En ce beau mois de juillet, je délaisse temporairement mes chroniques mode pour faire des entrevues toutes spéciales « d’humoriste à humoriste ». Comme plusieurs le savent, mon premier amour est l’humour, alors j’ai pensé vous offrir des entrevues toutes intimes avec des amis, des collègues, mes dernières découvertes ou mes coups de cœur du Festival Juste pour rire. 
 
Jonathan, wow, toute une carrière en si peu de temps : l’impro, les séries Contrat de gars et Fiston, le Show des papas cet été au Zoofest, déjà deux Olivier…crime c’est quoi ton secret?
 
Le web! Parce qu’il y avait très peu de personnes qui avaient compris comment faire du web, et nous non plus d’ailleurs. Mais on a proposé quelque chose qui nous faisait rire et ça a pogné! Si tu as un humour différent des autres, c’est ce qui t’aide à te faire remarquer. Puisque indirectement, les gens sont toujours portés vers ce qui est nouveau. La différence c’est de savoir: est-ce que je vais rester? C’est ça aussi qui est sain de se demander. Tu peux avoir des millions de cliques sur le web, mais ce qu’il faut c’est de se maintenir en haut et c’est ça qui est le plus difficile.
 
Est-ce que tu crois que dans ton cas c’est une question de timing? 
 
Ah oui! Absolument!  Contrat de gars est né dans un temps où le web n’était pas encore exploité à son maximum. Contrat de gars est né par hasard d’une impro à Repentigny, que je trouvais personnellement mauvaise! (rires) Je n’arrêtais pas de crier Éric Lapointe pis faire des jokes de motos (rires) c’était ridicule. Mais c’est Alex Champagne après cette impro qui a poussé pour cette idée. Et voilà ça a donné ce succès. Mais certaines personnes n’ont pas compris vraiment ce qu’on faisait et ont vraiment pensé qu’on était comme ça pour de vrai. Parce que Dieu sait qu’on est pas macho et qu’on en a rien à faire de la moto et la motocross (rires). C’était un pastiche simplement.
 
Tu as un côté mystérieux, qui pique la curiosité… qu’est-ce qui se cache comme homme derrière cette barbe?
 
(Rires) Je suis mystérieux?! Wow! Bien…au quotidien, je ne suis aucunement ce que je suis sur scène. Moi, dans la vie, ce qui m’intéresse c’est mon fils! J’aime beaucoup les autres aussi…mais mon fils c’est avec qui je passe le plus de temps.
 
Notre magazine existe dans le but de partager ses passions. Toi, Jonathan, quelles sont tes passions en dehors de l’humour?
 
Le voyage! Je voyage beaucoup, c’est une passion. Je repars en Birmanie bientôt une couple de semaines, j’adorerais amener mon fils avec moi. Les voyages m’inspirent pour mes textes énormément. Quand tu es collé sur quelque chose, tu ne vois rien, mais tu recules, tu vois mieux l’ensemble. Oui, les voyages c’est ma passion première et…mon fils! (rires) Sinon, j’adore la musique et le cinéma. Mon but c’est de réaliser et rien d’autre. Je l’ai toujours dit et ça toujours été comme ça depuis que je suis petit. Je fais de l’humour pour un jour réaliser des films.
 
Tu es un heureux papa, tu fais aussi partie du Show des papas dans le cadre du Zoofest, alors parlons pour vrai : est-ce que la paternité c’est aussi beau qu’on le croit? 
Non! (rires) Esprit que non! Ça dépend ce que tu fais dans la vie, si tu travailles du lundi au vendredi de 9h à 5h, tu vas porter les enfants au soccer pis que tu cours partout puisque ça, ça te fait tripper(!?) : la paternité pour toi c’est beau! Moi pour être bien franc, quand je suis devenu père, je pensais pas que ça serait autant de travail que ça. La paternité, tu n’as pas de break, à tout jamais ta tête a changé. Tu as toujours quelqu’un à penser pour le reste de tes jours. Surtout qu’un gars ça a une nonchalance innée, on naît au monde nonchalant et la journée que tu as un kid, tu peux plus être nonchalant, tu as plus le droit.
 
Questions de papa en rafale : 
-avec les filles, pognes-tu plus avec ou sans enfants?
 
Avec! Et je ne sais pas pourquoi, mais c’est incroyable! (rires) Tu pognes plus, mais je ne sais pas si tu scores plus! (rires).
 
-On parle d’hormones, une fille est plus tolérable enceinte ou pas?
 
Pas enceinte! Une femme enceinte c’est gossant (rires). Tu essaies de faire tout, mais ça ne fonctionne jamais.
 
-À l’accouchement, assistes-tu le médecin ou fais-tu aussi des respirations pour ne pas t’évanouir? 
 
(Rires) Moi j’assiste! Moi j’ai aidé le médecin à sortir mon fils de ma blonde. J’avais des gants pis j’aidais!
 
-Des couches de Batman ou de Spiderman?
 
Batman y rock bien plus!
 
-« Papa poule » ou « papa sévère »?
 
Papa sévère. Tu as le droit de manger de la crème-glacée dans la voiture, mais man échappe-la pas! (rires) Je suis comme cool, mais fait pas chier! (rires)
 
-Pour toi, un dessert pour ton enfant, c’est des fruits ou du gâteau? 
 
Des fruits.
 
-Des faux seins, des seins qui allaitent ou des seins tout naturels? 
 
Tout naturels. 
 
Tu sembles être un homme de convictions, passionné et qui n’a pas peur des mots, que penses-tu du Québec actuellement?
 
Je pense que le Québec vit une période 50/50, que j’appelle « toute va bien ou toute va mal ». Là en ce moment toute va mal, les choses évoluent, il y a une génération qui pousse pour le changement. On dit souvent « Ah les vieux, ah les jeunes », mais là je pense que c’est vraiment la moitié des vieux et la moitié des jeunes. Ici on a des convictions, mais on garde nos gants blancs. Souvent on s’éloigne de la problématique pis on parle juste de « qui a dit quoi ». Mais enfin, c’est génial ce qui se passe en ce moment. Quand tu voyages un peu, tu réalises que partout y’a des changements. Les gens en général veulent pas entendre de bruits quand y vont au Costco et dès qu’il y a du changement ça braille pis ça chiale. Mais là actuellement y’a de quoi de vraiment beau qui se passe, moi j’adore ça! Même qui faudrait que ça pette plus! (rires)
 
En ce moment, comment vois-tu l’avenir de l’humour au Québec? 
 
Je pense qu’en ce moment y’a une grosse crêpe en train de flipper! On va se le dire, c’est plus les galas Juste pour rire qui se vendent comme des petits pains chauds, c’est la relève. Souvent, les gens préfèrent aller voir des soirées à 20$ au lieu d’aller voir des soirée à 150$. Je pense qu’on s’en va, tranquillement pas vite, vers ce qu’a vécu New York dans les années 80-90 où les Comedy Clubs ont commencé à prendre de l’ampleur et où l’humour a éclaté aux États-Unis. En ce moment au Québec, y’en a partout. C’est pas toujours bien fait (rires) comme par exemple dans les pubs de Tim Hortons (rires). Je pense qu’on est dans la bonne direction. Un jour y’en aura plus des esprits d’émissions plates à télé. On s’en va vers le genre de séries supers bien faites comme en Australie, comme aux États-Unis. Par exemple, Contrat de gars aurait jamais pu voir le jour si on avait eu des producteurs à la base. Fiston, personne y croyait! Il faut que tu fasses les choses par toi-même. Et une autre chose, y’a jamais trop de relève! Bon y’a une élimination naturelle ou certains deviennent writers (rires), mais y’a jamais trop de relève. Et aussi l’humour, c’est pas juste de la scène!
 
Tes modèles à toi, qui sont-ils?
 
Coluche, Frida Khalo, Keny Arkana et Marc Labrèche c’est le meilleur selon moi. Si la Fin du monde est à 7 heure n’avait pas existé, je ne ferais peut-être pas ce que je fais en ce moment.
 
Si tu avais trois mots pour te décrire, ça serait quoi?
 
Gros barbu tatoué! (rires)

Vous pourrez voir Jonathan cet  été dans la cadre du Zoofest dans le "show des papas" et le "show XXX" et sur le web dans le série "Fiston". 

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