Après un succès phénoménal en France (plus de 2 millions de spectateurs), « Jappeloup, l'étoffe d'un champion » prend finalement l'affiche chez nous le 6 septembre prochain. Le 29 août dernier, il a été présenté en compétition officielle dans le cadre du Festival des films du monde (FFM).

Envers et contre tous
 
Contrairement aux apparences, beaucoup de Québécois ont travaillé sur Jappeloup, l'étoffe d'un champion – qui est, doit-on le spécifier, une coproduction France-Canada – à commencer par le réalisateur Christian Duguay, dont il s'agit du premier long métrage en langue française. Ce dernier est surtout connu pour son travail réalisé sur le vieux continent.
 
Son long métrage reprend l'histoire vraie du cheval Jappeloup de Luze et de son cavalier Pierre Durand (Guillaume Canet). Ce dernier a toujours été un passionné d'équitation, notamment grâce au soutien continu de son père Serge (Daniel Auteuil). Cependant, il décide de mettre sa carrière de côté pour devenir avocat.
 
Finalement, il revient à ses premières amours et décide de monter Jappeloup, un petit cheval connu pour son imprévisibilité. Même si personne ne croit en eux, le duo persévère et commence à remporter des compétitions. Après un dur échec aux Jeux olympiques de Los Angeles de 1984, Pierre perd confiance en lui. Sa femme Nadia (Marina Hands) et la groom du cheval, Raphaëlle (Lou de Laâge), vont l'aider à reprendre confiance en lui et à changer la relation qu'il entretient avec son compagnon à quatre pattes. Bien vite, ils vont se rendre aux Jeux olympiques de Séoul de 1988 avec l'objectif d'y remporter la médaille d'or.
 
Jappeloup, l'étoffe d'un champion est une histoire sur la détermination et la relation entre l'homme et l'animal. Contrairement à beaucoup de super-productions américaines, le héros trébuche plus d'une fois et pense même à abandonner ses rêves. Il se questionne, se remet en question. On se rend vite compte qu'il n'est pas inébranlable. Bref, il est un homme comme les autres. Guillaume Canet est par ailleurs parfait dans le rôle, tant avec les humains (son jeu est très nuancé) qu'avec les chevaux (nous y reviendrons).
 
Si je n'avais qu'un reproche à faire, il concernerait certains dialogues. En effet, quelques échanges entre les personnages manquent un peu de profondeur et tombent, à mon sens, un peu trop dans le cliché.


 
Visuellement irréprochable
 
Les scènes de saut sont réalisées avec une main de maître. Tournées avec un dynamisme et une finesse impressionnantes, elles permettent au public d'être projeté littéralement dans l'action. Les effets spéciaux (réalisés par Hybride, une division d'Ubisoft) sont tout simplement sublimes, fluides et presque indétectables pour un œil averti. Sur son cheval, Guillaume Canet (qui a réalisé bon nombre des cascades) est plus que crédible et se fond littéralement dans son personnage. Sans mauvais jeu de mots, on peut dire, sans l'ombre d'un doute, que Jappeloup, l'étoffe d'un champion met la barre très haute dans le domaine.
 
La mise en scène et les décors sont également une réelle réussite. On (re)plonge avec plaisir dans les années 80. L'ambiance dans les stades (et spécialement dans les séquences se déroulant aux Jeux olympiques) est survoltée, si bien qu'on a presque l'impression de faire un voyage dans le temps et de revivre ces moments incroyables comme si nous y étions réellement.
 
Verdict
 
Après avoir vu Jappeloup, l'étoffe d'un champion, on comprend mieux pourquoi il a connu un tel succès en France. Le récit est dynamique, le personnage principal est attachant et humain, et les effets spéciaux sont époustouflants. Bref, c'est un film sportif à voir, et ce, même si vous n'aimez pas forcément le monde de l'équitation.
 
Cote : 3,5 étoiles sur 5

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