Alain Bouchard, président et chef de la direction d’Alimentation Couche-Tard, est en voie de réaliser l’exploit d’ajouter 2300 magasins à son réseau par sa tentative d’acquisition de 2,8 milliards de $ US sur les dépanneurs et stations-service de la société norvégienne Statoil Fuel & Retail. Des obstacles se dressent, cependant, et l’entreprise québécoise aux 5817 succursales retient plus que jamais l’attention dans l’actualité économique au Québec ces jours-ci.

« Cela faisait cinq ans que nous cherchions la bonne opportunité en Europe », expliquait M. Bouchard le 18 avril dernier au moment de commenter ladite transaction, qui propose aux actionnaires de Statoil Fuel & Retail une prime financière de 53 % sur le cours de clôture précédant l’annonce de l’offre d’achat. Le succès de l’opération permettrait à Couche-Tard de devenir une chaîne de magasins d'accommodation de premier plan à l'échelle mondiale et de compter plus de 71 000 employés, une fois l’intégration complétée.

Le 21 mai, cependant, Alimentation Couche-Tard s’est vue dans l’obligation de prolonger jusqu’au 29 mai son offre pour acquérir au moins 90 % des actions émises de Statoil Fuel & Retail en échange d’une contrepartie en espèces de 51,20 couronnes norvégiennes par action, tout en se disant déçue de l'intérêt initial des actionnaires qui semblent vouloir s’accrocher à leurs titres respectifs dans l’espoir d’en retirer davantage que la somme proposée.

« Nous demeurons fermement convaincus que notre offre reflète une valeur juste et entière pour Statoil Fuel & Retail et croyons que ses actionnaires choisiront d'en tirer parti en déposant leurs actions avant le délai du 29 mai », a affirmé par voie de communiqué M. Bouchard, optimiste, s’appuyant notamment sur le fait que les marchés boursiers à l'échelle mondiale et plus particulièrement en Europe se sont repliés de façon significative depuis le dépôt de sa proposition.

Décidément, l’incursion de la québécoise à l’international ne se fait pas sans difficulté, malgré l’expertise acquise par celle-ci dans les dernières décennies. Perrette (1994), Provi-Soir (1997), Wink’s (1997), Mac’s, Mike’s Mart et Becker’s (1999), Bigfoot (2001), Dairy Mart (2002), Tabatout (2002), Circle K (2003), Spectrum (2006) et All Star (2007) sont quelques-unes des bannières d’importance s’étant greffées à Couche-Tard au fil du temps.

En 2010, Alimentation Couche-Tard avait annoncé qu’elle abandonnait son offre publique d’achat visant l’acquisition de Casey’s General Stores pour une somme en numéraire de 38,50 $ l’action à la suite d'une longue bataille avec le conseil d’administration de la cible convoitée, qui se refusait de négocier avec les dirigeants de l’entreprise québécoise.

« Couche-Tard a abordé cette possibilité de manière méthodique, et notre principe de base a toujours été qu’une transaction doit créer de la valeur pour nos actionnaires », avait affirmé M. Bouchard. « Nous sommes résolus à continuer d’appliquer cette philosophie qui a fait ses preuves et en offrant une croissance et de la valeur à nos actionnaires », concluait-il alors.

Loin d’abandonner, l’homme d’affaires - qui siège également au conseil d’administration d’Atrium Innovations et qui est impliqué dans un nombre impressionnant d’activités de collecte de fonds - s’était alors rabattu sur 33 magasins corporatifs d’Exxon Mobil opérant sous la bannière « On the Run » en Louisiane aux États-Unis.

Alors que tous les experts s’entendent pour dire que cette acquisition serait excellente pour Alimentation Couche-Tard, ne reste qu’à voir si les actionnaires de Statoil Fuel & Retail abandonneront leurs titres selon les modalités proposées par l’équipe de M. Bouchard. Si tel est le cas, cette acquisition serait le plus récent tour de force du dirigeant, un gars de chez nous, déterminé et visionnaire, qui a gravi les échelons un à un depuis son emploi de gérant de magasin chez Perrette Dairy Ltée en 1968.

Sources : Site corporatif de Couche-Tard & CNW Telbec

Image : PhotoXpress

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