Je ne voudrais pas être un partisan des Blue Jays de Toronto, des Orioles de Baltimore ou même des Rays de Tampa Bay par les temps qui courent. Encore une fois cette année, lorsqu’on regarde le classement de la division est de la ligue américaine, on a une vague impression de déjà vu; les Yankees de New York et les Red Sox de Boston occupent les deux premiers rangs.

Il n’y a pas de plafond salarial dans le baseball majeur, contrairement aux autres sports majeurs que sont le basketball, le football et le hockey. Ça signifie que certaines équipes mieux nanties peuvent dépenser à leur guise et se payer les meilleurs joueurs disponibles sur le marché. Autrement dit, plus les revenus d’une franchise sont élevés, meilleures sont ses chances de mieux performer, point à la ligne. Bien sûr, il faut qu’elle soit bien gérée. Parfois, une masse salariale astronomique ne suffit pas.

Si seulement les revenus d’une équipe étaient proportionnels au nombre de spectateurs qui franchissent les tourniquets de son stade. L’équipe serait imputable. Elle serait forcée de mettre un produit de qualité sur le terrain pour attirer des spectateurs qui, en échange, lui permettraient de générer des revenus qui, à leur tour, lui permettraient de payer ses joueurs. Vous me suivez?

Une bonne gestion du réseau de développement, du repêchage et une saine gestion suffiraient pour permettre à une équipe d’aspirer aux grands honneurs. Les Expos, au début des années 90, appliquaient cette recette. La grève de 1994 est venue tout gâcher; est-il nécessaire de le rappeler?

Malheureusement, les revenus des équipes dépendent beaucoup des contrats de publicité et des ententes avec les réseaux de télévision. Les Yankees, pour ne nommer qu’eux, ont une masse salariale de plus de 200 millions de dollars. Les salaires de leurs joueurs sont entièrement payés avec l’argent des contrats de télévision. Ça signifie que chaque tête de pipe qui se pointe au Yankees Stadium vient injecter de l’argent dans les coffres de l’équipe. Lorsque le marché des joueurs autonomes s’ouvre au mois de décembre, croyez-vous un instant que les Yankees ont besoin d’un comptable pour savoir s’ils peuvent offrir 20 ou 25 millions par saison à un joueur qu’ils convoitent? Poser la question, c’est y répondre.

Pendant ce temps-là, des équipes évoluant à l’intérieur de plus petits marchés n’arrivent tout simplement pas à suivre la parade. Dans les cas des équipes de Toronto et de Baltimore, comment voulez-vous que ces dernières puissent aspirer aux grands honneurs alors qu’elles comptent dans leur division deux des équipes qui dépensent le plus parmi les 30 franchises du baseball majeur?

Oui, les Rays de Tampa Bay ont réussi à se faufiler entre New York et Boston à quelques reprises au cours des dernières années, ce n’est pas impossible. Mais regardez aussi où est rendu le voltigeur-vedette des Rays, Carl Crawford, au cours des dernières années; il a signé avec les Red Sox de Boston. Où sont les Rays cette année? Derrière les Red Sox!

J’adore le baseball, mais le pouvoir de l’argent dans ce sport me désole au plus haut point. Je rêve au jour où on va tenter de régler le problème pour équilibrer les forces en présence. Je rêve du jour où les Pirates de Pittsburgh ou les Mariners de Seattle auront les mêmes chances que les autres d’être des séries d’après saison.

J’ai aussi rêvé que quelqu’un, quelque part, sauverait les Expos…

Une solution, quelqu’un?

Commentaires