J’ai lu récemment un article du New York Times qui m’a fait réfléchir à une question importante. Pourquoi lave-t-on encore nos vêtements à l’eau chaude? Le chauffage de l’eau représente la deuxième plus importante dépense énergétique dans les maisons canadiennes1. Certes, les améliorations technologiques et les certifications, telles que Energy Star, ont permis de réduire considérablement la consommation énergétique, mais le lavage des vêtements demeure l'un des plus grands consommateurs d’électricité. En 2005, des chercheurs de l’Université de l’Alberta ont réalisé une étude sur l’énergie consommée dans le chauffage de l’eau. Une section de leur travail est réservée à l’étude des machines à laver et des lave-vaisselles. L’étude montre qu’environ 90 % de l’énergie requise pour le lavage des vêtements est liée au chauffage de l’eau.
 
On s’entend qu’il faut trois choses pour laver des vêtements, soit de l’eau, du savon et un moteur pour brasser le tout. On reviendra à l’élément savon; pour l’instant, intéressons-nous à l’eau et au moteur. L’étude de l’Université de l’Alberta montre clairement que les machines récentes consomment moins d’énergie que les vieilles machines à laver. Par exemple, en moyenne, le moteur d’une machine fabriquée en 1990 consommait environ 103 kWh/an et environ 1162 kWh/an d’eau chaude (91 % de l’énergie). Un modèle similaire de la fin des années 90 consommait 75 kWh/an pour le moteur et 544 kWh/an d’eau chaude (87 % de l’énergie). La baisse est considérable et les machines actuelles doivent être encore plus efficientes, mais le ratio moteur/eau reste tout de même considérable! Le site d’Hydro-Québec offre un bel outil pour calculer la consommation d’énergie des électroménagers; ce site confirme d’ailleurs les données de l’étude albertaine. Pour une laveuse opérant fréquemment, on peut parler d’une centaine de dollars par année juste en électricité! Il est donc facile de constater l’impact du lavage à l’eau chaude.  
 
Revenons donc au troisième facteur impliqué dans le lavage des vêtements, le savon. Depuis plusieurs années, les grands fabricants offrent des détergents faits spécifiquement pour laver à l’eau froide (qui pourrait oublier les publicités d’Arctic Power!). Malgré l’offre, la demande reste basse pour ces produits; pourquoi donc? C’est la perception des gens qui cause cette réticence au changement. Et ils ont raison en quelque sorte, car il est prouvé que la chaleur aide à déloger les taches dans les tissus. Ce qu’on ne sait peut-être pas, c’est que les fabricants de détergents sont également au courant de ce fait et les détergents faits pour l’eau froide ne sont pas les mêmes que les savons traditionnels; ils sont conçus pour travailler à l’eau froide! La composition des détergents pour l’eau froide a grandement changé depuis les dix dernières années et celle-ci est beaucoup plus efficace. En fait, certains savons contiennent même des produits qui enrobent les fibres des tissus, ce qui permet de réduire l’absorption de saletés entre les lavages. De plus, il est prouvé que l’eau froide aide à garder les couleurs plus vives et empêche les vêtements de rétrécir. Cependant, il est également vrai que l’eau chaude aide à nettoyer les taches plus tenaces.
 
Mais comme je l’ai mentionné plus tôt, les perceptions sont difficiles à changer. Beaucoup de gens n’ont jamais essayé de laver à l’eau froide et ne désirent pas le faire puisqu’ils sont satisfaits de leur détergent traditionnel. D’autres gens l’ont essayé mais n’ont pas aimé les résultats du test et sont retournés à leurs vieilles habitudes.
 
Bref, il y a beaucoup d’avantages à faire son lavage à l’eau froide. Étrangement, les gens qui se disent écolo ne parlent jamais de leurs habitudes de lavage, ce qui montre encore une fois qu’on est écolo quand ça fait notre affaire… Pourtant, les impacts du lavage à l’eau chaude sont importants et les avantages minimes. Le recensement de 2006 estime à environ 8,9 millions de familles au Canada, alors imaginez la quantité d’électricité consommée par les laveuses si chacune d’elles utilise en moyenne 500 kWh par année. J’ai espoir qu’il s’agisse simplement d'un manque d’information et qu’en passant le mot, les habitudes changeront un peu, de là le but de ce billet.

Références :
1http://www.ualberta.ca/~cbeedac/publications/documents/domwater_000.pdf
 
http://www.nytimes.com/2011/09/17/business/cold-water-detergents-get-a-chilly-reception.html?pagewanted=1&_r=1&hp
  
http://www.hydroquebec.com/mieuxconsommer/outils-calcul/index.html
 
http://www12.statcan.ca/census-recensement/2006/as-sa/97-553/p1-fra.cfm
 
Sources des images et de la vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=bXWcioOP9rQ
 
http://www.visualphotos.com/photo/2x4174334/person_adjusting_washing_machine_dial_to_cold_wash_mon084012.jpg
 
http://files.coloribus.com/files/adsarchive/part_709/7098205/file/tide-coldwater-detergent-igloo-small-15603.jpg 

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