Dans la dernière chronique, j'ai raconté le drame d'un père qui a perdu son fils par suicide. Dans une situation aussi extrême, la sensibilité des hommes est évidemment visible. Mais qu'en est-il de la vie de tous les jours?

Bien souvent, leur sensibilité se manifeste dans des situations graves ou particulièrement intenses : une rupture amoureuse, un deuil, une perte d'emploi, une faillite, une maladie grave. Leur émotivité s'exprime aussi dans des événements exceptionnellement agréables : la victoire dans un championnat sportif, une médaille pour un acte de bravoure, un témoignage élogieux pour une contribution professionnelle, un anniversaire particulier.
 
Dans ces moments hors de l'ordinaire, les hommes se permettent de montrer leurs réactions émotives. Mais peuvent-ils également être sensibles aux petites choses de la vie? Oui, il y a des hommes qui en sont capables. Et quelles sont ces petites choses de la vie? Le rire cristallin d'un enfant, les grosses larmes de chagrin qui roulent sur ses joues, le sourire radieux d'une jeune fille de 15 ans vivant son premier amour, sa tristesse infinie d'avoir été trahie par sa meilleure amie, la fierté envers un fils qui a gagné une compétition, sa peine d'avoir été oublié dans une fête d'amis, l'expression de bonheur d'une conjointe venant d'apprendre qu'elle est enceinte, sa déception de ne pas avoir été choisie pour une promotion, le nouveau départ d'un ami qui a vaincu le cancer, son désarroi devant un conflit avec son fils …

Il y a tant d'occasions qui peuvent nous émouvoir et contribuer à nous rapprocher des autres. Mais est-ce qu'on y prête assez attention? Trop souvent, on passe à côté sans les voir, sans les percevoir et c'est dommage parce que ce sont ces petites instants qui donnent un sens profond à la vie.
 
Une simple petite attention chaque jour nous rendra plus heureux, plus humains et plus vivants.
 

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