Qui ne connaît pas « Le Magicien d'Oz »? Ce roman pour enfants, sorti en 1909, a eu droit à quelques adaptations. Disney a décidé de s'attaquer à ce chef-d'œuvre avec sa nouvelle production « Oz le magnifique ». Est-ce qu'elle a tous les éléments nécessaires pour passer à l'histoire?

Un gars comme les autres
 
Oscar « Oz » Diggs (James Franco) est un gars comme les autres. Pour se faire un peu de fric, il travaille comme magicien dans un cirque ambulant au Kansas. Il est égoïste, menteur et cupide. Il n'a aucun remords à mentir aux autres pour arriver à ses fins.
 
Alors qu'il se fait pourchasser par l'homme fort de la troupe, pour on ne sait quelle raison, il prend la fuite dans un ballon gonflable. Sa joie va cependant être d'assez courte durée puisqu'il est aspiré par une tornade. Après avoir frôlé la mort, notre charismatique héros se réveille au pays d'Oz.
 
Le fait pour Disney d'avoir choisi un antihéros est remarquable. On sent dès le début qu'il n'a pas sa place dans ce royaume digne des contes de fées. Selon une certaine prophétie, il ne serait nul autre que le sauveur de cette contrée. Évidemment, il n'y croit pas une seconde, mais il va finir par accepter de jouer le jeu et, bien sûr, de mentir sur ses réelles capacités de magicien. C'est qu'on lui a promis une montagne d'or s'il réussissait à chasser le mal de la région. La cupidité peut faire faire bien des mauvaises choses.
 
Un héros atypique
 
Le fait d'avoir choisi James Franco dans le rôle principal est un très bon choix. Les points forts de ce comédien, ce sont ses expressions faciales qui veulent tout dire. Il a littéralement la tête de l'emploi.
 
Le plus étrange, c'est qu'on ne s'identifie pas immédiatement au héros, puisqu'il est tout le contraire des héros stéréotypés. Il faut attendre près d'une bonne heure pour constater qu'au fond de lui, ce n'est pas un mauvais type.
 
Techniquement parfait
 
L'univers d'Oz a bénéficié d'un travail artistique exemplaire. Que ce soit les lieux à couper le souffle ou les monstres que croisent les protagonistes, rien n'a été laissé au hasard. Les décors sont toujours très colorés et plaisants à regarder. Grosso modo, la 3D a été bien faite, surtout dans les séquences où il y a des particules qui sont lancées.
 
J'ai aimé aussi le clin d'œil que le réalisateur Sam Raimi a envoyé au film de 1939 Le Magicien d'Oz. En effet, dans le monde réel, le film est en noir et blanc dans un ratio 4:3, ce qui peut être un peu déstabilisant pour l'auditoire. C'est seulement lorsque notre magicien pénètre dans ce monde imaginaire que l'écran va s'élargir pour afficher un ratio 16:9 et apparaître en couleurs.
 
Personnellement, j'ai trouvé le début du long métrage au Kansas peut-être un peu trop long. Autour de moi, je voyais les plus jeunes s'impatienter et se demander pourquoi le film était en noir et blanc. Mais en y repensant, je pense qu'il aurait été difficile de raccourcir cette introduction. Le cinéphile se serait senti un peu trop vite « garroché » dans ce monde irréel.
 
Un film d'action
 
« Oz le magnifique » est d'abord un film d'action. Comme dans un conte de fées, le héros doit éliminer la méchante sorcière de l'histoire pour rétablir la paix dans le royaume. Jusqu'ici, il n'y a pas vraiment de nouveauté. Une tonne de productions cinématographiques ont le même pitch.
 
Cependant, les scénaristes ont pris plaisir à brouiller les cartes pour essayer de nous présenter une histoire qui s'éloignait du cadre formel, si bien qu'il est au début assez difficile de définir les gentils et les méchants de ce long métrage.
 
James Franco partage l'écran avec trois femmes. Il y a d'abord Mila Kunis (Theodora), qui joue le rôle d'une femme animée par ses sentiments. Ensuite vient Rachel Weisz (Evanora), qui est plus froide et réservée. Le troisième personnage féminin est incarné par Michelle Williams (Glinda), qui, malgré son apparence, sait démasquer les intrus et les menteurs. Globalement, elles interprètent toutes de façon juste leur rôle.
 
Ce long métrage ne présente pas d'autres personnages masculins importants, si ce n'est que le singe volant (doublé avec brio par Zack Breff), qui agit comme le clown de l'histoire en venant adoucir l'atmosphère.
 
La musique, quant à elle, a été composée par Danny Elfman. Là-dessus, je n'ai rien à dire de négatif. Les thèmes sont originaux, agréables pour les oreilles et collent bien à l'action.
 
Avec une durée de 130 minutes, il peut être facile d'entrer dans la longueur et la lourdeur. Mis à part le début qui pourrait sembler un peu long pour les plus jeunes, le reste du film coule plutôt bien. Les temps morts sont rares.
 
Verdict
 
L'adaptation Oz le magnifique est une belle réussite. Les effets spéciaux sont sublimes, tout comme les décors et les costumes. Le scénario est bien écrit et présente même quelques éléments originaux, comme le choix de ce héros atypique qui sera transformé par cette drôle d'aventure.
 
Le film présente aussi de belles morales. À ce propos, on retiendra surtout qu'avec un peu de talent et d'espoir, on peut accomplir de grandes choses. Bref, c'est une production qui va plaire autant aux jeunes qu'aux plus vieux.
 
Cote : 4 étoiles sur 5
 
Oz le magnifique prend l'affiche le 8 mars au Québec.
 
Merci à Disney et Brigitte Chabot Communications de nous avoir permis d'assister à l'avant-première du film. 

Commentaires