« Couleur de peau : Miel » est l'adaptation de la bande dessinée de Jung publiée aux Éditions Quadrants/Soleil. Dans ce récit autobiographique, on suit le parcours d'un jeune Coréen né en 1965 et adopté par une famille belge en 1971. Ce portrait intimiste nous montre les hauts et les bas de l'adoption internationale du point de vue du principal intéressé : l'enfant adopté. À qui s'adresse ce film d'animation? Est-il de qualité? Réponses ici-même!

Entre dessin traditionnel et animation
 
Le film mélange le dessin animé traditionnel, l'animation et le documentaire. En effet, quelques brèves scènes du film nous montrent Jung « en vrai » revenir sur la terre de ses ancêtres ou par l'entremise d'images d'archives enregistrées quand il était jeune. Pour le reste, le réalisateur a préféré procéder avec de l'animation. La transition entre ces différentes approches se fait d'une manière assez fluide. Les plus jeunes cinéphiles risquent cependant d'être un peu déstabilisés par cette façon de faire peu conventionnelle, surtout lors des premières minutes de projection. 
 
Les animations sont par ailleurs très bien réussies. Le style graphique des personnages est original, sans pour autant être trop extravagant. On se rapproche quand même visuellement de la réalité. On est bien loin des « petits bonhommes » aux grandes têtes et aux petits corps. Personnellement, j'ai trouvé que les personnages collaient parfaitement à l'histoire. Le même constat s'applique aux environnements.
 
Un film touchant qui vise large
 
Même si Couleur de peau : Miel prend la forme d'un film d'animation qui se destine d'abord aux enfants, les adultes peuvent aussi avoir beaucoup de plaisir à le visionner puisqu'il aborde plusieurs thèmes sérieux comme le déracinement, l'amour maternel, l'identité et la reconnaissance des autres.
 
Les premières minutes du film sont consacrées à l'arrivée du petit chez ses nouveaux parents. Toute la famille est excitée de voir arriver le dernier membre de la famille. Comment vont réagir ses nouveaux frères et sœurs? Vont-ils bien l'accueillir? Vont-ils être jaloux de lui? Il est somme toute bien accueilli par la famille et semble s'intégrer rapidement. Mais, malheureusement, la lune de miel sera de courte durée.
 
Jung peut parfois avoir l'air d'un enfant difficile. Lorsqu'il est écolier au primaire, il est tout le contraire du gentil petit garçon. En effet, il falsifie son bulletin, fait des mauvais coups avec ses frères et sœurs, et ment à ses parents. Mais est-ce une pomme pourrie pour autant? Tout cela ne cacherait-il pas quelque chose de plus profondément ancré en lui?

Malheureusement, tout cela ne s'arrange pas avec l'âge. À l'adolescence, il y a comme une fracture qui se crée entre l'adopté et sa famille. Jung n'a plus peur de dire ce qu'il pense et de confronter ses parents. Mais bon, qui n'est jamais passé par là quand il avait 15 ans?
 
Le film met beaucoup l'accent sur la relation mère adoptive-fils adoptif. Ayant été abandonné tout jeune, c'est comme si Jung cherchait constamment à combler un vide. Malheureusement pour lui, sa mère adoptive n'est pas très habile pour montrer ses sentiments. Alors, comme beaucoup d'enfants placés dans les mêmes circonstances, il va tenter d'attirer l'attention de ses parents adoptifs par tous les moyens (dont ceux mentionnés plus haut). Il recevra de l'attention, mais peut-être pas celle qu'il désirait obtenir. 
 
Couleur de peau : Miel traite de sujets délicats. Fort heureusement, on n'entre pas dans le sentimentalisme ou la contemplation maladive. Le réalisateur préfère souvent passer par l'humour pour nous révéler ce que pense réellement son personnage. Certaines réflexions sont tout simplement inoubliables. Et c'est cette bonne dose d'humour et de réflexion enfantine qui permet au film de viser un public plus large. Les enfants vont comprendre certains éléments et les adultes, d'autres. Tout le monde y trouve son compte.
 
Verdict
 
Depuis la fin de la guerre de Corée, 200 000 enfants ont été adoptés à travers le monde. Couleur de peau : Miel nous permet de suivre pendant plusieurs années la quête d'identité de l'un de ces jeunes. Même si Jung a préféré utiliser le film d'animation comme média, il ne faudrait pas prendre ce long métrage à la légère; bien au contraire. Tous les ingrédients sont là pour en faire une production touchante et inspirante, qui va plaire aux petits, mais surtout aux grands. 
 
Cote : 4 étoiles sur 5
 

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