Je connais bien « Le Crépuscule des Dieux ». C'est une série que j'affectionne particulièrement. Évidemment, je ne parle pas ici de l'opéra de Wagner (que j'aime aussi), mais bien de la série de bandes dessinées disponible chez Soleil. Le tome 7 vient finalement de paraître chez nous. Inutile de vous dire que je me suis empressé de le dévorer.

L'anneau de Nibelung
 
Si vous n'avez pas lu les autres tomes ou que vous n'êtes pas familier avec la tétralogie de Wagner, disons simplement que cette série tente, ni plus ni moins, de raconter la légende de l'anneau de Nibelung (une épopée médiévale allemande composée vers le 13e siècle), mais transposée dans un univers merveilleux héroïque.
 
Le monde des hommes en péril
 
Le Ragnarök a eu lieu voilà environ 200 ans et a détruit le royaume d'Asgard. Mais il n'en a pas fini. Il menace de ravager la terre des hommes. Wotan a perdu la vie, mais continue à veiller sur l'humanité, notamment sur le Centurion Phocas, un soldat de l'Empire romain d'Orient. Celui-ci pourrait même jouer un rôle capital dans la survie de son peuple qui risque de subir le même sort que l'Empire romain d'Occident. Parallèlement à cela, on suit le sort de deux jumeaux, Lift et Lifthrasir, qui sont gardés en sécurité chez les elfes et qui seraient dotés d'un terrible pouvoir.
 
Le Grand Hiver est un peu un nouveau départ, un second cycle. Malgré cela, on ne s'ennuie pas une seconde. Il prend le temps de mettre en scène les personnages et les lieux, sans pour autant nous bombarder d'informations. D'ailleurs, l'album ne se concentre pas uniquement sur le récit d'un seul personnage. Comme c'est souvent le cas dans le 9e art, on suit plusieurs histoires qui s'alternent bien. Du point de vue dramatique, elles ont toutes grosso modo la même force et on s'attache bien aux protagonistes, même si on se doute que c'est Phocas qui a le rôle le plus important. Parfois, dans des ouvrages avec beaucoup d'acteurs, je me mélange, car j'ai de la difficulté à bien les discerner. Fort heureusement, cette BD ne souffre pas de cette lacune, à cause notamment du bon travail qui a été fait sur les dessins. 
 
L'une des plus grandes forces de ce septième tome est de mélanger admirablement la mythologie nordique, l'histoire et le fantastique. Du point de vue scénaristique, ça se tient très bien, alors qu'artistiquement, il est difficile de trouver mieux dans le domaine. Les dessins sont sublimes et inspirés (beaucoup de lieux différents), spécialement dans les environnements enneigés. Les personnages sont dessinés avec une belle précision (pour vous en convaincre, vous n'avez qu'à admirer le travail qui a été fait sur la page couverture ; digne d'une œuvre d'art). Nicolas Jarry (scénario) et le dessinateur québécois Djief forment un excellent duo qui fait preuve d'une grande minutie. Rappelons tout de même qu'ils travaillent ensemble depuis le tout premier tome qui a vu le jour en 2009.
 
Verdict 
 
Le Crépuscule des Dieux – Le Grand Hiver s'adresse à tous les amoureux de mythologie et d'histoire. Le scénario est original, facilement compréhensible et dynamique, alors que les illustrations nous aident à nous projeter dans cet univers magnifique.

Cote : 4 étoiles sur 5.

Le Crépuscule des Dieux – Le Grand Hiver
48 pages
Soleil


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