqu'on m'a proposé de rouler ce bolide exotique dans la neige, je n'ai pu refuser, vous allez le comprendre.

Pas à sa place

En sortant le balai avec une auto de la sorte, il est clair que la première réflexion est de se dire qu'elle n'est pas à la place. C'est aussi la première impression que j'ai eue en prenant les commandes de cette créature alors qu'une fine couche de neige recouvrait le sol. Comment, en effet, exploiter le potentiel d'une super voiture de la sorte pendant que l'adhérence est à son minimum Surtout que ça demeure la vocation de la bête, on ne se le cachera pas. En fait, il fallait penser autrement.

Pas question ici de vérifier si les 362 chevaux combinés du moteur 3-cylindres de 1,5 litre ainsi que de l'unité électrique répondaient tous présents. Idem pour le couple, chiffré à 420 livres-pieds. Plutôt, c'est le travail des roues motrices qui allaient ici faire l'objet d'une attention particulière. La conception à ce niveau est unique alors que chaque essieu profite de sa mécanique et de sa transmission les roues avant sont animées par le bloc électrique via une boîte automatique à deux rapports pendant qu'à l'arrière, c'est le 3-cylindres qui envoie la puissance aux roues à l'aide d'une boîte séquentielle robotisée à six rapports.

Concrètement

Le résultat Pas mal plus étonnant qu'on pourrait l'imaginer. En fait, l'adhérence a été excellente en tout temps, que ce soit à l'accélération, en situation de virage ou au freinage. Bien sûr, j’ai dû y aller doucement avec la pédale. Il faut savoir que la i8 est plutôt légère, elle qui fait un usage important de matériaux comme l'aluminium et la fibre de carbone. Elle ne demande qu'à détaler, la petite.

Avec les aides à la conduite, il est plus difficile de l’envoyer en dérapage. En revanche, le sentiment de sécurité à bord y gagne. Pour réellement s’amuser, cependant, il faut désactiver quelques bidules, notamment ce qui nous empêche de faire patiner les roues à notre guise. Là, la i8 devient aussi plaisante que dangereuse à piloter dans la neige et sur la glace.

Ceux qui me connaissent se doutent bien que j'ai eu beaucoup de plaisir. Mon essai m'a également prouvé que cette voiture pouvait être utilisée à l'année. Son rouage travaille de façon magnifique, même lorsque la météo ne coopère pas.

Pour ce qui est de l'autonomie électrique, il est bien évident qu'avec une température de -20 degrés, cette dernière, qui se chiffre normalement à quelque 25 kilomètres, était moindre. Il ne fallait donc pas trop compter là-dessus, mais j'ai quand même réussi à franchir quelques kilomètres en mode électrique.

Ce qui a été le plus drôle, ç’a été de constater la réaction des gens à la vue de cette voiture recouverte de neige, de glace et de... calcium. On me regardait avec un air incrédule. Pour eux, elle n'était carrément pas à sa place.

Il est difficile de les contredire sur ce point. Si j'étais propriétaire de cette i8, elle serait fort probablement remisée l'hiver. Mais encore, lorsqu'on est capable de flauber 150 000 $ sur un bolide, on a les moyens de faire quelques folies, y compris s'amuser avec son jouet dans un blizzard.

Un essai que je n'oublierai pas de sitôt.

 

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Source(s) image(s):
Daniel Rufiange

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