Le courage
Sauf cas de mauvaise foi, l’insécurité fait peur. Autrui fait peur. Oui, j’y souscris, autrui nous fait peur! Tout le monde veut mener une vie sécuritaire. C’est légitime. Personne ou presque ne veut aller au large, c’est-à-dire risquer. Dans un monde où prime l’image où la publicité mène le monde, comment adopter un autre style de vie?
Sciemment ou inconsciemment nous sommes devenus « prisonniers » du paraître. Le paraître a pris le dessus l’être (to be)! Nous avons cessé d’être nous-mêmes, des êtres agissants. Nous sommes désormais agis par le mensonge, le paraître, le semblant, l’avoir l’air ou le passer pour! Progressivement mais inexorablement, nous nous sommes installés dans une sorte de métamorphose inachevée. Nous ne nous poser cette question de Don Diègue[1] à son fils : « Rodrigue as-tu cœur? »
Pourtant, cette question nous interpelle individuellement et collectivement. Elle est une invite à briser les verrous de la peur et du mensonge que constituent le maquillage du monde actuel et la spirale du paraître, du semblant de la vie. Sans  autoflagellation, mais en toute liberté individuellement et collectivement avec courage, nous devons retrouver l’authenticité de la vie, le cœur de la vie! 
Pourquoi vivre comme alors que nous ne le sommes pas? Pourquoi nous mentir à nous-mêmes, à ma blonde ou à mon chum? Pour le paraître, le faire semblant? Tout cela tiendra un moment, le temps d’une rose puis s’écroulera.
Allons au fond de nous-mêmes. Lucidement regardons-nous dans la glace pour retrouver notre essence première, celle qui fait de moi la femme ou l’homme vrai-e, authentique. Lucidement se regarder dans la glace, c’est aller au large affronter la houle de mensonges enfouis en nous-mêmes. C’est en affrontant stoïquement les difficultés économiques et sociales que nous nous définissons. "L'homme se découvre quand il se mesure à l'obstacle[2]". Alors sortons de nos mensonges, de nos peurs et de celles des autres pour découvrir l’autre et par ricochet nous découvrir nous-mêmes. Ou encore pour tout simplement découvrir « tout ce qui est beau et ce qui est moins beau en nous » et le présenter à ma blonde, à mon chum « ce que je vis et tel que je suis » : vari, authentique.

[1]Pierre Corneille (1606-1684), Le Cid (1637) [2] Antoine De Saint-Exupéry, Terre des hommes.

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