12 ans. Déjà 12 ans depuis la parution du premier Crackdown. Je me rappelle d'ailleurs très bien de la première fois où j'ai joué à ce titre. C'était dans les bureaux d'une compagnie de relations publiques avec deux développeurs de cette aventure m'ayant totalement pris par surprise. Or, plus d'une décennie et deux opus plus tard, force est d'admettre que rien n'a bien changé avec Crackdown, pour le meilleur et pour le pire !

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Disponible sur: Xbox One, PC (compatible avec l'option Play Anywhere de Microsoft)

 

On n'y joue pas pour son scénario

Crackdown 3 propose l'une des histoires les moins originales et les plus génériques que j'ai vues depuis un bon moment. En fait, à l'instar des deux premiers jeux, vous personnifiez un agent d'une agence (voyez déjà ici toute l'originalité du scénario) spécialisée dans les opérations de masse visant à renverser des gouvernements despotiques. C'est ainsi qu'après avoir vu l'élimination de votre équipe par une attaque d'origine inconnue vous ayant littéralement laissé sans bras ni jambes, vous êtes catapulté dans la cité de New Providence afin de mettre à terre le gouvernement auto-proclamé de Terra Nova.

L'histoire de Crackdown 3 est tellement simpliste qu'elle pourrait tenir sur à peine une page. Vous êtes un agent modifié grâce à de la technologie futuriste très avancée et vous devez aller éliminer les gros méchants terrorisant la population sans réfléchir plus loin que le bout du canon de votre arme. C'est tout ? C'est tout. Il n'y a aucune profondeur au scénario et aucun personnage, qu'il soit gentil ou méchant, n'est attachant. En fait, l'histoire évolue à travers des dialogues vulgaires plutôt inintéressants ainsi que des cinématiques statiques n'ayant absolument rien d'accrocheur.

Donc, Crackdown 3, on n'y joue pas pour son scénario tant ce dernier est banal et peu développé.

 

On n'y joue pas pour ses éléments techniques

Exception faite de la cinématique d'ouverture mettant en scène un Terry Crews dans ce que Terry Crews sait faire de mieux lorsqu'il crie avec ses gros muscles, Crackdown 3 est une vive déception au niveau visuel. En fait, vous n'aurez pas à jouer bien longtemps avant de remarquer que les textures sont fades et que les environnements paraissent on ne peut plus vides. Certes, il y a une panoplie de bâtiments et New Providence compte bien des centaines d'habitants que l'on peut voir, mais tout est fade et donne l'impression d'être présent pour combler du vide plutôt que pour construire une cité vivante aux quartiers bien distincts. De plus, on nous promettait des environnements destructibles, mais à l'exception de petites structures derrière lesquelles on peut se protéger, rien ne peut être détruit. On est très loin de la destruction d'un Just Cause. C'est dommage, mais côté visuel, Crackdown 3 n'est pas un titre rivalisant avec des jeux de 2019.

Même constat au niveau sonore. Malgré certains dialogues de bonne qualité, le reste est répétitif et sans âme. La musique est quelconque, les effets sonores sont génériques et bien des acteurs semblent avoir poussé la note dans leur jeu, donnant droit à des extraits vocaux auxquels on ne croit pas toujours. Qui plus est, si vous jouez en français, tout ne sera pas traduit. Vous entendrez notamment votre agent prononcer des mots d'encouragement pour lui-même en anglais tandis que les citoyens de New Providence s'exprimeront constamment dans la langue de Shakespeare alors que tout autour d'eux est bel et bien en français. Étrange comme résultat lorsqu'on joue, surtout avec une bonne paire d'écouteurs sur les oreilles.

Bref, Crackdown 3, on n'y joue pas pour ses éléments techniques.

 

On n'y joue pas pour son originalité

Comme je le disais en introduction, Crackdown a laissé sur moi une très forte impression. Ce jeu à monde ouvert dans lequel on tirait sur tout ce qui bougeait et qui donnait une liberté de mouvement sans pareille était totalement surprenant et ce n'est pas pour rien qu'il est devenu l'un des jeux les plus appréciés sur Xbox 360.

Or, c'était en 2007. 12 ans plus tard, force est de constater que la franchise Crackdown n'a pas évolué. À quelques détails près, Crackdown 3 propose un style identique au tout premier volet de la série. Par exemple, désormais, vous pourrez faire sortir des mini-boss ainsi que des boss en attaquant des installations. Ce faisant, vous pourrez vous en prendre à ces ennemis plus coriaces et ainsi contrôler l'une des installations de Terra Nova. Néanmoins, ça demeure un détail mineur par rapport à l'expérience de base de la série qui, elle, n'a aucunement changé.

Même s'il s'est écoulé plus d'une décennie, j'ai eu l'impression de retourner en 2007 avec Crackdown 3. Vous devrez encore massacrer des milliers d'ennemis sans réfléchir, le défi du jeu reposant sur la quantité d'adversaires qui vous affronteront plutôt que sur leur intelligence inexistante. Vous devrez aussi amasser des orbes, soit ces fameuses boules lumineuses bien connues des amateurs de Crackdown. Au total, il y en a 1 000 dispersées à travers New Providence, soit 750 orbes d'agilité et 250 orbes secrètes qu'on identifie par le son qu'elles émettent. Toutes les récolter n'est pas nécessaire, mais ceux aimant terminer leurs jeux à 100% en auront encore pour plusieurs heures afin de les amasser !

Autrement, les cinq mêmes aptitudes pour votre agent qui étaient présentes dans Crackdown sont de retour dans ce troisième volet. Ainsi, vous recevrez de petites orbes dans les catégories de l'agilité, les armes à feu, les explosifs, la force brute et la conduite selon la façon dont vous jouerez. À force de récolter ces petites orbes, vous débloquerez de nouvelles compétences et améliorerez ainsi votre agent pour en faire un surhumain capable d'affronter des armées à lui seul. Or, il n'y a aucun arbre de compétences, les habiletés se débloquant automatiquement à mesure que l'on récolte des orbes. Et il n'y a pas non plus de nouvelles catégories de compétences pour votre agent, tout étant identique au premier Crackdown.

Donc, Crackdown 3, on n'y joue certainement pas pour son originalité et j'aurais clairement aimé que les studios (parce qu'ils furent cinq à s'échanger le projet au cours des années !) fassent preuve de plus d'ambition en tentant d'amener Crackdown ailleurs qu'en terrain connu.

 

On y joue pour quoi alors ?

Avec tout ce que je viens de mentionner, vous vous demandez peut-être pourquoi vous devriez jouer à Crackdown 3. En fait, celui-ci vaut-il la peine de s'y intéresser ne serait-ce qu'un tout petit peu ? Eh bien, la réponse est oui.

Malgré tous ses défauts, malgré la déception qu'il peut engendrer du fait qu'il est loin de ressembler à un jeu à monde ouvert de 2019, Crackdown 3 est un jeu très divertissant. Même si j'ai détesté sa réalisation, le manque d'originalité et d'ambition de ses concepteurs, son histoire banale, son mode multijoueur assez quelconque et ses activités extrêmement répétitives, je ne peux tout simplement pas nier le fait que Crackdown 3 est un jeu accrocheur dans lequel j'ai investi plus de vingt heures sans le regretter, et ce pour deux raisons.

Premièrement, Crackdown 3 est un grand défouloir. D'accord, les ennemis sont aussi bêtes que mon chat qui passe ses journées et se licher et à dormir, mais pouvoir les massacrer à l'aide de nos armes et de nos poings sans nécessairement nous-mêmes réfléchir est très, très satisfaisant. Parfois, on a juste besoin de ce genre de jeu. Qui plus est, le chaos qui peut être généré dans Crackdown 3 ne fait que décupler cette jouissance. Les séquences où l'on massacre des dizaines d'ennemis à pied tout en faisant exploser des véhicules ainsi que des drones ne sont pas rares. Mon seul bémol à ce niveau est que l'action peut devenir si intense à l'écran qu'on ne sait plus où donner de la tête jusqu'à finir par mourir tellement les ennemis nous tirent de partout. Ceci dit, contrairement à bien des jeux à monde ouvert, Crackdown 3 ne brille pas dans les détails, mais plutôt dans le plaisir qu'il procure à massacrer tout ce qui bouge sans réfléchir. Et là-dessus, le but est atteint.

Deuxièmement, Crackdown 3 offre toujours cette liberté de mouvement caractéristique de la série nous permettant d'aller où on veut quand on veut. Vous pouvez aller dans le district que vous désirez, faire les activités que vous voulez et tuer qui vous souhaitez sans que le jeu ne vous impose une quelconque barrière. Certes, on vous recommandera parfois d'effectuer certaines tâches avant d'autres, mais rien ne vous forcera à suivre cette ligne. De plus, pouvoir grimper n'importe où à l'aide des jetpacks de notre agent accentue exponentiellement le plaisir de se promener. Malgré la présence de véhicules, j'ai peu utilisé ces derniers, préférant de loin me catapulter avec les habiletés surhumaines de mon agent pour aller là où je le voulais bien, et ce même si la caméra ne suit pas toujours bien les immenses sauts répétés que l'on peut effectuer en une partie.

Voilà donc pourquoi on joue à Crackdown 3. On ne réfléchit pas dans ce jeu puisqu'on y plonge tout simplement pour se défouler. En bon québécois, Crackdown 3 est la définition d'un jeu dans lequel on a du bon gros fun sale !

 

Devriez-vous y jouer ?

Vous savez donc désormais pourquoi vous devriez ou non jouer à Crackdown 3. Si vous êtes à la recherche d'un jeu à monde ouvert axé sur les détails et approfondi comme le furent les récents Assassin's Creed Odyssey ou Red Dead Redemption 2, ce n'est pas pour vous. Or, si vous avez aimé Crackdown et cherchez plutôt un jeu dans lequel vous vous défoulerez en tirant sur tout ce qui bouge, Crackdown 3 vous procurera cette dose de plaisir recherchée. Si vous n'êtes pas certain d'un achat à plein prix, abonnez-vous temporairement au service Xbox Game Pass sur lequel le jeu est offert. C'est un investissement peu coûteux qui vous permettra de jouer à Crackdown 3 ainsi qu'à bien d'autres jeux par la même occasion !

En terminant, je suis conscient que des titres comme Just Cause 3 et 4 ainsi que Saints Row III et IV ont offert plus et mieux que Crackdown 3 dans les dernières années. Néanmoins, ce dernier mérite quand même un essai puisque même s'il ne remportera aucun prix, il s'avère intéressant dans la catégorie de jeux à monde ouvert à laquelle il fait partie. Crackdown 3 est divertissant et puisque le jeu vidéo est un divertissement, le jeu atteint son but malgré tous les reproches qu'on peut lui adresser !

 

Ce que vous aimerez:

- Tirer et massacrer tout sur son passage sans réfléchir

- Générer du chaos en faisant exploser tout ce qui bouge !

- La liberté de mouvement et la récolte prenante des orbes de la franchise Crackdown toujours présentes

Ce que vous n'aimerez pas:

- Crackdown 3 donne l'impression d'être un jeu ayant plus de 10 ans de retard

- Tout est très répétitif

- Au niveau technique, le jeu ne fait pas le poids par rapport à ce qui est lancé aujourd'hui dans le jeu vidéo

 

Note: 7 sur 10

 

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Source(s) image(s):
USGamer
Business Insider

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