Le journal du récit fictif
                                        (une histoire tirée de l’imaginaire de Bruno Laliberté)
 

                                                    Une disparition sur le chemin croche
 
                                                                              1re partie
 
 
 
 
         Dans le petit village de Macabouque où je demeure, il y a un vieux chemin à charrette que tous appellent le chemin croche. C’est sur ce chemin, un soir de novembre que Félix Mac’Cord un jeune boucher a disparu sans laisser de traces. Félix était un fringant, droit et fort tel un chêne. Comme le chêne par contre avait un caractère inflexible; ce qui lui a valu quelques ennemis. Le whisky est une de ses habitudes, le soir de sa disparition certains affirment l’avoir entendu chanter dans la rue principale du village, l’épicier lui a donné un sac de pommes pour les chevreuils. Moi, je peux vous dire que je l’ai vu sur mon rang juste avant d’arrivée au chemin croche, c’était à la brunante pis y faisait frette. Tout le monde me dit que j’ai été le dernier à le voir vivant et qu’ils trouvent ça ben étrange.
 
         Le lendemain de sa disparition, une battue s’organise pour tenter de le retrouver, plusieurs personnes étaient vraiment éberluées de ne pas le retrouver endormi avec la gueule de bois, mais d’autres disaient : « ça nous fait un maudit bagarreur de moins, pas une grosse perte! » D’autres encore racontaient que ce n’était pas la première fois qu’une disparition se produisait sur le chemin croche. Même qu’une vieille légende disait : dans le temps des charrettes à chevaux, une famille qui voyageait par icitte ont dormi dans le grand croche, du chemin du même nom, près de l’érable centenaire. Au petit matin, ils se sont réveillés en sursaut pour s’apercevoir qu’un de leurs chevaux avait disparu et que leur chien se trouvait sous leur charrette recroquevillé, pleurnichant de peur. L’histoire raconte, qu’ils n'ont  jamais retrouvé le cheval. C’est ben, ben bizarre!
 
         Le surlendemain de l’étrange évènement, la police provinciale de la grande ville a débarqué au village avec beaucoup d’équipement et surtout avec un détective, hors du commun, appelé Georges Binette; un grand homme, mince, un blondinet dépeigné qui mangeait des jujubes. Il disait à qui voulait savoir pourquoi il mangeait des jujubes que c’était parce qu’il ne fumait plus et voilà tout. Son habillement strictement citadin; manteau long de lainage, habit marine, chemise bleue et cravate rayée, ses chaussures en cuir patin recouvert de couvre-chaussures en caoutchouc ne cadraient pas avec la route de campagne où il se trouvait. Dès son arrivée, il se charge de l’enquête. Il a donné des tâches très précises à tous les policiers en présence et chaque consigne était soigneusement notée dans un calepin noir. Il demeurait immobile, comme planté dans la boue à l’entrée du rang croche. Il a, ensuite, questionné plusieurs amis et ennemis du disparu cette fois notant les réponses soit dans un calepin rouge ou bleu. Lors de certaines réponses, nous le voyions placer plusieurs jujubes dans sa bouche et les mâcher très nerveusement. En fin d’après-midi, on lui rapportait son premier indice que l’on avait trouvé au même endroit qu’avait eu lieu la disparition du cheval. Puis une neige mouillée et lourde commence à tomber…
 
 
ÀSUIVRE(les 3autres parties sont prêtes sur mon blogue) FAUT LIRE

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