D'entrée de jeu, je dois vous avouer que Francis Poulenc figure parmi mes compositeurs préférés. Alors, quand j'ai appris que PENTAÈDRE et que le pianiste David Jalbert, deux individus que j'affectionne particulièrement, consacraient un disque sur la sublime musique de chambre du compositeur français, je me suis dit que je ne pouvais tout simplement pas passer à côté.

Un programme généreux et varié
 
Poulenc vouait une véritable adoration aux vents, si bien qu'une grande partie de sa musique de chambre leur est consacrée. Ce nouveau disque, qui vient de paraître sur ATMA Classique, nous propose de survoler cet univers riche et coloré où la bonne humeur et la tristesse se rencontrent sans gêne.
 
En ouverture de programme, on retrouve le Sextuor pour piano, flûte, hautbois, clarinette, basson et cor, FP 100, qui réunit tous les membres de la formation : Danièle Bourget (flute), Martin Carpentier (Clarinette), Normand Forget (hautbois), Louis-Philippe Marsolais (cor), Mathieu Lussier (basson) et David Jalbert (piano).
 
Ce qui est le plus difficile avec des ensembles d'instruments à vent, c'est de trouver l'uniformité parmi les musiciens. Si les artistes ne s'écoutent pas, ça peut vite se transformer en cacophonie. Heureusement, ce n'est pas le cas ici. On voit que les membres de la formation ont l'habitude de travailler ensemble. On peut ainsi apprécier tout ce mélange de légèreté, de mélancolie et d'humour qui caractérise cette œuvre.
 
Après cette pièce, qui avait parfois des allures de symphonie, l'album nous propose quelques sonates et pièces pour piano et instruments à vent de Poulenc. La première est la Sonate pour flûte, FP 164. C'est décidément l'une des plus connues du compositeur, mais également du répertoire. Il suffit d'écouter les premières mesures du premier mouvement pour être immédiatement conquis. Il faut dire que le thème, quoique simple, est facile à retenir et franchement parmi les plus beaux composés pour la flûte. Ici, Danièle Bourget fait preuve d'une réelle dextérité et réussit à passer par-dessus les nombreux obstacles dont est parsemée cette œuvre.
 
L'Élégie pour cor et piano, FP 168, permet d'apprécier toute la sonorité du très talentueux Louis-Philippe Marsolais. Son jeu peut à la fois être très puissant et sombre. Cette pièce de près de 10 minutes est un pur délice pour les oreilles.
 
On revient dans ce drôle de mélange de mélancolie et d'humour avec la Sonate pour clarinette et piano, FP 184. Martin Carpentier retranscrit avec brio ce combat perpétuel entre la lumière et la noirceur qui caractérise cette œuvre. Il fait preuve de toute la douceur et la délicatesse nécessaire lors du 2e mouvement, qui fait partie des pages les plus émouvantes du compositeur.
 
Avec le Trio pour piano, hautbois et basson, FP 43, on abandonne les pièces à deux instruments. Mathieu Lussier (que l'on a pu entendre récemment dans un concert de l'Orchestre Métropolitain) est en pleine possession de son instrument. Il passe du grave à l'aigu avec une facilité déconcertante. Normand Forget, quant à lui, offre une prestation convaincante. Il sait faire preuve de tendresse, mais également de fougue quand l'œuvre le demande.
 
Finalement, le disque se clôt par le Novelette, qui est en fait une transcription pour quintette à vent. Très mozartienne, l'œuvre dégage une certaine sérénité. Autant les musiciens se sont éclatés dans le Sextuor, autant ils peuvent faire preuve de retenue ici. C'est tout à leur honneur.
 
Verdict
 
L'écoute de ce nouveau disque sur ATMA Classique consacré à une partie de la musique de chambre de Francis Poulenc procure beaucoup de plaisir, si bien qu'on a envie de l'écouter encore et encore. L'ensemble PENTAÈDRE est convaincant et nous livre une prestation tantôt subtile, tantôt enthousiaste. Il est soutenu par un pianiste de haut niveau qui ne fait pas l'erreur de prendre toute la place et de vouloir voler la vedette. En résumé, il s'agit d'un très bon disque à vous procurer absolument si vous êtes un fan du compositeur français ou tout simplement de musique de chambre.
 
Note : 9 sur 10
 
Merci à ATMA Classique de nous avoir permis d'écouter ce disque gratuitement. 
 

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