BORNES ÉLECTRIQUES

Mercredi, l'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) lançait la 23e édition de la Semaine nationale de prévention du suicide. Pour mieux comprendre ce qu'est le suicide, voici quelques signes avant-coureurs qui peuvent laisser penser qu'un homme va s'enlever la vie.

Le suicide au Québec, c'est plus de 1000 morts par année!

Même si le nombre diminue légèrement année après année, environ trois Québécois par jour s'enlèvent la vie. En 2010, il y a eu, selon les chiffres de l'Institut national de santé publique du Québec, 1089 suicides. En 2011, les experts s'attendent à ce que le nombre de victimes soit similaire.
 
André Landry, président de l'AQPS, a, en conférence de presse, donné quelques suggestions pour que ce triste bilan s'améliore. Les autorités devraient, dans un premier temps, accroître le soutien à l'aide téléphonique et à l'aide octroyée après une tentative de suicide. Des outils devraient également être mis en place sur Internet pour cibler le plus de gens possible. En fait, il devrait y avoir des outils pour la prévention du suicide dans toutes les sphères de la vie (vie privée, travail, etc.). Ils devraient aussi viser tous les groupes de la population étant donné que le suicide est multifactoriel.

Chez les hommes, le suicide est la première cause de mortalité des 15 à 45 ans. De plus, 90 % des hommes qui se suicident sont atteints de dépression. Même si l'image de l'homme a changé depuis les dernières années, beaucoup ont peur de parler de leurs émotions. Pour certains, demander de l'aide représente un signe de faiblesse. 
 
Des facteurs qui réduisent ou augmentent les risques de suicide

Il existe plusieurs facteurs pouvant amener quelqu'un à commettre l'irréparable. Les facteurs prédisposants renvoient au passé de la personne. Il peut s'agir d'abus lorsqu'elle était jeune, de violence ou encore d'une maladie mentale.
 
Le risque peut aussi être plus élevé lorsqu'une personne manque de ressources; c'est ce qu'on appelle les facteurs contribuants. Enfin, des évènements importants de la vie, telles une peine d'amour ou une perte d'emploi, peuvent accentuer les risques. Dans le jargon, on les appelle les facteurs précipitants.
 
Heureusement, il existe des solutions pour diminuer l'impact de ces trois facteurs. Les facteurs de protection agissent un peu comme des solutions. Une personne qui a beaucoup de ressources à sa disposition aura, la plupart du temps, moins de risque de se suicider.
 
Les signes avant-coureurs

Un homme qui veut se suicider peut envoyer des messages clairs à son entourage. Il peut avouer à ses proches qu'il pense souvent à se tuer ou qu'il ne tient plus à la vie ou encore, que plus rien ne le retient sur cette Terre. Ces messages directs ne devraient pas être pris à la légère et vous devriez agir pour venir en aide à la personne ou l'aider à trouver les ressources nécessaires pour qu'elle s'en sorte.
 
Mais il existe aussi des messages indirects qui peuvent être un peu plus difficiles à déceler. Une personne qui vous dit qu'elle a fait son testament ne veut pas nécessairement s'enlever la vie. Cependant, si elle ajoute qu'elle ne souhaite plus déranger personne et qu'en mourant, elle n'aura plus de problèmes, il faut peut-être agir.
 
De plus, certaines actions posées par l'un de vos proches peuvent être considérées comme des signes avant-coureurs du suicide. À titre d'exemple, une personne peut faire don de ce qu'elle a de plus cher (comme une collection de timbres ou de cartes de hockey, ou un bijou précieux offert par sa mère), peut parler du courage des gens qui s'enlèvent la vie ou peut soudainement refuser de sortir de chez elle en ne donnant plus de nouvelles à sa famille et à ses amis.
 
Des signes biologiques peuvent aussi être décelés. Le sommeil de la personne peut être perturbé. Elle peut dormir plus longtemps ou ne pas dormir de la nuit. Elle peut également avoir un rapport malsain avec la nourriture. Elle peut manger beaucoup plus ou encore ne rien avaler de la journée. Elle peut enfin avoir des problèmes de santé comme des maux de tête.
 
Finalement, si votre conjoint est souvent triste ou irritable, qu'il n'a plus de désir sexuel et qu'il a perdu intérêt dans tout ou presque, c'est qu'il pense peut-être au suicide. 
 
Agir, avant qu'il ne soit trop tard

Si vous connaissez un homme dans votre entourage qui vous semble penser au suicide et qui ne veut rien savoir de ce que vous lui dites, demandez à sa famille et à ses proches de vous venir en aide. Vous serez ainsi plusieurs à l'épauler et pourrez plus facilement le convaincre d'aller chercher de l'aide. 

En ce qui concerne les ressources disponibles pour venir en aide aux gens ayant des idées suicidaires, l'Association québécoise de prévention sur le suicide est une ressource incontournable. Elle dispose d'une ligne téléphonique d'aide : 1 866 277-3553 (1 866 APPELLE).
 
Il y a aussi beaucoup de centres de prévention du suicide. Pour consulter la liste par région, rendez-vous ici.
 
Sources :
 
- Association québécoise de prévention sur le suicide
 
- Centre d'écoute et de référence
 
- Suicideprevention.ca
 
- Canal Vie : Le suicide chez l'homme

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