La 4e génération du RAV4 a récemment vu le jour. Plutôt que de dynamiser un de ses produits les plus prometteurs, Toyota a joué la carte du conservatisme lors du renouvellement de son populaire utilitaire. Est-ce qu'on a été trop passif?

Le Toyota RAV4 est, depuis des lustres, l'un des meilleurs vendeurs dans sa catégorie. À l'intérieur de la gamme Toyota, il était l'un des seuls véhicules agréables à conduire. En prime, il n'était pas laid du tout.
 
Si j'en parle de cette façon, c'est-à-dire au passé, c'est que celui-ci est passé sous le bistouri au cours des derniers mois et une nouvelle génération nous est arrivée. Plus grosse, moins belle, moins intéressante à conduire; voilà comment résumer en une phrase cette dernière.
 
Alors que Toyota avait une occasion en or, soit celle de rendre encore plus intéressant un produit qui montrait beaucoup de promesses, voilà qu'elle a joué, encore une fois, la carte du conservatisme à outrance. Le résultat est décevant, surtout au plan de la forme.
 
Sur papier

Lorsqu'on conçoit un produit chez Toyota, les esprits rationnels se rencontrent. On pense à tout, on tente de tout prévoir et on ratisse large en essayant de créer un produit qui va plaire au plus grand nombre de consommateurs possibles. C'est ce qu'on a fait avec ce nouveau RAV4. Son habitacle est plus spacieux, plus fonctionnel. Sa mécanique est désormais unique et plus efficace sur le plan énergétique. Son style… enfin, son style est très à la mode, selon Toyota.
 
Sur papier, c'est une réussite. Même sur la route, on ne peut lui reprocher grand-chose. Tout est… sans reproche.
 
Le problème, il est un peu là.
 
L'émotion

Si on éprouvait un certain plaisir à prendre le volant de l'ancienne génération du Toyota RAV4, c'est désormais terminé. L'émotion a été remplacée par la raison. L'acheteur se portera acquéreur d'un RAV4 parce qu'il en a besoin, parce qu'il représente un bon achat et parce qu'il va continuer de s'avérer l'un des produits les plus fiables qui soient.
 
Il ne l'achètera plus parce qu'il est porteur d'émotions.
 
Est-ce mal?
 
Pas nécessairement, mais là où ça me fait pester, c'est que l'un n'empêche pas l'autre. Il est possible de mettre sur la route un véhicule pensé pour son côté pratique ET qui est porteur d'émotions.
 
Il faut croire que chez Toyota, on est toujours à la recherche de cette recette.
 
Conclusion

Si le RAV4 était sur votre liste d'achat, vous pouvez y aller gaiement. Ce véhicule va vous rendre de précieux services et représente un bon achat. Cependant, soyez averti que le mot plaisir ne lui est plus associé.
 
Sa conduite est devenue neutre, son comportement routier le met en marge de celui de ses concurrents et esthétiquement, il est aussi intéressant à regarder qu'un nuage rempli de pluie.
 
La concurrence est forte dans le segment ; si j'étais acheteur, je regarderais désormais ailleurs.
 
En bref
Moteur : 4 cylindres de 2,5 litres
Consommation : 8,3 litres aux 100 kilomètres
Prix : 25 705 à 33 615 $
 
On aime :
- Consommation intéressante
- Fiabilité Toyota
- Côté pratique
 
On aime moins :
- Conduite aseptisée
- Forte tendance au tangage
- Style discutable
- Direction offrant peu de rétroaction

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