L'intolérance au lactose est très fréquente. Il s'agit d'une capacité réduite du système digestif à digérer le sucre du lait. Cela est dû à la diminution de l'enzyme qu'on nomme lactase. Les symptômes sont nombreux, mais plus souvent digestifs. Il n'existe pas de traitements définitifs, seulement des conseils pouvant apaiser le problème.

L'intolérance au lactose est beaucoup plus commune qu'on le pense. En fait, 75 % des êtres humains seraient touchés, soit près de 4 milliards! (Mattar, 2012) Tout le monde connaît donc une personne qui l'est ou qui ne sait pas qu'elle l'est. Prenons donc la peine de décortiquer ce phénomène.

Le lactose est le sucre du lait. Il est présent dans les produits laitiers et dans certains produits industriels. Pour être assimilé sans problème, ce sucre doit être scindé en deux dans le petit intestin par un enzyme appelé lactase. Le niveau de lactase varie beaucoup d'un individu à l'autre et selon l'âge. Il est à son maximum à la naissance et baisse à partir de 3 à 5 ans. Pour que l'activité lactasique soit assez efficace, un adulte doit être l'hôte d'une mutation génétique sur le chromosome 2. Ce gène est plus répandu chez les peuples issus de l'Europe du Nord. La consommation de lait leur offrait probablement un avantage pour survivre et ces individus favorisés ont propagé ce gène. C'est ce qu'on appelle la sélection naturelle.

Chez les personnes avec un taux de lactase faible, le lactose n'est pas digéré. Dans le gros intestin, les bactéries créent de la fermentation. Il y a production de gaz et d'autres métabolites toxiques. Ces produits sont la cause des multiples symptômes de l'intolérance. Les plus communs sont les ballonnements, les douleurs abdominales et la diarrhée. Les métabolites toxiques qui entrent dans le sang peuvent causer d'autres symptômes comme des maux de tête et des douleurs musculaires.

Le test le plus utilisé pour le diagnostic est le test à l'hydrogène expiré. Il mesure l'hydrogène produit par la fermentation, qui se retrouve dans l'haleine. Il peut être difficile de faire la différence entre l'intolérance au lactose et d'autres maladies comme le syndrome du côlon irritable, l'allergie à la protéine du lait de vache et la maladie cœliaque.

Il n'existe pas de traitement permettant de régler totalement le problème, mais il y a des moyens de contrôler les symptômes. Le changement le plus efficace est bien sûr d'éviter l'ingestion de lactose. Par contre, dans ce cas, il faut s'assurer d'aller chercher sa dose quotidienne de calcium et de vitamines dans d'autres aliments. Les personnes qui y prêtent attention n'ont pas plus de risques de développer de l'ostéoporose que ceux qui consomment des produits laitiers (Alm, 2002). On conseille de prendre des suppléments de probiotiques (bonnes bactéries qui aideront à digérer le lactose) ou tout simplement des suppléments de lactase.

Bref, il est important de savoir si on est intolérant au lactose ou non. Chaque intolérant est différent autant en ce qui concerne les symptômes qu'en ce qui a trait à la quantité de lactose nécessaire afin de créer un inconfort. Demandez à votre thérapeute de vous guider dans le processus. Plusieurs personnes seraient surprises des bénéfices du contrôle de leur intolérance.
 
- Alm, L. « Lactose Intolérance », Elsevier, Karolinska Institute, 2002, 1533-1539.
- Mattar, Rejane et al. « Lactose intolerance : diagnostic, genetic and clinical factors », Clinical and Experimental Gastroenterology, 2012 :5 113-121.
 

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