Avec son album « Seule ce soir », sorti l'année dernière, la chanteuse Emilie-Claire Barlow a montré, d'une part, qu'elle aimait les Québécois et, d'autre part, qu'elle pouvait également très bien chanter en français. À l'automne dernier, elle avait charmé le public lors d'un spectacle dédié à cet album. Pour le plus grand plaisir des festivaliers, la chanteuse a répété l'expérience lors d'une soirée mémorable au Théâtre Maisonneuve.

Une première partie endiablée
 
En première partie, nous avons eu la chance d'entendre le pianiste Michael Kaeshammer. Pour ceux qui ne le connaissent pas, ce musicien canadien est spécialisé notamment dans le boogie-woogie (une manière pianistique d'interpréter le blues).
 
Pendant les 45 minutes qu'a duré sa prestation, il a littéralement enflammé la salle du théâtre Maisonneuve. On avait souvent l'impression qu'il avait deux paires de mains tant il y avait des notes qui sortaient de son piano. Il était accompagné par plusieurs musiciens qui ont, à l'instar du leader du groupe, interprété des solos endiablés. La performance du batteur demeure parmi les plus mémorables que j'ai vus pendant cette édition du Festival international de jazz de Montréal.
 
Une chanteuse souriante et généreuse
 
Après l'entracte (où Kaeshammer a eu la gentillesse d'autographier quelques-uns de ses albums que l'on pouvait acheter pour l'occasion), la sublime Emilie-Claire Barlow est arrivée sur scène. Elle portait une jolie robe blanche. Elle était accompagnée de plusieurs musiciens (piano, guitare, batterie, contrebasse, trompette, saxophone et flute) qui, eux aussi, s'étaient mis sur leur 31.
 
Visiblement contente de chanter chez nous, elle a lancé à la foule, en début de spectacle : « Montréal, je t'adore ! » Elle l'a d'ailleurs prouvé tout au long de la soirée en interprétant, bien sûr, quelques chansons en anglais (comme la magnifique The Things We Did Last Summer avec accompagnement de contrebasse), mais, surtout, des pièces de Seule ce soir.
 
Le public a ainsi eu droit entre autres à Petit Matin, La Plus Belle Pour Aller Danser, Ces Bottes Sont Faites Pour Marcher, Comme Je Crie Comme Je Chante et Des Croissants De Soleil. Chacune d'entre elles a été interprétée avec une aisance et une grâce déconcertantes.
 
Vers le milieu du concert, elle a indiqué aux gens que, pour elle, c'était une récompense d'être ici. D'ailleurs, elle était fière de révéler que sa mère et sa tante étaient dans la foule pour la voir.
 
Par la suite, elle a raconté une drôle d'anecdote qui lui est arrivée à l'hôtel juste avant le spectacle (elle n'a eu qu'une heure pour se préparer). Elle avait, en effet, oublié les produits pour ses cheveux et avait demandé l'aide de sa mère. Pendant qu'elle l'attendait, l'une des 2 portes de sa chambre s'est refermée en se barrant, l'empêchant d'y retourner. Résultat : elle n'a pas pu mettre toute l'attention nécessaire pour avoir de « beaux » cheveux pour le concert. Personnellement, je me suis bien peu préoccupé de sa chevelure, qui était, au passage, fort présentable. J'étais comme bien d'autres spectateurs de l'amphithéâtre (la salle était bondée) venu pour l'entendre.
 
Deux surprises
 
Elle a réservé deux belles surprises au public montréalais. Son pianiste a, l'espace d'une chanson, laissé sa place à Julie Lamontagne. Ensemble, elles ont superbement joué Comme je crie.
 
Mais la plus grosse surprise de la soirée a sûrement été l'arrivée sur scène du titanesque Oliver Jones qui a, on s'en doute, été ovationné par la foule en délire. Elle a confié aux spectateurs que c'était la première fois qu'elle partageait la scène avec cette légende vivante du jazz.
 
Elle a interprété Les Moulins de Mon Cœur de Michel Legrand (la première fois qu'elle la chantait) et You Make Me Feel So Young. Il s'agissait sûrement du moment le plus intense de la soirée.
 
Tout au long du spectacle, elle a également laissé une très grande place aux musiciens qui ont tous interprété des solos inspirés. Elle-même y est allée de quelques vocalises de haut niveau.
 
Emilie-Claire Barlow aime le français et ce spectacle merveilleux le prouve encore une fois. 

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