Créée par Pierre Fournier et Réal Godbout, la série « Red Ketchup » est l'une des plus connues de la bande dessinée québécoise. Il y a quelques années, La Pastèque a pris la décision de la rééditer pour faire découvrir ce monument de la BD à un nouveau public. Le tome 6, « L'oiseau aux sept surfaces », doit arriver durant le mois de septembre. Voici notre critique.

En terrain connu
 
Encore une fois, la couverture est sublime. Ici, elle revêt une jolie robe rouge qui invite le lecteur à pénétrer de nouveau dans cet univers unique. Même si l'album vient d'être imprimé, il s'en dégage une odeur agréable – pardonnez mon expression – de « bibliothèque ». On sent qu'on tient entre les mains un objet de valeur.
 
Immédiatement, je suis replongé en enfance. Ça me rappelait les Tintin que je lisais (que je dévorais, devrais-je dire) sur mon balcon quand j'allais encore au primaire. D'ailleurs, son impression en quadrichromie est très proche des albums d'Hergé. Certains lecteurs, friands de couleurs vives, pourraient reprocher à la BD d'avoir mal vieilli. Pour ma part, je pense qu'elle n'a pas pris une ride. Elle me fait penser à un classique du cinéma que l'on (re)découvre avec toujours le même bonheur.
 
Voyage au pays des mangas
 
Dans ce chapitre, l'agent du FBI, Red Ketchup, sait qu'il perd son temps. En fait, son patron, qui commence à comprendre que l'albinos a la fâcheuse habitude d'empirer chaque fois les choses, ne sait plus trop quoi faire avec lui. Il aime mieux l'avoir près de lui que de le renvoyer. Pour l'occuper un peu, il lui confie une fausse mission : découvrir le mystère de la baisse de la population des dindes.
 
Très perspicace, notre héros va rapidement se retrouver à Tokyo croyant, à tort, que les Japonais tentent de recréer un genre de Pearl Harbor, mais cette fois-ci, pour la volaille. Comme on le sait, l'homme ne fait pas dans la dentelle et rapidement, il va se mettre les pieds dans les plats. Pendant ce temps, un savant fou travaille sur un mystérieux gène qui pourrait faire grossir les êtres vivants.  
 
Le plaisir de lire
 
Si vous êtes un habitué des bandes dessinées « contemporaines », vous allez peut-être remarquer que les bulles de L'oiseau aux sept surfaces contiennent plus de texte qu'à l'habitude. En effet, l'accent est surtout mis sur les dialogues, quoique l'album contienne également quelques images sublimes.
 
Le récit, très captivant, m'a parfois fait penser à une version un peu parodique d'un vieux film d'espionnage. La façon d'alterner les histoires (gentil/méchant) ou encore le comportement des différents personnages semblent être tirés d'un film de la licence James Bond. Toutefois, il faut préciser que Red Ketchup est tout le contraire d'un agent secret. Il préfère utiliser ses bras plutôt que sa tête, ce qui lui attire constamment des ennuis.
 
La culture japonaise est évidemment traitée en surface. Cependant, les auteurs ont eu la bonne idée de faire référence à quelques éléments nippons comme le manga. D'ailleurs, en lisant cet album, on se rend compte que Red Ketchup a découvert le manga une vingtaine d'années avant tout le monde. Ce n'est pas rien! 
 
Le scénario est très bien écrit. Il demeure compréhensible jusqu'à la dernière page. On a ainsi beaucoup de plaisir à lire ce 6e tome. La fin arrive toutefois un peu trop brusquement, si bien qu'on a déjà hâte au prochain tome!
 
Verdict
 
Au final, comment ne pas tomber sous le charme de Red Ketchup : L'oiseau aux sept surfaces? Son héros atypique, son histoire amusante, ses personnages drôles et attachants, ainsi que ses dessins prouvent qu'il est loin d'être démodé. Bien au contraire, il a mérité sa place dans toutes les bibliothèques des collectionneurs et passionnés du 9e art. Nous remercions encore La Pastèque d'avoir publié pour la première fois en album cette 6e aventure, un album à avoir dans votre bibliothèque si vous êtes un passionné du 9e art!

Cote : 4,5 étoiles sur 5

Red Ketchup : L'oiseau aux sept surfaces
48 pages
La Pastèque

Ne manquez rien des derniers articles de notre rédacteur en chef adjoint! Suivez Philippe Michaud sur Twitter via @Micph

Commentaires