Un célèbre adage dit : « Pourquoi faire simple lorsqu'on peut faire compliqué ? » J'ignore si les responsables de la division Xbox de Microsoft l'ont trop bien intégré, mais force est d'admettre que la Xbox One soulève beaucoup plus de questions qu'elle ne génère d'excitation, du moins jusqu'à présent. La console est si compliquée à comprendre que cela risque de se retourner contre Microsoft si elle ne rectifie pas le tir. Pourtant, tout aurait pu être tellement plus simple.

Depuis son dévoilement le 21 mai dernier, on ne cesse de se poser des questions au sujet de la Xbox One et bien franchement, Microsoft semble elle-même ignorer ce que permettra ou empêchera sa propre console. Lorsque des questions sont posées à la firme américaine au sujet des jeux usagés, de la connexion Internet, des Succès, de l'emploi de Kinect ou bien sur autre chose relié à la console, Microsoft n'offre que des demi-réponses en ajoutant que ces dernières sont « tout ce que nous pouvons vous dire pour l'instant ».

Peut-être Microsoft garde-t-elle certains secrets au sujet de la Xbox One pour plus tard, mais dans la tête de monsieur et madame tout le monde, ces réponses évasives donnent davantage l'impression que la compagnie elle-même n'a pas encore assis toutes ses décisions et ignore encore ce qu'offrira sa prochaine console. À quelques mois de son supposé lancement, disons que c'est inquiétant, d'autant plus que certains ingénieurs ont déclaré, sous le couvert de l'anonymat, que le développement de la console serait « en retard d'environ six mois sur son échéancier ».

Malheureusement pour Microsoft, les quelques réponses claires qu'elle offre au sujet de la Xbox One ne rassurent aucunement les consommateurs. En fait, c'est même le contraire qui se produit. Pourquoi ? Parce que la console semble si compliquée qu'elle perd l'acheteur potentiel. Par exemple, on nous dit que nous ne pourrons revendre des jeux que dans certains magasins approuvés par Microsoft. D'accord, mais quels seront-ils ? Personnellement, je n'ai pas envie de me casser la tête à savoir où je vais pouvoir revendre l'un de mes jeux. Je veux pouvoir décider où le revendre selon les spéciaux proposés afin de maximiser ma valeur de rechange et non me faire dire où je peux aller.

Par ailleurs, on devra obligatoirement se connecter à Internet une fois à chaque 24 heures pour pouvoir jouer (voir ici pour s'authentifier auprès de Microsoft et s'assurer que nous jouons légalement à nos jeux). Si on joue avec notre compte sur une autre console, ce sera une fois à chaque heure. Bref, adieu les parties de Xbox One au chalet où il n'y a pas d'Internet. Votre console sera aussi caduque si une panne d'Internet survient. Je sais, ce n'est pas fréquent, mais ça arrive quand même à l'occasion.

Aussi, on nous dit qu'on ne pourra prêter un jeu qu'à une seule autre personne et qu'on devra être « ami » avec cet individu depuis au moins un mois. Donc, est-ce à dire qu'on ne pourra plus louer de jeux dans nos clubs vidéo ? Et comment Microsoft déterminera-t-elle qu'un de nos amis l'est depuis au moins un mois ? En vérifiant depuis combien de temps il est dans notre liste d'amis ? Si c'est le cas, ça reviendrait à dire qu'on ne pourra prêter un jeu qu'à une seule personne avant au moins un mois à partir du moment où l'on se procurera la Xbox One ? Ou bien est-ce autre chose et je suis complètement dans le champ ?

C'est compliqué tout ça, n'est-ce pas ? Eh bien, c'est exactement pourquoi Microsoft s'enfonce elle-même dans un immense bourbier depuis le 21 mai dernier. Quand on regarde les informations disponibles au sujet de la console, on devient mêlés. Et quand on regarde les restrictions qui viendront avec la prochaine machine de Microsoft, on est découragés. Le joueur, le vrai, ne veut pas avoir à composer avec tout cela et est à l'avance lassé par toutes ces limites imposées par Microsoft. Celui ne s'y connaissant que peu en jeux vidéo se perd et abandonne à comprendre une console trop compliquée pour rien.

Personnellement, la Xbox One représente un beau paradoxe. D'un côté, Microsoft s'est vantée de créer une machine tout-en-un afin de simplifier l'usage des appareils multimédia dans le salon. De l'autre, la firme américaine perd les consommateurs avec toutes sortes de limites et informations compliquées face auxquelles elle ne rassure que très peu de personnes avec des demi-réponses et des « c'est tout ce que nous pouvons dire pour le moment ». La console simple est finalement devenue une boîte ardue à comprendre.

Microsoft a une grande pente à remonter pour convaincre tous et chacun que sa machine n'est pas si compliquée et qu'il sera possible d'en profiter pleinement sans devoir se casser la tête. Or, même si la firme annonce plusieurs titres fort intéressants, je ne pense pas que ce sera suffisant pour générer un réel engouement envers la Xbox One. Microsoft doit réellement rassurer les consommateurs et éliminer les craintes de ces derniers ayant été générées par ses annonces imprécises. Si elle ne parvient pas à le faire, Sony et Nintendo (eh oui !) pourraient bien lui couper l'herbe sous le pied et reléguer la Xbox One au dernier rang avec leurs consoles moins compliquées et, par le fait même, plus alléchantes.

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