BORNES ÉLECTRIQUES

Depuis une semaine, on ne parle que du Black Friday dans tous les médias. Voyons son origine et son impact dans notre quotidien.

Cette semaine, on nous bombarde sans cesse de pubs et de reportages sur un phénomène qui est « donc trippant » : le Black Friday. Chaque fois que j'entends parler de ça, les poils me dressent sur les bras et la moutarde me monte au nez. Mais qu'est-ce que ça mange en hiver, un Black Friday?

Qu'est-ce que le Black Friday?
Il s'agit d'une tradition typiquement américaine qui a lieu le lendemain de la Thanksgiving, soit l'Action de grâce chez nos voisins. Il s'agit donc d'un événement qui suit une fête religieuse, mais qui est essentiellement commerciale et qui incite les gens, grâce à de substantiels rabais de toutes sortes, à dépenser en vue de la fête de Noël notamment. Son origine tiendrait au fait qu'à une époque pas si lointaine encore, la comptabilité des commerces se faisait « à la mitaine », comme on le dit chez nous. Le mois de novembre a toujours été difficile pour les commerçants et les comptes étaient dans le rouge (les montants déficitaires étaient littéralement inscrits au crayon rouge). Le Black Friday a donc été instauré afin de vendre davantage avant les Fêtes. L'écriture des comptes redevenait alors positive et inscrite à l'encre noire.

Intéressant, n'est-ce pas? Moi qui croyais que le Black Friday faisait référence à la mise à pied de quelques 10 000 employés de la compagnie A.V.Roe, à Malton près de Toronto, lors de l'annulation du projet Arrow en 1959… que je suis naïf!

Le Black Friday au Canada
Mais si le Black Friday nous vient de nos voisins du sud, pourquoi un tel battage publicitaire chez nous au Canada, au Québec? Il n'est pas difficile de comprendre que l'argent mène le monde et s'il y a une « piasse » à faire, nous n'avons qu'à importer le concept. Les géants du commerce au détail tentent de créer un engouement ici comme aux États-Unis. Mais à qui profite ce happening? Aux consommateurs? J'en doute fort… Sous d'alléchants rabais, on nous entre dans la gorge le besoin d'acheter à tout prix. Pourquoi attendre qu'on ait besoin d'une chose pour l'acheter?  

Ma petite montée de lait ne tient pas qu'à dénoncer le ton totalement capitaliste de la chose. Je m'inquiète davantage de l'impact que cela a sur notre identité collective en tant que Canadien, en tant que Québécois surtout.

Une question d'identité
La publicité touchant le Black Friday est partout cette semaine. La télé, la radio, les journaux et bien sûr, Internet ne font qu'en parler. « Ils l'ont-tu l'affaire, les Amaricains! Think big, yeah! », comme disait l'autre… Et pourquoi pas un « Vendredi noir » au moins? J'ai des réserves sur les valeurs que ce phénomène véhicule. Quand on est rendu qu'on se soucie plus de la Thanksgiving de nos voisins (c'est donc hot!), alors que notre Action de grâce ne signifie rien de plus qu'un congé comme un autre, je m'inquiète sur notre identité distincte. En fait, si on se demande ce que ça mange en hiver un Black Friday, on peut penser qu'outre notre argent, c'est aussi en train de manger un peu de notre identité nationale. Heureusement, il semble que le mouvement ne soit pas très populaire au Québec.

Lien :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Friday_(shopping)
http://fr.canoe.ca/artdevivre/mode-beaute/article1/2012/11/22/20377391-qmi.html

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