« Crazy » Paul, un membre de gang de rue associé aux Bloods (Rouges), vient d'être condamné à purger une peine de huit ans d'emprisonnement pour avoir tenté d'assassiner un autre individu à Montréal-Nord. Les faits remontent au 4 juin 2010 alors que Paul a tenté de mettre fin aux jours d'un autre homme, sans l'atteindre. Le tribunal ne l'a pas reconnu coupable de tentative de meurtre, mais bien d'avoir déchargé une arme sans se préoccuper de la sécurité d'autrui.

Or, bien que la cause soit intéressante, l'un de ses éléments fait plutôt ressortir l'une des réalités au sein des groupes criminalisés, notamment les gangs de rue. Voici l'un des passages de l'article de Cyberpresse traitant du sujet et illustrant cet élément :

« Au procès, personne n'a voulu témoigner contre l'accusé de 32 ans, à l'exception de Jean, qui incriminera « Crazy » pour ensuite changer sa version des faits. La raison du conflit entre les deux hommes n'a jamais été précisée. »

Les gangs de rue sont souvent catégorisés comme étant des groupes « sans foi ni loi ». Cependant, il existe des règles au sein de ces bandes et l'une d'elles, très bien illustrée par ce cas, est celle de l'omerta, soit de ne pas moucharder ou « vendre » un autre membre de son clan. On ne voit rien, on n'entend rien et on ne dit rien, tout simplement. On la retrouve dans le « code de vie » de plusieurs gangs de rue à travers le monde, d'ailleurs.

Ainsi, même si la tentative de meurtre a eu lieu en plein jour, devant des dizaines de témoins, la Couronne n'a pu faire comparaître un seul d'entre eux sauf un individu, dont le témoignage s'est avéré nul puisqu'il a changé sa version des faits. Certains ne se sont vraisemblablement pas manifestés à titre de témoins par peur de représailles, mais d'autres n'ont tout simplement pas voulu témoigner afin de respecter la règle de l'omerta.

Plus qu'ailleurs, le dicton suivant s'applique au sein des groupes criminalisés : « La parole est d'argent, mais le silence est d'or ».

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