Avec l’arrivée des autos électriques comme la Nissan Leaf et la Chevy Volt, on remarque que les médias en parle de plus en plus. Mais il y a à peine quelques années, alors que ces véhicules électriques n’étaient encore que des prototypes, on entendait souvent parler de biocarburants comme étant la voie de l’avenir. Le sont-ils vraiment? Est-ce que l’essence de maïs va vraiment remplacer le bon vieux pétrole? Je vous laisse répondre à cette question par vous-même, mais je vous présente ici quelques arguments pour et contre les biocarburants.

Avant tout, il est important de faire la distinction entre les types de biocarburants. Le biocarburant est essentiellement du carburant fossile auquel on ajoute une partie d’éthanol. L’éthanol est fabriqué par un processus similaire à celui utilisé pour fabriquer de la bière et du vin, soit la fermentation. En théorie, il peut être produit à partir de toute biomasse possédant des sucres ou de l’amidon. À l’heure actuelle, au Canada, le maïs et le blé sont les produits les plus utilisés pour fabriquer de l’éthanol. Les chercheurs travaillent à améliorer ce processus afin de produire de l’éthanol à partir de cellulose. Cette technique permettrait entre autres d’utiliser le plant de maïs en totalité (feuille, tronc, épi) plutôt que d’utiliser simplement le grain.
Le biodiesel, quant à lui, est produit par la combinaison d’alcool et d’huiles (végétales ou animales). Ce type de carburant peut être utilisé comme carburant principal ou comme additif à un carburant fossile traditionnel (diesel). Quelques personnes utilisent déjà des huiles usées de restauration pour alimenter leurs véhicules diesel.

Les points positifs
L’avantage principal des biocarburants est que la ressource utilisée dans sa production est renouvelable. Pour produire du maïs, il suffit simplement d’avoir de l’espace, de la terre, du soleil et des nutriments. Le processus pour faire la culture de grains est très simple et peut être fait par la majorité des agriculteurs. Le pétrole, quant à lui, se renouvelle également, mais à un rythme tellement lent par rapport à notre consommation qu’il est considéré comme étant non renouvelable. Ayant un taux d’octane plus élevé, les biocarburants brûlent mieux que les carburants fossiles traditionnels, permettant de réduire les émissions toxiques dans l’atmosphère.

L’autre avantage majeur des biocarburants est qu’ils peuvent être produits localement. Ainsi, la dépendance aux grandes pétrolières peut diminuer de quelque peu. Un bon exemple de production locale serait l’entreprise de Varennes Pro-Éthanol. Ce producteur d’éthanol produisait déjà plus de 120 millions de litres de pétrole en 2007 et la production n’a pas cessé d’augmenter depuis. Cet éthanol est vendu en grande partie à la pétrolière Pétro-Canada1. Au Québec, c’est essentiellement le maïs qui est utilisé pour fabriquer de l’éthanol, mais de nombreuses plantes peuvent être utilisées : le blé, le soya, le tournesol, la canne à sucre, la palme, certaines algues et beaucoup d'autres d’espèces. La plupart des pays peuvent donc cultiver leur propre éthanol afin de répondre aux besoins de leur population.

 
Les points négatifs
Jusqu'à maintenant, tout va bien; on a trouvé la solution aux problèmes énergétiques, on sauve la planète et on recycle l’huile à patates… mais… non! Les biocarburants sont tout de même controversés, car ils ne sont pas aussi merveilleux qu’on peut le croire et encore moins verts. Certes, avec les avancés technologiques, ils pourront peut-être remplacer les carburants fossiles mais pour l’instant, il faut se questionner avant d’investir dans ce produit.

Le plus gros problème de l’éthanol n’est pas technique mais éthique. Pour subvenir à nos besoins actuels en carburant, il faudrait convertir plus de 1 790 000 km2 de terres agricoles en production de carburant. Cette superficie équivaut à environ trois fois la taille de la France. À elles seules, ces récoltes pourraient pallier les problèmes de famine qui crient à travers la planète. Devrait-on vraiment utiliser de la nourriture pour encourager l’utilisation de la voiture?

L’autre problème majeur de l’éthanol est que sa production demande plus d’énergie qu’elle peut en produire. Ce sujet est également controversé et certaines études se contredisent, mais la plupart s’entendent pour dire qu’on a besoin de plus d’énergie pour produire de l’éthanol que ce dernier peut en donner en retour. Cette affirmation est due, entre autres, à tous les besoins énergétiques liés à la production de masse, incluant l’essence utilisée par les tracteurs, mais également celle des camions pour le transport. On peut même aller jusqu'à calculer l’énergie requise dans la transformation du grain (électricité ou autre), dans l’irrigation des terres, la production et le transport d’herbicides et de pesticides, etc.

Tous ces bilans ne considèrent même pas les impacts secondaires tels que le ruissellement de produits chimiques dans les cours d’eau et les gaz à effet de serre produits par la machinerie et les camions. En plus de tout cela, au Canada, l’agriculture est subventionnée en partie par le gouvernement. Ce serait donc une fraction de nos taxes qui paierait cette production, augmentant ainsi le prix qu’on paie pour le carburant.

Croyez-vous toujours que les biocarburants constituent la solution magique à nos problèmes énergétiques?

Références :

o   http://www.energybulletin.net/node/24169
o   http://biofuelguide.net/
o   http://www.futurepundit.com/archives/002881.html
o   1http://www.greenfieldethanol.com/fr_media_20070330
o   http://oee.nrcan.gc.ca/transports/carburants-remplacement/carburants-faits/ethanol/a-propos-ethanol.cfm

Images

o   http://www.greenenergyproject.tk/wp-content/uploads/Biofuel-1.jpg

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